De la Martinique à Mayotte en passant par Lyon : Guide de survie afro en territoire français - Elimu

De la Martinique à Mayotte en passant par Lyon : Guide de survie afro en territoire français

5 choses à savoir pour survivre sous suprématie blanche
On se rappelle de la vidéo de l’artiste Kalash dénonçant l’emprise des Béké sur l’île de la Martinique, qui est comme la Réunion, la Guyane, Mayotte et la Guadeloupe ainsi que les nombreux « Territoires d’Outre-Mer » UNE COLONIE FRANCAISE. 
 
 
 
On dirait que ces dernières années, la jeunesse afrodescendante de France se réveille et constate de la place qu’on leur donne dans ce pays qu’ils pensaient être le leur… On peut remercier Internet et les différents médias et pages Facebook qui informent quotidiennement notre jeunesse sur la réalité du monde mieux que les médias nationaux et la TV… En effet, il est de plus en plus difficile de nier les faits qui nous sautent aux yeux : l’affaire Naomi Musenga, « la Nuit des Noirs » de Dunkerque et leur blackface soutenu par les autorités locales comme nationales, la récente crise à Mayotte, en Guyane, les meurtres de la police française …etc Aujourd’hui, nous sommes informés, et ceux qui ne veulent pas entendre n’ont qu’à mettre des boules quiès!
 
A l’Organisation de la Jeunesse Afrodescendante de Lyon, ce sont des choses que nous dénonçons depuis plusieurs années déjà, car nous sommes au fait du racisme institutionnel français. C’est Kwame Ture (Stokely Carmichael) qui a mis à jour la notion fondamentale de « racisme institutionnel » : Le racisme institutionnel est la forme la plus sournoise de racisme puisque non seulement il échappe aux lois qui généralement condamnent les actes de racisme dans les sociétés occidentales, mais encore parce qu’il s’insinue dans la législation elle-même, y compris dans la législation censée lutter contre le racisme. 
 
Le système politique français est en principe égalitaire n’est-ce pas? C’est ce que tout le monde nous dit … Pourtant, comment expliquez-vous toutes ces formes d’inégalités? Entre les discriminations à l’embauche ou au logement, les meurtres de la police sans qu’il n’y ait de justice ensuite, la qualité honteuse des services de santé en Guadeloupe, l’intoxication illégale des terres en Martinique avec le chlordécone … etc les exemples sont bien trop nombreux pour en faire ici une liste exhaustive. Ceux qui préfèrent voir le doigt plutôt que les étoiles nous répondront que c’est de la victimisation… Qu’ont-ils donc à répondre à ces faits que nous citons? …rien évidemment. Nous devrions accepter l’inacceptable sans jamais dénoncer les responsables et les complices, travailler sans cesse plus pour enrichir les privilégiés qui sont bizzarement toujours Blancs … Bref, la suprématie blanche régit ce pays depuis plusieurs siècles maintenant (depuis au moins le début de la traite négrière transatlantique donc depuis au moins le 17ème siècle), et ce n’est pas près de changer, à part dans la forme qui, elle, s’adapte pour que la domination sois plus swagg et que les dominés ne s’en rendent pas compte ou ne veuillent pas en sortir. 
 
 
 
Nous devons nous aussi nous adapter aux nouvelles formes pour survivre d’abord et élaborer notre plan d’émancipation : comment quitter la plantation et rejoindre les campement marrons qui subsistent dans la forêt? C’est pour cette raison qu’à L’OJAL nous faisons la promotion de l’Initiative Communautaire, c’est-à-dire selon la définition du dictionnaire: de proposer, d’organiser le premier quelque chose, de faire quelque chose de soi-même, sans recourir à l’avis, au conseil de quelqu’un d’autre, et ce dans l’intérêt des membres de sa communauté. 
 
Nous allons donc vous donner quelques pistes pour survivre en territoire hostile, quelques afro conseils pour vivre sous la république française.
 
La toute première des choses à avoir en tête s’il on veut survivre dignement en territoire sous domination de la suprématie blanche, c’est que nous devons nous unir. Bien que nous soyons des communautés assez hétérogènes avec des particularismes qu’il ne s’agit pas de gommer, nous devons avoir en tête que c’est notre africanité qui est visée et non pas nos particularisme ethniques, régionaux, culturels …etc. Comme nous le disons souvent, on ne vous refusera pas du travail parce que vous êtes Peul, Gwada, Bushinenge, Anjouanais, ou Bamileke, le fait que vous soyez Noir(e) suffit largement. Nous devons nous unir car l’unité des populations afrodescendantes, où qu’elles se trouvent, ainsi que l’émergence d’une conscience communautaire sont des conditions sine qua non à l’élévation politique, économique, sociale et culturelle du continent et de la diaspora. Des rencontres interculturelles pourraient être initiées pour permettre aux populations d’ascendance africaine de se connaître, de se rappeler le lien qui les unit, et donc la nécessité de l’unité des populations afro dans un projet commun.
 
 
 
Deuxième chose nécessaire à la survie, c’est l’autodétermination. Il faut qu’on se positionne de manière ferme contre l’impérialisme et le paternalisme de toutes sortes. Nous promouvons de manière inconditionnelle l’indépendance réelle de notre peuple. Nous estimons que notre communauté a assez mendié, et qu’il est grand temps que nous comprenions qu’il est inadmissible que nous attendions que d’autres fassent pour nous ce que nous sommes amplement capable de faire pour nous-même et par nous-même. C’est-à-dire que nous devons nous enlever de la tête que nous avons besoin de l’avis/accord de quiconque (et en particulier celui qui souhaite nous dominer) pour faire ce que nous voulons faire! L’autodétermination demande de recentrer nos préoccupations, nos priorités sur nous-mêmes et notre sort : revalorisation de l’esthétique afro au naturel par exemple, réappropriation de notre histoire et patrimoine culturel …etc. 
 
 
 
Ensuite, notre communauté a besoin pour survivre de solidarité et de responsabilité communautaire. Il est impératif que notre communauté s’organise afin de créer de vrais réseaux de solidarité. Indéniablement les destins des populations afrodescendantes sont liés, il est donc dans notre intérêt de nous entraider et de collectiviser ressources et connaissances. Il faudrait que lorsque un(e) Afrodescendant(e) se retrouve dans une situation critique, tout la communauté se sente concernée, que lorsqu’une famille se retrouve seule face à la justice par exemple, elle se sente portée par toute la communauté pour pouvoir gagner la justice qui lui est dûe (la famille Musenga ou la famille Traoré par exemple).
 
 
 
Après, un point TRES important : faire des  gros sous !! L’OJAL est consciente que l’amélioration de nos destinés, ne passera que par la maîtrise de notre économie (promotion de l’auto-entreprenariat, soutien aux entreprises et institutions afro-descendantes) et la coopération productive. Notre communauté doit comprendre qu’elle s’appauvrit à chaque fois qu’elle dépense chez les autres. Cela veut dire privilégier de consommation chez un membre de notre communauté avant d’aller ailleurs, soutenir les producteurs de chez nous et faire ce qu’on appelle de la coopération économique. Les Chinois ont très bien compris ce point et ils font des gros sous : alors qu’ils étaient encore colonisés jusqu’en 1949, voyez aujourd’hui comment le monde tremble devant la Chine à cause de son économie florissante!
 
 
 
Enfin, une dernière chose à garder en tête, c’est que jamais ici nous ne serons chez nous. Que l’on y soit attaché ou non, ce territoire a une histoire propre auquel le peuple est attaché et jamais nous ne serons comme eux des acteurs (officiels en tout cas) de cette histoire de France. En gros, c’est « travaillez pour nous et fermez-là, ensuite vous pourrez dire que vous êtes français »  : L’OJAL appel au rapatriement des forces vives de la diaspora vers notre continent (ou des territoires majoritairement noir). L’histoire des Afrodescendants prouve que l’offre d’intégration est hypocrite et mensongère, et affaiblit notre communauté au profit des autres. Investissez chez vous, reprenez le contrôle sur les territoires encore sous colonie mais qui sont majoritairement noir (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Mayotte, Réunion) ! Comme on le dit souvent, un médecin de moins à Lyon c’est rien, mais un médecin de plus à Saint Laurent du Maroni, à Mamoudzou ou Béni ça change des choses !! 
 
 
 
Avec ces 5 conseils, n’importe quelle communauté afro, où quelle soit est assurée de survivre et même de prospérer, paroles de l’OJAL !! 
 
 

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