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Kongossa : Jaguar Wright détruit l’industrie musicale

La chanteuse Jaguar Wright a mis les pieds dans le plat de l’industrie musicale Afro après 25 ans en son sein. Concernant certains artistes de cette industrie, elle tire dans le tas. C’est rien de le dire. Certaines icônes y passent sans la moindre sommation : on peut parler de Common qui est accusé d’agression sexuelle. On peut parler également d’ Alicia Keys décrite comme une traînée sans talent. On va évoquer également le cas de Aaliyah qui, selon la chanteuse, aurait été victime d’un complot visant à l’évincer. Les accusations sont gravissimes vous l’aurez compris.

Common a déjà répondu en disant qu’il regrettait cette sortie, n’en voulait pas à l’intéressée, disant qu’elle devait traverser une période difficile, tout en niant les faits. A noter que Tiffany Haddish, la personne qui partage la vie de Common en ce moment, l’a défendu dans des termes on ne peut plus clairs : « je me fous de ce qu’il a fait, je l’aime ».

Cependant, l’artiste de Philadelphie ne s’arrête pas en si bon chemin. Elle accuse également Ava Duverney d’avoir littéralement vendu R.Kelly pour sa carrière et de l’argent. Lui reprochant de ne pas avoir aidé les femmes victimes de R.Kelly, mais plutôt d’avoir encaissé le chèque sans regarder derrière elle.

Parmi ses diatribes, on peut entendre ce genre de propos qui nous interpellent « je me fais vieille, tu sais pourquoi je le dis? Je me rappelle de l’époque où être un drogué n’était pas cool. Je me rappelle de l’époque où être une traînée n’était pas valorisé » ou encore « il est plus intéressant d’être stupide pour de l’argent que d’être brillant pour la prospérité ». L’époque a changé depuis les années 90 et Jaguar Wright veut marquer le coup.

Jaguar Wright et Common

Jaguar Wright est-elle une balance ou une lanceuse d'alerte?

Parmi ses révélations, ont apprend que Malik B du groupe The Roots était accroc à la drogue… Elle dit, et on a du mal à la contredire, que tout le monde était au courant des penchants de R.Kelly pour les jeunes mineures, mais que cela faisait partie du mode de vie de l’époque. En d’autres termes, les hommes se seraient les coudes, les femmes regardaient ailleurs. C’est plutôt glaçant comme témoignagne, et il y a en a quelques heures en vidéo tellement elle fait des interviews et des lives.

L’artiste évoque également sa dépression nerveuse et son passage en prison. Sa dépression l’a conduit probablement a la remise en cause de son entourage professionnel. On ne comprend pas trop pourquoi elle a tenu à parler de la vie privée de certaines personnes comme Diddy, Mary J blige ou Alicia Keys en les exposants comme des personnes homosexuelles/bi-sexuelles. Quel rapport avec leur métier ou leur rôle dans la communauté ?

D’autant plus que Jaguar Wright défend les femmes en disant qu’elles ne sont pas mieux traitées dans l’industrie que de vulgaires prostituées. Par exemple le fait de mentionner que « The Miseducation » de Lauryn Hill a été composé à plusieurs sans créditer les personnes concernées.

Alors qu’en pensez-vous ? Balance ou lanceuse d’alerte ? 

 

Talib Kweli et Jaguar Wright se déchirent

Jaguar Wright s’est reconvertie/formée dans la cuisine (elle envisage même de faire sa retraire en France) tout en continuant son métier de chanteuse. Elle commercialiste également des produits médicaux (elle fabrique des crèmes pour la peau). Elle semble régler ses comptes avec ses anciens collègues de boulot. On pourrait s’attendre à ce qu’elle défende la communauté « woke » mais non : après Common, la chanteuse attaque Erykah Badu avec la plus grand fermeté, lui reprochant de garder toute la lumière pour elle et ne rien laisser à la nouvelle génération, tout en attaquant sa prétendue polygamie. Pour finir, Talib Kweli l’accuse elle aussi d’avoir eu un comportement déplacé, bien qu’il admette qu’il a couché avec elle à de nombreuses reprises (lorsqu’elle était mariée). Il déclare qu’elle avait un comportement vorace envers lui, que l’on pourrait qualifier d’agression sexuelle?

Une chose est sûre il y a des conséquences à toute ces révélations. Espérons que régler ses comptes vieux de 25 ans sur Youtube ne fasse pas tâche d’huile… Wait and see!

Elimu

 

L’astronomie en Afrique

Comme la plupart du corpus scientifique des peuples d’Afrique, l’histoire de l’astronomie et de la cosmologie africaine a été soit détruite, reléguant les Africains dans l’imaginaire raciste à des gens sans connaissance du monde qui les entoure ou alors copiée puis falsifiée pour être intégrée dans le corpus occidental, ni vu ni connu! Connaissez vous les noms que les Africains donnaient aux astres? Saviez-vous que les scientifiques de la  NASA s’abreuvent régulièrement des informations issues des savoirs traditionnels de l’arrière pays du continent ? Elimu vous dévoile plusieurs millénaires de savoirs ancestrales cachés!

 

I. Qu’est-ce que l’astronomie ?

L’astronomie est la science de l’observation des astres. Elle est associée depuis son origine à la cosmologie et la cosmogonie. Par définition, la cosmologie est la connaissance de l’Univers, de son origine (cosmogonie), de sa structure et de son devenir. Chez tous les peuples, le mythe, la spéculation philosophique et la science ont permis d’élaborer, au cours des temps, des savoirs relatifs à cette connaissance de l’Univers.

Pour le peuple San (un des plus vieux du monde), le ciel est la demeure de tous les êtres et esprits divins des morts. Les «choses du ciel» n’influencent et ne reflètent généralement pas les affaires de l’homme, ni n’affectent le temps, la croissance de la végétation ou d’autres conditions de la terre; ils sont dans un domaine qui leur est propre. Pour les Tswana d’Afrique australe, l’idée traditionnelle est que les étoiles sont des trous dans la voûte rocheuse qu’est le ciel. Les Ibibio du Nigéria parlait de façon pittoresque des étoiles comme du «sable de la lune». Les Dogon sont réputés pour leur connaissance du ciel, bien avant l’usage du télescope. Beaucoup de peuples parlent également de leurs Ancêtres comme étant des gens venus du ciel pour habiter la Terre (Anciens Egyptiens, Dogons, Peuls, Banyarwanda …etc) … Quoiqu’il en soit, les Africains se sont toujours interrogés sur la nature des phénomènes astronomique et cosmiques, ces sciences étant aussi vieilles que l’Humanité et que celle-ci a pris naissance en Afrique.

Nous ne pourrons pas donner ici une liste exhaustive des noms des astres dans toutes les langues du continent, mais nous essayerons de mettre en lumière la longue tradition astronomique des peuples d’Afrique.

II. L’observation du Soleil et de la Lune à l’origine du calendrier

Vous êtes peut-être sans ignorer que les calendriers que nous utilisons encore aujourd’hui prennent leur origine dans l’observations des cycles lunaires et/ou solaires. Ce n’est pas pour rien que dans la plupart des langues africaines, pour désigner « un mois » on utilise le mot de la lune!

Officiellement, l’astronomie tire son origine des Chaldéens, les ancêtres des Sumériens. Il semblerait pourtant que cela soit une autre tentative de déplacer l’origine de la civilisation en Mésopotamie, supposée être « blanches ». Pourtant, malgré cette tentative, cela n’empêche pas les Chaldéens comme les Sumériens (qui sont d’origine africaine), d’être peuple mélanoderme…

L’année solaire, qui est à la base du calendrier contemporain, vient d’Egypte Antique qui, outre ses indénombrables inventions, offrit au monde son premier calendrier. C’est donc en Afrique que l’humain commença à se repérer dans le temps en observant les deux plus gros astres visibles dans le ciel. N’en déplaise aux révisionnistes de l’Histoire!

L’humain utilisa également les astres pour se repérer dans l’espace et notamment dans les endroits sans indicateurs terrestres visibles comme le désert ou l’océan. C’est de cette manière que les Africains sont sortis de l’Afrique pour peupler tous les autres continents et notamment les îles reculées comme celles de l’océan Indien, celles de Mélanésie ou encore l’île de Pâcques.

 

III. Planètes, étoiles et constellations dans l’imaginaire africain

Les peuples d’Afrique ont par de nombreux aspects démontré leur faculté à observer et à tirer le meilleur de la Nature. Processus qui a débuté aux confins de l’histoire humaine, l’observation des astres demande une méthodologie pointue et surtout s’étend sur la longue durée (rotation des astres, symétrie et relation entre les constellations …etc).

Le « Centaure »

La constellation dîte « du Centaure » dans l’astronomie occidentale et les deux pointeurs lumineux Alpha et Bêta Centuari sont probablement les plus reconnaissables des étoiles du sud, et elles occupent une place de choix dans la tradition des étoiles africaines. C’est la constellation la plus proche de la nôtre.

Dans les traditions Sotho, Tswana et Venda, ces deux étoiles (Alpha et Bêta Centuari) sont Dithutlwa (« Les Girafes »). Les étoiles brillantes sont des girafes mâles et les deux pointeurs sont des femelles. Les Venda appelent les étoiles plus faibles de la Croix du Sud, Thudana, « La Petite Girafe ». Ils disent également que le mois Khubvhumedzi commence lorsque le croissant de lune peut être vu pour la première fois et, en même temps, les deux étoiles de girafe inférieures sont juste en dessous de l’horizon et les deux supérieures sont juste visibles. La tradition de Sotho raconte que lorsque les étoiles de girafe sont vues près de l’horizon sud-ouest juste après le coucher du soleil, elles indiquent le début de la saison de culture.

Les San considéraient les deux pointeurs comme des lions mâles; ils étaient autrefois des hommes, mais une fille magique les a transformés en étoiles. Les trois étoiles les plus brillantes de la Croix du Sud, elles, sont vu comme des lions femelles. Pour les Khoikhoi, les pointeurs étaient connus sous le nom de Mura, «Les yeux», d’une grande bête céleste.

Le long axe de la Croix du Sud pointe vers une étoile brillante appelée Achernar. Cette étoile s’appelle Senakane (Sotho, Tswana) et Tshinanga (Venda), ce qui signifie «La petite corne».

 

Le « Scorpion »

La constellation dîte du Scorpion avec sa mince rangée d’étoiles incurvées est célèbre pour l’étoile rougeâtre brillante Antares. Cette étoile a été appelée par les San, Xu! «L’étoile de finition du feu» car non seulement elle a une couleur rougeâtre, mais (à certaines périodes de l’année) elle se couche très tard dans la nuit, lorsque les incendies de camp sont éteints.

Le long du corps incurvé du scorpion, juste avant la section de la queue, se trouve une paire d’étoiles proches, que les Khoikhoi ont appelé Xami Di Mura, «Les yeux du lion».

 

Le « Grand Chien »

La constellation dite « du Grand Chien » est connue notamment grâce à l’étoile la plus brillante du ciel (après le Soleil évidemment), Sirius. Les Egyptiens de l’Antiquité la nommaient Sopdet, en Ouganda on l’appelle Kyabihembezi et les Banyarwanda l’appellent, Rusiza. Ce sont les Dogon, peuple d’Afrique de l’Ouest qui informèrent les Occidentaux de la particularité du système de Sirius. En effet, elle est composée de

  • Sirius A, nommée Sigi Tolo (l’étoile du « sigi »).
  • Sirius B est nommée Po Tolo. Elle tourne autour de Sirius A et sa durée de révolution est d’environ 50 ans. Elle serait la plus importante de toutes les étoiles, avant même Sirius A, puisqu’ils la considèrent comme le centre du monde stellaire. Po Tolo signifie l’Étoile du commencement. C’est l’œuf du monde pour les Dogons. Ils la considèrent comme le réservoir, la source de toutes choses.
  • Sirius C est nommée Emme ya tolo, (l’étoile du sorgho femelle). Toutefois, si Sirius A et Sirius B sont attestées par l’astronomie moderne, l’existence de Sirius C reste hypothétique.

Voici quelques noms d’astres en runyankore :

  • Turumwabashatu (constellation d’Orion)
  • Kakaaga (constellation des Pleiades)
  • Rumaranku (étoile Aldebaran de la constellation du Taureau)

Voici quelques noms d’astres en kinyarwanda :

  • Mboneranyi (la planète Vénus)
  • Nyamuheshera (la planète Mars)

 

Il est évident que nous n’avons pu faire une liste exhaustive des appellations des astres dans les langues africaines, n’hésitez pas à complétez dans les commentaires!

Marre de la victimisation ambiante!

J’observe un phénomène très gênant depuis des années. Presque partout où apparaît une personne « noire » (j’utilise ce mot incorrect à dessein) en Occident, elle parle de son expérience de VICTIME du racisme. Nous ne sommes pertinents dans les médias qu’en tant que victimes du racisme. Le seul moyen pour un « noir » de faire la une est d’être une victime du racisme du monde blanc, arabe, etc jamais pour notre mérite ou notre intelligence. Savez-vous qu’être africain n’est pas synonyme d’être une VICTIME?
 
Vraiment je m’interroge sérieusement. Non mais sérieux, J’ai l’impression que la plupart des « noirs » vivant en Occident ont oublié que les Africains sont plus que des victimes d’un système raciste qui a pour socle la suprématie blanche et le white privilege,que nous sommes plus que des gangsters, bitches et tous les rôles stéréotypés que nous endossons au sein de l’industrie cinématographique ou musicale mainstream Euro-Américaine. C’est quand même dingue, presque chaque article de journal où figure un noir fustige la manière dont la police et les Blancs en général nous maltraitent.
 

 

 
 
Que vont faire les « noirs »? Continuer à pleurnicher jusqu’à ce qu’ils arrêtent? Black Lives Matter et tout le tapage médiatique autour de cette mascarade a-il changé quelque chose? J’ai une question sincère à ces spécialistes de la victimisation : Est ce que les soi-disant « noirs » vivant en Occident ont une réalité en dehors de celle de Victimes du colonialisme, de la suprématie blanche, des stéréotypes des médias mainstream et de l’entertainment (sport, musique)?
 
Retenez bien ceci : une personne qui ne sait que se définir en tant que victime ne pourra jamais être considérée comme un être humain à part entière. JAMAIS !
Je ne suis pas en train de dire qu’il faut arrêter de parler du racisme mais il n’y a pas que ce phénomène qui définit notre existence. Où est l’histoire de notre lien avec l’Afrique? Où sont nos récits sur nos icônes panafricaines (Nefertiti, El Hadj Omar Tall, Askia, Ezana, Sarraounia, Sonny Ali Ber, Menelik)? Ces gens ne sont pas des victimes, ce sont des rois / reines dont nous parlons. Akhenaton et Imhotep ne sont pas Nat Turner et Louverture.
Où est l’esprit de love of self et de do for self que Malcolm et Garvey nous ont enseigné ? Nous sommes bien plus que des personnes à peau noire dans le monde des « blancs ». Des gens profonds et complexes avec une très longue histoire (la plus longue de l’histoire humaine) qui existent en tant qu’êtres humains à part entière. Pas des orphelins culturels qui n’existent qu’en tant que victimes du tout puissant blanc, arabe, asiatique, indien etc. Les Africains ne sont pas des petits enfant naïfs et sans défense victimes de tout ce qui souffle ! Notre histoire n’est pas réduite à celle de personnes asservies, trompées ou abusées. Nous sommes capables d’avoir une conversation sur nous-mêmes sans évoquer l’esclavage ou la colonisation.
 
Mais cette conversation est très difficile à envisager quand tout ce que vous savez, c’est que l’histoire des « noirs » a commencé dans l’esclavage. Difficile de comprendre que les Africains dans des endroits comme l’Éthiopie ou l’empire Songhaï faisaient partie du monde biblique et islamique de leur propre CHEF et selon leurs propres termes sans verser dans la singerie (arabisation) lorsque vous êtes anti religieux aveuglés par la haine de l’islam et du christianisme au point de ne voir la bible et le coran comme des outils d’oppression.
En observant l’enchaînement de l’exploitation et de l’oppressions que nous subissons depuis 500 ans de la part des Européens, Arabes, Asiatiques, il serait peut-être grand temps de se dire que peut-être que le problème vient de NOUS et de se dire que cette histoire récente (nous avons plus de 170 000 ans d’histoire) ne nous DEFINIT pas. Si la plupart des Européens, Indiens, Asiatiques disparaissaient de la Terre et que la Terre subissait une invasion par des aliens, il est quasi certain que ces derniers (les aliens) finiraient aussi par nous asservir, bien plus plus que les survivants issus des autres races.
Dans nos esprits comme dans dans ceux de la plupart des habitants de cette planète, les « noirs » sont les plus grandes victimes sur Terre.
 
Comment remédier à cela ?
 
En se dotant d’outils pour protéger ce qui nous est précieux et de ne plus être être EXPLOITABLE. Nous sommes exploités parce que nous sommes exploitables. Nous avons été réduits en esclavage parce que nous étions ESCLAVAGISABLES (pas sûr que le mot existe). Il est complètement inutile de dire : « regardez ce que font les blancs, les arabes, les asiatiques etc ». Ils font ce qu’ils ont à faire ! Une parade est clairement l’auto-détermination surtout économique (Garvey & Malcolm), c’est-à-dire créer de la richesse (matérielle, culturelle, spirituelle) et soutenir financièrement ce que nous avons.
 
Enfin, se plaindre du racisme ou lutter contre le racisme,sont des actes complètement TRIVIAUX par rapport au travail que nous devons faire sur nous mêmes à savoir élever des enfants responsables qui traînent plus souvent à la bibliothèque et devant leurs cahiers qu’en bas du bloc à faire des activités douteuses avec des gens douteux. Vous voulez être respectés juste parce que vous avez la peau noire alors que vous n’arrivez pas à éduquer vos enfants correctement?
Kwabena
Enseignant et militant

Phénomène ADOS vs PANAFRICANISME

Les propos qui vont suivre n’engagent que l’auteur.

1. Un aperçu rapide

Antonio Moore et Yvette Carnell, deux Afro-Américains qui se disent activistes (les activistes Afro-Américains les plus connus n’avaient jamais entendu parler de ces deux individus) ont créé un groupuscule (que je considère comme des identitaires « noirs ») appelé ADOS (American Descendants of Slaves c’est-à-dire Américains descendants d’esclaves ). ADOS a d’abord été un hashtag sur Twitter avant de devenir un groupe « organisé » qui a émergé (si on se base sur le nombre de followers de leurs réseaux sociaux) entre 2017 et 2019.

Le but de cette note que est juste de démontrer l’inutilité du phénomène ADOS qui n’est présenté ici qu’à titre d’information et de sensibilisation pour comprendre à quel point la confusion d’individus sur leur identité et la haine de soi peuvent entraîner la naissance de groupes xénophobes et sans aucune substance idéologique comme les ADOS. Je ne vais même pas m’attarder sur le fait que ce mouvement soit soutenu par les républicains et autres groupuscules extrémistes, xénophobes, islamophobes et racistes Américains ou encore sur la photo d’Yvette Carnell qui porte fièrement une casquette MAGA (Make America Great Again : slogan de campagne de Trump à peine codé qui en vérité signifie Make America white again). Le mouvement ADOS est un poison, c’est un groupe xénophobe d’extrême droite, isolationniste et anti-africain de personnes qui souffrent de self-hate. Leur accorder du crédit ou vouloir atténuer leur propos selon moi reviendrait à accorder du crédit ou nuancer des propos de membres du KKK. Il n’y a rien qui va avec ce mouvement.

On peut lire sur le site internet que le but des ADOS est « …to reclaim/restore the critical national character of the African American identity and experience, one grounded in our group’s unique lineage, and which is central to our continuing struggle for social and economic justice in the United States. » (de récupérer / restaurer le caractère national et important de l’identité et de l’expérience afro-américaine, ancré dans la lignée unique (?!) de notre groupe, et qui est au cœur de notre lutte continue pour la justice sociale et économique aux États-Unis. »

Les chevaux de bataille des ADOS sont les réparations (qu’ils utilisent plus comme un cheval de troie pour diviser la communauté Afro-Américaine, y semer la confusion et combattre le panafricanisme) et surtout leur volonté d’être reconnu à part comme « descendants d’esclaves » afin de les dissocier des Afro-Caribéens et des Africains venus du continent qui vivent aux états-Unis. Le mouvement ADOS est majoritairement contesté et vivement critiqué par une grande majorité des Afro-Américains heureusement (des panafricanistes Afro-Américains de renom comme Molefi Asante ou Runoko Rashidi ont dénoncé ce mouvement). Ce superbe article du rappeur et activiste Afro-Américain Talib Kweli résume bien le phénomène ADOS,  voir aussi cet article du Final Call sur la question

J’ai remarqué que certains membres du mouvement ADOS pensent que ce qui arrive aux Africains ailleurs qu’aux états-Unis n’est pas important pour les Afro-américains et je voudrais faire un commentaire (avec tout l’amour et le respect que j’ai pour mes frères et soeurs Afro-Américains) sur cette position dangereuse. C’est en partie à cause du même type de considération que je me suis toujours posé la question si le mouvement Black Lives Matter (BLM) ne devrait pas se renommer Black American Lives Matter ? Eh oui, figurez-vous chers amis de BLM qu’il existe des Africains en dehors des États-Unis. Figurez-vous que les Afro-Américains et leurs expériences de ne représentent pas GLOBALEMENT les Africains de cette planète. L’histoire de l’esclavage en Amérique est très différente de l’histoire de l’Ethiopie par exemple. Malcolm X nous avait bien mis en garde à ce sujet (résumé à ma sauce de son discours sur l’esclave de maison »: « L’esclave qui vit dans la maison du propriétaire d’esclaves pense qu’il est une version « esclave » du maître. Il a le même état d’esprit de supériorité que le propriétaire d’esclaves. Les privilèges et les miettes qu’il reçoit du propriétaire d’esclaves lui font croire qu’il est au-dessus du reste des esclaves. Il a droit comme le maître des esclaves». Ainsi puisque l’Amérique est une superpuissance, l’Africain d’Amérique (pas tous heureusement, seulement les ignorants) croit qu’il est aussi une superpuissance au sein de la société occidentale par rapport aux autres Africains.

Et beaucoup de « kneegrows » comme Candace Owens, les ADOS, Colin Powell, Condoleezza Rice sont des agents du maintien de ce sentiment de supériorité d’un grand nombre Afro-Américains sur les autres Africains. La vie des Noirs en Amérique est donc si importante que les Africains d’ailleurs doivent tout abandonner à leur profit. Cet état d’esprit de supériorité est si profondément ancré que certains Afro-Américains vont combattre les sales guerres Américaines pour le pétrole et opprimer d’autres peuples opprimés sous la bannière du drapeau Américain. Le silence de BLM sur les violences racistes auxquelles font face les Africains en dehors des états-Unis (ce n’est même pas si surprenant puisqu’ils sont tout aussi silencieux sur les problèmes de violence entre les Afro-Américains eux-même) démontre que leur désir est juste de prouver à leur oppresseur que seules les vies « noires » prises par des non Afro-Américains sur le territoire Américain comptent. Ils sont incapables d’étendre ce désir de reconnaissance d’humanité au reste du monde Africain (et c’est peut-être tant mieux car la victimisation n’a jamais résolu aucun problème). Amos Wilson nous avait bien prévenu de toujours garder une lecture globale et internationale de nos expériences d’oppression, de ne pas les circonscrire à un territoire donné.

Les ADOS ont étalé leur xénophobie notamment envers les Africains venus du continent (qu’ils avaient déjà bien affichée sur Twitter) et ignorance au grand jour l’année dernière en critiquant vivement l’actrice Nigériane Cynthia Erivo qui a joué le rôle d’Harriet Tubman (une figure féminine Afro-Américaine majeure de la résistance à la mise en esclavage des Africains par les Européens qui s’est évadée, a aidé d’autres Africains mis en esclavage à s’évader aussi et a organisé un réseau de lutte pour l’abolition de l’esclavage) dans le film « Harriet » sorti l’an dernier et en appelant au boycott du film. Le principal reproche que les ADOS faisaient à Erivo est qu’elle est Nigériane donc moins légitime pour jouer ce rôle qu’une actrice Afro-Américaine. Les ADOS se sont aussi servis du fait qu’Erivo avait écrit il y a plusieurs années des tweets dans lesquelles elle se moquait des Afro-Américains. Je voudrais faire une mise au point à ce sujet.

Le même type de comportement avait déjà surgi chez des Africains lorsque Denzel Washington a joué Steve Biko ou quand l’afro-américaine Jennifer Hudson a joué Winnie Mandela.

Je suis toujours étonné et confus de voir des Africains monter au créneau et dénoncer énergiquement ces phénomènes alors que les film en question sont tous détenus par des Européens. Cela visiblement les dérange beaucoup moins. Ces gens se plaindront que l’actrice qui a joué Harriet n’est pas une ADOS, mais vous ne les entendrez jamais se plaindre que toute la production (financeurs) du film est BLANCHE (puisqu’ils ont apprécié Black Panther, Birth of a nation etc). Seule la main-d’œuvre (réalisateurs, équipes techniques et acteurs) est généralement Africaine. Le pire c’est que si vous montrez à ces ADOS des cinéastes Africains ou Afro-Américains indépendants, jamais ils ne les mettront en avant ni ne soutiendront leur travail. C’est toujours plus facile de critiquer les représentations que les Européens font de nous ou de vouloir faire partie à tout prix de leur monde quitte à s’humilier (suivez mon regard) que de choisir l’auto-détermination. De vrais comportements de « nègres ».

Si les ADOS n’aiment pas Harriet (le film), pourquoi ne cherchent-ils pas l’argent pour produire et réaliser leur propre film ? De quel droit osent-ils vouloir (alors qu’ils ne soutiennent même pas financièrement leurs cinéastes indépendants) dicter aux Européens quelle est l’actrice la mieux adaptée pour un film que les Européens financent? Ont-ils investi de l’argent pour produire ce film ? Ont-ils fait passer une loi qui interdise la falsification historique des Afro-Américains ? Les Chinois n’en ont rien à faire d’Hollywood et de ses falsifications car ils se sont donnés les moyens de produire et de réaliser leurs propres films historiques. Les Indiens n’attendent rien et ne calculent pas Hollywood lorsqu’ils produisent et réalisent leurs propres films car ils savent qu’ils ont un public qui les soutient financièrement (pas avec des likes sur les réseaux sociaux) de l’Inde en Afrique du Sud, du Kenya au Royaume-Uni. Lorsqu’on leur demande de soutenir financièrement des cinéastes Africains indépendants pour produire et réaliser des films qui nous représentent positivement, ils ne le font pas ; mais ils ont le toupet de critiquer, de se précipiter dans tous leurs magazines et télévisions « black » pour dénoncer un film financé par les Européens et qu’ils ont fait pour eux alors que ces médias « noirs » n’ont jamais eu le même engouement pour le travail d’un cinéaste Africain indépendant. Quel culot ! C’est quand même incroyable ! Depuis quand la proie pense qu’il est du devoir du prédateur de raconter honnêtement l’histoire de la chasse ? Il serait vraiment temps d’apprendre comment le monde fonctionne. Nous n’avons que ce que nous méritons. Non ce n’est pas de l’auto-flagellation, juste des faits.

Je voudrais terminer cette petite digression sur le film « Harriet » par une petite observation sur le débat (un peu puéril) « qui des Africains de la diaspora ou du continent déteste plus l’autre ? ». La première chose c’est que les Africains du continent se détestent bien plus entrez eux qu’ils ne détestent ceux de la diaspora (Afro-Américains ou autre). Donc, les Afro-Américains qui ont utilisé les commentaires stupides de l’actrice Cynthia Erivo pour dire que les Africains détestent les Afro-Américains sont dans l’erreur. C’est vraiment malhonnête de prétendre cela. C’est toujours le risque de prendre ses expériences personnelles pour des généralités (« les hommes «noirs» , les femmes « noires» sont ça etc).

Deuxièmement, les Afro-Américains et les Africains de la diaspora en général sont considérés comme des héros en Afrique. Tout Africain vivant en Occident ne peut nier ce fait. La plupart des gens veut être comme eux. Même en Afrique du Sud, pendant les violences xénophobes contre les autres Africains, les vandales ne touchent pas aux Afro-Américains. Certes certains Africains n’aiment pas les Afro-Américains mais « certains » ce n’est pas « tous ». Enfin, la vraie haine vient de la diaspora (ignorante et confuse) à l’égard des Africains du continent et le phénomène ADOS en est l’illustration parfaite. Les ADOS vont jusqu’à dire (en parlant des Africains) : « ils ont des caractéristiques physiques différentes de nous (pourtant je suis sûr qu’il y a des Africains qui leur ressemblent comme deux gouttes d’eau sur le continent), ils sont différents, ils étaient des marchands d’esclaves » bref de l’ignorance totale. Il est donc clair que les ADOS sont des ennemis de notre peuple, des ennemis du panafricanisme, peut-être l’un des pires actuellement. Espérons que ce phénomène ADOS disparaisse rapidement.

Revenons maintenant au concept même d’ADOS et déconstruisons le.

Voilà donc des gens a déclaré qui se définissent comme descendants d’esclaves. Certains d’entre eux vont même jusqu’à dire qu’ils sont encore des esclaves. Voilà des propos ignorants, extrêmement graves et qui représentent du mépris pour nos ancêtres qui ont été mis en esclavage ainsi que nos frères et sœurs qui sont vraiment mis en esclavage jusqu’aujourd’hui en Mauritanie, au Maghreb etc. Il faut vraiment faire attention aux mots qu’on emploie. Nous ne vivons pas du tout les mêmes conditions que nos ancêtres. Pensez-vous sérieusement que s’ils nous regardaient d’où ils sont faire du gossip sur Will et Jada sur les réseaux sociaux, faire le CHOIX dépenser votre argent librement dans les magasins tenus par les Européens (H&M, Guerlain etc), ils nous qualifieraient d’esclaves ? Ça n’a aucun sens. Nous sommes en grande majorité aujourd’hui des esclaves mentaux, mais ça c’est un esclavage que nous avons CHOISI. Et puis ne venez pas me raconter que vous êtes des esclaves parce que nous sommes victimes de discrimination à cause de la couleur de notre peau. Je suis désolé mais ce phénomène s’appelle le racisme et pas la mise en esclavage. D’ailleurs, la discrimination touche aussi les Européens de l’Est, les Arabes, les Mexicains, etc et je ne pense pas que cela fasse d’eux des esclaves.

Autre problème dans le nom ADOS, c’est une définition de victimisation. C’est comme si nous les Africains qui sommes nés après la décennie 1960, nous nous appelions les Africains post-coloniaux. C’est complètement stupide. Il suffit d’ouvrir un livre écrit avec un minimum de sérieux sur le sujet de l’esclavage pour pour s’en rendre compte. Nos ancêtres ont été mis en esclavageils n’ont jamais été esclaves. Il peut arriver qu’on le dise par mégarde, par habitude, pour être plus bref ou facilement compris mais cela est fondamentalement FAUX et c’est une erreur grave pour une association de se présenter officiellement en identifiant nos ancêtres capturés comme des esclaves. Cela semble anodin mais voir l’esclavage comme une condition qui nous a été imposée change complètement notre paradigme et notre vision du monde. Esclave n’est pas une identité. Personne ne naît esclave. L’esclavage est une condition imposée à un être humain par un groupe de personnes mais ce n’est jamais la nature d’un être humain. Malgré toutes les tentatives de déshumanisation et de terrorisme sur nos vies que les Européens ont mis en place pour faire de nous (Africains) des bêtes de somme, nous ne l’avons pas été, nous ne le sommes pas et nous ne le serons jamais .

Pour ce qui est de l’aspect « Américain » des ADOS, Cette courte vidéo de Malcolm X extraite d’un discours qu’il avait tenu lors d’un événement de l’OUAA (Organisation de l’Unité Afro-Américaine), qui redémontre (c’est important en ces temps d’extrême confusion) qu’il a été le premier à clarifier l’identité de Afro-Américains et montre que les mots « nègre » ou « negro » ne sont pas pertinents pour nous désigner, devrait suffire pour comprendre que la base identitaire sur laquelle s’appuient les ADOS relève de l’ignorance pure de leur identité. D’ailleurs ce n’est pas une hasard si les ADOS n’évoquent jamais des figures majeures comme Malcolm X ou Marcus Garvey (peut-être parce qu’ils ont des origines Caribéennes et donc ne sont pas des Américains descendants d’esclaves) qu’ils qualifient sans gêne de trop anciennes et dépassées, donc il se pourrait qu’ils n’aient pas connaissance de ce discours de Malcolm X.

 
 

Kwabena NDIE pour Elimu

Kanye West veut se présenter à la présidence Américaine!

Le sulfureux Kanye West, que l’on ne présente plus, a tweeté ce samedi dernier. Jusque-là rien de grave mais voici la simple phrase de ce qui va sûrement être un raz-de-marée médiatique.

 

Nous devons maintenant réaliser la promesse de l’Amérique en faisant confiance à Dieu, en unifiant notre vision et en construisant notre avenir. Je me présente comme président des États-Unis 🇺🇸! # 2020VISION
– ye (@kanyewest) 5 juillet 2020

L’une des choses les plus folle jusqu’à maintenant, et c’est loin d’être fini à notre humble avis, est que l’un des hommes les plus influents de la planète, Elon Musk, n’a pas hésité à lui donner son total soutien pour cette campagne…Un soutien de poids. Un sud africain blanc aux côté d’un afrodescendant américain pour la présidence… Qui l’eût cru?

La question est de savoir si cela est une réelle volonté politique ou bien un coup de bluff pour diviser les soutiens Afrodescendants à Joe Biden…après avoir supporté publiquement Donald Trump. Rappelons tout de même que Kanye West avait auparavant annoncé que « L’esclavage ressemble à un choix »…rien que ça. On attend la suite avec impatience.

 

Kanye West et Elon Musk

 

Quoi qu’il en soit, l’une de ses déclarations ne fait aucun doute à nos yeux:

« Les médias mettent les musiciens, les artistes, les célébrités, les acteurs en position d’être le visage de la course, qui n’ont vraiment aucun pouvoir et qui travaillent vraiment pour les blancs », a ajouté West. « Quand c’est dit comme ça, c’est assez évident, non? Nous nous connectons émotionnellement à quelqu’un de notre couleur à la télévision et sentons que cette personne parle pour nous. Alors laissez-moi dire ceci: je suis le fondateur d’une organisation de 4 milliards de dollars, l’une des marques les plus recherchées par Google sur la planète, et on ne me dira pas sur qui je vais voter à cause de ma couleur. « 

Disons-le, cela ne peut pas être pire que Donald Trump! Comme le disait justement l’acteur et humoriste Chris Rock, si Georges Bush a été assez mauvais pour que les gens votent pour Barack Obama, le successeur de Trump ne peut-être que Jesus! Le créateur des Yeezy n’est pas très loin de se prendre pour ce dernier : rien de moins qu’un messie !

 

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Elimu

Black Wall Street : le National Park Service fait un don de 500 000 $ pour la rénovation de bâtiments historiques

Les restes du légendaire Black Wall Street subiront un lifting.

La Chambre de commerce de Greenwood a annoncé qu’une subvention de 500 000 $ du National Park Service sera utilisée pour la rénovation  d’un bloc de bâtiments historiques faisant partie de ce que l’on surnommait le Black Wall Street dans le district de Tulsa, Oklahoma. La subvention fait partie de quelque 14 millions de dollars en récompenses que l’agence fédérale verse à des projets et des sites historiques noirs par le biais de son Fonds de préservation historique des droits civils afro-américains. Les bâtiments Greenwood recevront de nouveaux toits et d’autres réparations à l’extérieur. Ces rénovations seraient les premières depuis le début des années 1980.

«Nous espérons qu’il est évident que nous devons nous engager à préserver l’histoire que nos ancêtres nous ont laissée», a déclaré le président de la Chambre, Freeman Culver, au Tulsa World.

Les dix bâtiments comprennent Greenwood Centre et ont été construits au début du 20e siècle. Ils sont situés dans ce qui était connu sous le nom de Black Wall Street, un quartier commercial et résidentiel à prédominance noire de Tulsa. La zone s’étendait sur 40 blocs et abritait plus de 10 000 Noirs. Il y avait des dizaines d’entreprises appartenant à des Noirs, notamment des banques, des restaurants et des théâtres.

 

La prospérité a été interrompue le 31 mai 1921, quand un groupe d’hommes blancs a arraché un jeune Noir de prison avec l’intention de le lyncher. Lorsque d’autres hommes noirs sont intervenus, un conflit a éclaté et un coup de feu a retenti. Ce qui a suivi a été 48 heures de terreur alors que des foules blanches ont tué des Noirs et brûlé plus de 1 200 bâtiments au sol. Lorsque la violence a finalement pris fin, quelque 300 Noirs sont morts et des milliers sont sans abri. Ces deux jours sont connus comme les émeutes raciales de Tulsa.

«Avant la mort de ma grand-mère, je lui ai demandé ce qui s’était passé», a rappelé Vanessa Hall-Harper, conseillère municipale de Tulsa au Washington Post en 2018. «Elle a commencé à chuchoter. Elle a dit: «Ils tuaient des Noirs et les chassaient de la ville.» Je ne savais même pas à propos du massacre jusqu’à ce que je sois adulte. Et j’ai été élevée ici. Ce n’était pas enseigné dans les écoles. C’était tabou d’en parler. »

Au cours des décennies qui ont suivi, il y a eu des tentatives pour ressusciter Black Wall Street, mais le quartier n’a jamais retrouvé sa gloire d’origine.

Aucun échéancier pour les rénovations n’a pour le moment été annoncé.

 

Une traduction de la team Elimu

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Marcus Rashford fait plier le gouvernement britannique à lui seul!

Marcus Rashford c’est ce jeune prodige de 22 ans qui évolue au poste d’attaquant pour le légendaire club de Manchester United ainsi qu’en sélection nationale. Détenteur d’un record qui datait de 50 ans comme le plus jeune buteur de Manchester United en Coupe d’Europe (George Best détenait ce record, rien que cela). Rashford ce n’est pas que cela. Le jeune homme originaire de Saint Christophe (petites antilles) a mis sa notoriété au service des plus démunis.

En effet le joueur a mis une terrible pression au gouvernement britannique qui souhaitait mettre fin au coupons-repas déstinés au enfants des familles les plus modestes pendant le confinement (et donc pendant que les cantines étaient fermées). L’afrodescendant Rashford a été révolté d’entendre cette nouvelle:

« Ce que traversent ces familles actuellement, je l’ai vécu aussi. Maintenant que je suis dans cette position, c’est très important pour moi d’aider ceux qui sont en difficulté. Cette crise se déroule alors que ces enfants devraient pouvoir se concentrer sur leurs études et c’est juste fou que ces problèmes soient encore d’actualité en 2020. Je pense que ces situations ne devraient plus exister… »

Dans les premiers jours du confinement, Marcus Rashford avait lancé sur les réseaux sociaux une campagne de levée de fonds. Une première vague de dons avait permis de collecter 134 000 livres (149 000 euros) et il avait lui-même versé de l’argent pour porter cette somme à 400 000 livres (445 000 euros) en avril. Il s’est ensuite engagé à recolter 20 millions de livres (22,3 millions d’euros) en dons alimentaires. Promesses tenue. Puis a interpellé le gouvernement dans une lettre ouverte qui a ému les britannique. Il faut savoir qu’il a vécu au sein d’une famille de 5 enfants élevés par une mère célibataire (qui doit être franchement fière du travail accompli); c’est donc en connaissance de cause qu’il a mené celle-ci. Boris Johnson a donc consenti a débloque un fonds alimentaire d’un montant d’environ 120 millions de livre sterling (133 millions d’euros). Bravo l’artiste!!

Elimu

JORDAN veut donner 100 millions à des associations de lutte contre les inégalités raciales

Coup de tonnerre!! On avait entendu que Kanye West allait donner 2 millions à la famille de George Floyd et à des institutions éducatives, désormais c’est le légendaire Michael JORDAN qui veut passer à la vitesse supérieure. Alors que durant sa carrière il était complètement aveugle aux inégalités et aux violences racistes, il déclare désormais « en avoir marre »

 

« Black Lives Matter (la vie des Noirs compte). Ce n’est pas une affirmation controversée. Tant que ce racisme enraciné qui cause la faillite des institutions de notre pays ne sera pas totalement éradiqué, nous continuerons de nous engager à protéger et à améliorer les vies des personnes noires »

Une déclaration qui s’accompagne d’un acte conséquent : Michael JORDAN et la Jordan Brand vont donner 100 millions de dollars sur dix ans pour participer à l’éradication des inégalités raciales! C’est plus que quiconque n’avait jamais donné dans le monde du sport. C’est l’équivalent du budget annuel total d’un club comme Saint Etienne en France…Désormais on ne pourra plus parler sur son manque d’implication et son mutisme, alors que d’autres s’impliquaient toute l’année à l’instar de Lebron James que l’on oppose toujours à Jordan. Respect à l’un des plus grands sportifs de tous les temps. La mort de George FLOYD aura eu des répercussions bien étonnantes pour les observateurs que nous sommes, et ce n’est pas encore fini visiblement.

Elimu

Sarah Maldoror, une panafricaniste engagée devenue icône du Cinema Panafricain

Un petit hommage à une très grande cinéaste Africaine.

Africaine des Antilles (Guadeloupe), la cinéaste et militante anticolonialiste Panafricaine Sarah « Maldoror » née Sarah Ducados le 19 juillet 1929 à Condom en France d’une mère Française et d’un père Guadeloupéen a rejoint les ancêtres le 13 avril 2020 à Saint-Denis en France des suites du covid 19. Elle a choisi son pseudonyme après avoir lu « Les Chants de Maldoror » de l’écrivain français Isidore Ducasse. Elle est venue au cinéma par le théâtre. Formée au cinéma à Moscou avec Sembène, elle a réalisé en 1976 le premier documentaire sur Aimé Césaire « Un homme, une terre, portrait du poète et homme politique Aimé Césaire » ainsi qu’un documentaire sur Léon-Gontran Damas. Elle a réalisé des films pour la télévision française dont « Un déssert pour Constance » en 1979-1980 avec l’immense acteur, réalisateur Ivoirien, légende vivante et icône du cinéma Africain Sidiki Bakaba ainsi que le très grand acteur et réalisateur Cheik Doukouré avec qui il avait déjà joué dans « Bako » en 1978.

Ce film comique dépeint le quotidien de balayeurs Africains de Paris avec leurs problèmes, leur mal du pays et met aussi le doigt sur le racisme « bon enfant » de cette époque. Sarah Maldoror était l’épouse du militant anticolonialiste, camarade et ami intime de Cabral, l’intellectuel révolutionnaire et un des leaders du MPLA Mario de Andrade. Elle était l’une des toutes premières femmes cinéastes du continent.

Je vais parler ici de « Sambizanga », son premier long-métrage co-écrit avec son mari Mario de Andrade qui est aussi son film le plus connu et qui est sorti en 1972. Il a été distingué du Tanit d’Or au Festival de Carthage de la même année. « Sambizanga » parle de la lutte quotidienne des Angolais pour libérer leur pays du joug du colonialisme Portugais. Sarah Maldoror disait elle même qu’elle avait voulu montrer l’Afrique en lutte dans ce film. Le titre du film est le nom d’un quartier populaire de l’agglomération de Luanda dans lequel est sensé se dérouler l’essentiel du film même si en réalité le film a été tourné au Congo Mfoa dit « Brazzaville ». Le MPLA, le gouvernement Congolais et l’Agence de coopération culturelle et technique (organisation française) ont produit le film. Sambizanga est un lieu hautement emblématique de la lutte de libération en Angola car des militants du MPLA sont partis de là pour prendre d’assaut les prisons de Luanda afin de libérer les détenus politiques le 4 février 1961 déclenchant ainsi le combat contre les colonialistes Portugais.

Ce film révolutionaire est adapté de la nouvelle « La vraie vie de Domingos Xavier » (inspirée d’une histoire réelle) écrite par le Portugais (dont la famille s’est installée en Angola lorsqu’il avait 1 an) et militant du MPLA, Luandino Vieira (né José Vieira Mateus da Graça) suite aux événements de février. Il terminera la rédaction de cette nouvelle en novembre 1961 quelques jours avant son arrestation (voir quatrième de couverture). Cette nouvelle a été traduite en français par Mario de Andrade (encore lui!) et Chantal Tiberghien et publiée avec une autre nouvelle de Luandino (« Le complet de Mateus ») aux éditions Présence Africaine en 1971 (voir photos).

« Le complet de Mateus », l’autre nouvelle de ce livre a été aussi adaptée par Sarah Maldoror dans sa première oeuvre cinématographique, le court – métrage « Monangambée » réalisé en 1969/1970 qui parle aussi de la lutte anticolonialiste en Angola. Ce livre publié pendant la guerre de libération avait pour but de mobiliser l’opinion publique sur la situation en Angola. L’exemplaire en ma possession est dédicacé par Mario de Andrade (himself!) à Roger Bastide, sociologue et anthropologue français ayant mené plusieurs recherches et études sur les peuples et cultures du Brésil.

Ce film qui reste assez fidèle à la nouvelle décrit la résistance anticolonialiste à Luanda, l’univers carcéral colonial et les débuts de la lutte de libération armée dans les 60s à travers l’histoire de Domingos Xavier, un conducteur de tracteur sur un chantier dans le village de Dondo et qui est aussi un militant de la lutte de libération de son pays. Domingos (de) Oliveira qui joue le rôle de Domingos Xavier est un exilé Angolais recruté comme tractoriste au Congo que Maldoror a rencontré presque par hasard et qu’elle a retenu pour son film.

Un matin, il est arrêté par des hommes du PIDE (police secrète politique portugaise) pour ses activités politiques qu’il menait clandestinement avec certains de ses collègues; arraché à sa femme qui ignorait les activités politiques de son époux et à son enfant. Il est brutalisé et emporté dans un 4×4 vers une destination inconnue.

Dès lors, sa femme Maria va partir à la recherche de son mari dont elle n’a plus de nouvelles, allant de prison en prison, d’un bureau administratif à l’autre d’abord à Dondo puis à Luanda après un long chemin en bus. Ni ses cris, ni ses larmes ainsi que celles de son enfant ne suffiront pour retrouver Domingos encore moins le libérer. Des camarades militants du MPLA mènent aussi leur enquête pour déterminer l’endroit où Domingos a été enfermé. Elle finit par apprendre la mort de son homme à la prison de Luanda sous la torture d’agents colonialistes portugais du PIDE qui voulaient qu’il trahisse ses camarades de lutte en donnant des noms ou en reconnaissant des noms à propos desquels ces agents l’interrogeaient.

 

Sarah Maldoror et Mario de Andrade forment un couple iconique de la résistance Africaine

À travers une longue marche et grâce à ses contacts avec les militants du MPLA qui recherchent aussi activement Domingos, Maria découvre un aspect nouveau de la vie qui lui redonne espoir : la lutte pour la liberté. Les camarades militants de Domingos lui rendent hommage à la fin du film après avoir appris sa mort. Pour eux, le combat continue et Domingos vivra éternellement dans la mémoire du peuple Angolais.

Un fait marquant et surprenant dans ce film est le mélange de plusieurs langues Africaines dans certains dialogues : le kikongo, le lingala et le kimbundu.
Un des aspects les plus intéressants de ce film et que Sarah Maldoror aimait souligner est la conscientisation politique progressive au cours du film de Maria, et sa participation active à la lutte de libération du pays à travers sa marche courageuse qu’elle effectue avec son enfant sur le dos depuis Dondo jusqu’à Luanda pour retrouver son mari sans jamais se décourager.

Une image qui rompt avec l’idée très en vogue à cette époque de la femme Africaine qui passe le temps à attendre son mari et à lui faire des enfants. Beaucoup de collectifs féministes se sont intéressés à ce film pour cela et ont même collé l’étiquette « féministe » à Sarah Maldoror. Le film par rapport à la nouvelle a donné une place beaucoup plus importante à Maria interprétée par l’économiste Cap Verdienne Elisa Andrade: économiste et militante du PAIGC (qui avait déjà joué dans « Monangambée « ). Il ne s’agit plus de l’histoire de la résistance de Domingos tout seul comme dans le livre mais de celle du couple formé par Domingos et Maria.

Un autre aspect que j’ai trouvé époustouflant dans le film et le livre est la très bonne organisation des militants en des réseaux stratifiés qui communiquent très prudemment et intelligemment les uns avec les autres créant ainsi une véritable chaîne de solidarité et de générosité. C’est Zito un très jeune garçon a priori banal (mais à qui les militants du parti ont assigné le rôle de guetteur), qui tout en jouant avec les enfants de son âge, surveille l’entrée de la prison de Luanda va repérer Domingos.

Dès qu’il voit Domingos y arriver, il court informer son grand-père Petelo qui est en lien avec d’autres structures clandestines et ainsi de suite jusqu’à ce que Domingos soit identifié et que les militants mettent en place une stratégie pour le soutenir ainsi que ses proches.

Je ferai peut-être plus tard une analyse plus détaillée du film et du livre.
Les gens qui sont proches des gérants de Présence Africaine devraient leur demander de rééditer ce livre parce qu’il est ESSENTIEL…

Le film « Sambizanga » est sur youtube pour ceux que ça intéresse. »

Elimu

 
 
 
Kwabena Ndie

Meek Mill envoie 100 000 masques dans les prisons, y compris Rikers Island, au milieu d’une épidémie de coronavirus

Près de 100 000 masques chirurgicaux ont été envoyés dans les prisons pour protéger les détenus du coronavirus, gracieuseté du rappeur de Philadelphie Meek Mill, du partenaire des Sixers Michael Rubin et de leur organisation de réforme de la justice pénale.

Vendredi, avec l’aide de l’auteur et défenseur de la réforme des prisons, Shaka Senghor, la Reform Alliance a précipité 50 000 masques sur la Rikers Island de New York, où des centaines de détenus et de membres du personnel ont été infectés par le virus.

Les livraisons interviennent alors que les prisons à travers le pays commencent à voir des cas de coronavirus et des militants, y compris l’ACLU de Pennsylvanie, appellent les autorités à réduire les populations carcérales en libérant des délinquants de bas niveau et des personnes souffrant de problèmes de santé qui les rendent plus vulnérables. Les responsables des services correctionnels disent qu’ils peuvent gérer la crise et ne veulent pas menacer la sécurité publique.

Le procureur du district de Philadelphie, Larry Krasner, a déclaré qu’il souhaitait réduire la population carcérale de la ville – qui est d’environ 4 400 – en raison de la pandémie. Des cas ont été signalés dans les prisons de la ville, ainsi que dans les établissements correctionnels des comtés de Montgomery, Delaware et Chester.

« Je ne peux pas dormir. Je ne peux pas respirer et j’ai l’impression que je vais mourir », a écrit un détenu de la prison du comté de York le mois dernier. «Personne ici ne peut même me procurer un inhalateur. Comment peuvent-ils nous sauver de ce virus? « 

En plus d’envoyer des masques et de fabriquer des masques pour les travailleurs de la santé, l’Alliance réformiste plaide également pour une réduction de la population carcérale.

 

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Traduit par Elimu