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Coopération économique: pourquoi, en tant qu’Afrodescendants, nous ne soutenons pas les commerces de notre communauté?

Sommes-nous incapables de coopération économique?

 

C’est en arpentant les rues de Lyon, et notamment les quartiers fréquentés par les membres de la communauté afro de notre ville, en promouvant l’émergence d’une conscience communautaire, et en observant les commerces afro-descendants que l’Ojal a pu dresser le constat que nous tenons à partager avec vous ici afin que nous réfléchissions, mais surtout que nous agissions afin de faire mentir, à tout jamais, les faits qui sont énoncés ci-dessous et bâtissions une communauté puissante.

Dans ce présent article, nous avons compilé les prétendues raisons qui font que, nombre d’entre nous, ne soutiennent pas les entreprises de notre communauté :

  1. Les entreprises afro offriraient un mauvais service client
  2. Les entreprises afro essaieraient seulement de faire de l’argent rapidement et ne se soucient pas de leurs clients
  3. Les entreprises afro vendraient des produits bon marché (services inférieurs à la moyenne) à des prix exponentiellement élevés 
  4. Les entreprises afro ne garantiraient pas ou peu leurs produits/services
  5. Les entreprises afro seraient très peu professionnelles/ghetto
La raison qui nous a  le plus été donnée par certains afro-descendants pour ne pas soutenir les entreprises appartenant à un noir est que celles-ci seraient « ghetto » et peu ou pas professionnelles. Malheureusement, dans certains cas (ne nous mentons pas), cela est vrai, mais ça ne l’est évidement pas dans la majorité des cas. Beaucoup d’entreprises noires SONT professionnelles, et souffrent, malheureusement, encore de ces légendes urbaines, de ce genre de stéréotypes qui décourageant même les plus militants d’entre nous. Rappelons que ceux qui ont réussit à s’organiser économiquement outre-atlantique l’ont payé très cher. L’autodetermination économique n’est pas dans les plans de nos ennemis en tant que groupe/communauté.

Les entrepreneurs Afrodescendants seraient-ils moins compétents?

A croire que le simple fait qu’une entreprise, qu’un commerce, soit tenu par un des nôtres, rendrait soudainement les produits et services proposés moins bons que leurs concurrents blancs, arabes, juifs ou autres. Avons-nous fini par croire que nous étions incapables de gérer un business, que nos produits et services étaient indignes?!
Mais, ce qui étonne (attriste) les panafricainistes que nous sommes, c’est de voir combien nos frères et sœurs aiment à se fournir chez les autres, dans des entreprises/commerces « non-noirs », ainsi que le fait que nous continuons à revenir malgré la manière dont nous sommes servis ou reçus sans parler de la piètre qualité des prestations de certains (beaucoup?!) d’établissements d’autres communautés… Nous semblons incapables d’établir un écosystème d’affaires communautaire. Pourquoi un comportement aussi stupide? Pourquoi agir de la sorte, c’est-à-dire à l’encontre de notre propre intérêt en tant que communauté noire?
Qui, parmi nous, n’a jamais consommé chez un « rebeu« , un « noich » ou je ne sais quel indo-pakistanais des produits périmés, abîmés ou défectueux mais a pourtant continué de fréquenter de tels commerces ; alors que si une entreprise appartenant à un noir avait fait la même chose nous nous serions jurés de ne jamais y remettre les pieds. Pourquoi sommes-nous si dur avec nos propres entreprises tandis que nous sommes beaucoup plus laxistes et compréhensifs avec les entreprises d’autres communautés?
Combien de temps allons-nous mettre avant de comprendre que la maitrise de notre économie est une condition sine qua non pour que nous accédions à la véritable auto-détermination communautaire? Il est grand temps pour nous de voir les choses comme elles sont et d’accepter la vérité. Si la coopération économique est notre point faible, si nous ne soutenons pas nos commerces/entreprises c’est parce que : 
  1. Nous nous souffrons (du moins beaucoup d’entre nous) d’un complexe d’infériorité vis-à-vis des autres communautés, et sommes sujet à la haine de nous-même
  2. Nous supportons mal la réussite d’un (ou de plusieurs) des nôtres 
  3. Nous pensons (inconsciemment ou non) que ce qui est blanc est meilleur
  4. Nous n’avons pas confiance les-uns envers les-autres
  5. Nous pensons que les Noirs ne savent pas comment faire fonctionner un business
  6. Nous ne voulons pas dépenser notre argent pour soutenir les nôtres
Voilà de quoi enrager, et faire baisser les bras à ceux d’entre nous dont l’amour pour notre communauté est le moins sincère. Mais nous autres afro-descendants déterminés à élever coûte que coûte l’homme et la femme d’ascendance africaine, nous autres inspiré par l’Unité, l’Auto-détermination, la Solidarité communautaire, la Coopération économique et le rapatriement (quand il est possible), n’aurons de cesse de conscientiser les afro-descendants lyonnais de tous bords et de tout mettre en oeuvre pour de inverser cette funeste tendance « by any means necessary » !!!
 
La vérité est dur à entendre, blessante, mais nous ne pouvons nous résoudre à s’apitoyer sur notre sort. On préfère, de loin, consacrer notre vie à la promotion de la loyauté communautaire, et à l’unité des nôtres, car sans cela, rien ne pourra s’améliorer. 
 
 
 
Contact: ojal.lyon@outlook.fr

1 réflexion au sujet de “Coopération économique: pourquoi, en tant qu’Afrodescendants, nous ne soutenons pas les commerces de notre communauté?”

  1. Merci pour cette article qui soulève une réelle problématique. A tes questions:
    "Pourquoi un comportement aussi stupide? Pourquoi agir de la sorte, c'est-à-dire à l'encontre de notre propre intérêt en tant que communauté noire?"
    Je dirais qu'il faut se pencher sur le produit du racisme systémique qui atteint les individus au niveau cognitif et les empêchent de faire des choix rationnels.
    Tes mots sont durs, certains en ont besoin pour réagir, d'autres se sentiront tout simplement blessé, et je ne pense pas que cela soit constructif de blesser les gens. On peut éduquer et faire prendre conscience tout autrement, c'est bien ce qu'on nomme la "persuasion".

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