De la nécessité d'une éducation spécialisée pour les afrodescendants - Elimu

De la nécessité d’une éducation spécialisée pour les afrodescendants

 



Pour ceux qui nous connaissent, vous le savez l’éducation est au cœur de notre discours. En effet, nous le pensons, l’éducation de notre jeunesse est notre passeport pour l’avenir, à condition, toujours, qu’elle soit faîte par nous-même et pour nous-même, une éducation autodéterminée et afrocentrée en gros. Or, comme pour la plupart des domaines d’activité de l’homme (économique, politique, culturel, sanitaire, social …etc), notre éducation se fait par les autres et dans l’intérêt de ceux qui nous donnent cette « éducation », et non pour nos propres intérêts…. 

Dans cet article donc, la Team OJAL, revient sur ce qui est à la base de son engagement, de la nécessité d’une éducation spécialisée pour les afrodescendants: on commencera par voir ce que l’on appelle éducation spécialisée, à qui s’adresse-t-elle et pour répondre à quels besoins? Ensuite, nous évaluerons en quoi notre communauté a clairement besoin de ce type d’éducation, et nous essayerons de donner quelques exemples et références.


Qu’est-ce que l’éducation spécialisée?? 
 

Ce que l’on appelle communément éducation spécialisée est une méthode d’enseignement destinée aux personnes ayant des besoins spécifiques dans le but de leur fournir un enseignement adapté à leurs besoins et spécificités.

Il existe un certains nombre de métiers concernés et en France, différents types d’institutions accueillent des publics en grande fragilité. On peut citer les Maisons de l’Enfance à Caractère Social (MECS) pour les mineurs placés (administrativement ou par le juge) dans le cadre de la Protection de l’Enfance, les Instituts Médico-Educatifs pour les personnes en situation de handicap, les Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale pour les personnes en situation d’exclusion ou encore la Prévention Spécialisée qui opèrent dans les quartiers « sensibles » pour prévenir la délinquance (les éducateurs « de rue »). 

Au sein de ces établissements, on propose une méthodologie dans l’apprentissage, le développement personnel et l’inclusion, adaptée aux différents publics accueillis. C’est cela qui fait de cette éducation quelque chose de spécialisé. Elle vise des publics bien particuliers, comme les enfants maltraités ou orphelins, les sans-abris, les personnes handicapées, les personnes sous addiction…On peut remarquer trois grandes caractéristiques, ce sont :

– des personnes vulnérables (économiquement, socialement …etc)
– des personnes atteintes de maladies/handicap
– des personnes victimes d’exclusion, frappées de marginalité


Mais quel est le rapport avec nous, nous direz vous? Nous entendons déjà certains dire que comparer les populations afro aux « cas sociaux » est insultant.  » 

Pourquoi la communauté afrodescendante de France a besoin d’une éducation spécialisée?
 
Eh bien voyez-vous, ces caractéristiques nous correspondent tout à fait, malheureusement. Osons nous regarder dans le miroir et affronter le reflet de notre réalité.
 
Oui, nous sommes vulnérables car nous n’avons aucun pouvoir: ni économique, ni politique. Nous sommes dépendants des aides et nos vies sont trop souvent emprisonnées dans le salariat la précarité. Nous avons délégué notre pouvoir, et aujourd’hui comme depuis 300 ans, nous humilier et nous maltraiter publiquement ne souffre d’aucunes conséquences de notre part.
 
Oui, nous sommes atteints de maladies psychologiques car nous aimons nos oppresseurs bien plus que nous n’aimons nos semblables (syndrome de Stockholm). Nous nous défrisons les cheveux, nous nous éclaircissons la peau pour ressembler aux Blancs au détriment de notre santé physique et mentale. Nous n’aimons pas voir l’un des nôtres s’élever, et nous préférons le descendre plutôt que de l’aider à briser le plafond de verre (syndrome du panier de crabes). D’après le psychiatre Fanon, notre examen révèle un virus nommé aliénation!
 
Oui, nous sommes exclus et frappés de marginalité car depuis plusieurs siècles, le monde s’est construite sur le vol, le viol, l’esclavage, le génocide des populations afrodescendantes. Cela se traduit aujourd’hui en occident par des violences policières, des discriminations à l’embauche ou au logement, du dumping social, de l’empoisonnement massif, des milliers de foyers sous-payés, la ghettoïsation …etc. 
 
 
 
En quelques mots, nous avons besoin d’une nouvelle éducation et non-plus celle que nous connaissons depuis un certains temps, The Mis-Education of the Negro pour reprendre le titre de l’ouvrage emblématique de Carter G. Woodson. Le déseducation ou mauvaise éducation du Noir si on voulait le traduire.
 

 

Cela fait  plusieurs années maintenant que l’OJAL exhorte la communauté à prendre en main l’éducation de notre jeunesse, nous le faisons à travers notre projet d’accompagnement éducatif à destination des familles afrodescendantes de la ville de Lyon: « Each One Teach One » 
 
 
Il existe également un certains nombre d’auteurs qui se sont intéressé à l’éducation de nos petites têtes crépues : le Dr. Umar Johnson, le Dr. Amos Wilson, le Dr. John Henrik Clarke, le Dr. Cress Welsing, le Dr. Juliette Sméralda, le Dr. Ama Mazama …etc 
 
 
 
Il existe aussi à Paris l’association « Apprends-moi à Comprendre » qui dispense des temps d’ateliers et d’activité autour de l’histoire et du patrimoine afro. 
 
apprendsmoiacomprendre.eklablog.net
Si vous aussi vous vous intéressez à l’éducation afro, n’hésitez pas à nous contacter : ojal.lyon@outlook.fr
 
 

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