Archives des #Police - Elimu

Elle est tuée dans sa propre maison par un policier sans raison

Un officier blanc du département de police de Fort Worth au Texas est en congé administratif après avoir tiré sur une femme noire âgée de 28 ans qui a été abattue chez elle, tôt samedi matin, chez elle. Elle aurait entendu du bruit dehors (qui provenait de la police) et aurait dégéné son arme avant de se faire éliminer par l’officier Aaron Dean. Quand un réflexe d’autodéfense finit par vous être mortel. C’est ce que la presse dit, nous n’avons pas encore la moindre preuve qu’elle ai dégéné son arme, en tout cas on sait qu’elle n’est plus parmi nous. Elle avait de bonnes raisons de se sentir en insécurité vu l’actualité récente et passée.

 

La jeune femme tuée et son meurtrier

 

Atatiana Koquice Jefferson, 28 ans, a été tuée dans une chambre à coucher de sa maison vers 2h30 du matin, selon le médecin légiste du comté de Tarrant.

Dans une déclaration, le département de police de Fort Worth a déclaré que des agents de sa division centrale avaient répondu à un appel (envoyé par un voisin Noir inquiet pour elle) à 14 h 25 et avaient fouillé le périmètre de la maison, dans le bloc 1 200 de East Allen Avenue. Le voisin avait vu de la lumière et la porte d’entrée ouverte. Il n’en fallait pas plus pour qu’il appelle la police.

Un officier, après avoir vu quelqu’un à travers la fenêtre de la maison, a dégainé son arme et tiré une balle, tuant la femme.

Donc aujourd’hui aux USA, peut importe votre niveau de dangerosité, peu importe ce que vous faites ou bien où vous êtes: être Noir est une menace en soi!

La suprématie blanche décomplexée s’exerce dans ce dossier comme dans bien d’autres. Il ne s’agit pas de coffrer ce meurtrier, mais de le mettre à pied, comme si sa faute était minime. Comme si la vie d’Afrodescendants ne valaient pas bien plus qu’une simple erreur administrative. Comment est-ce que les Africains Américains pourraient se sentir en sécurité, où que ce soit? Comment leur demander l’intégration, le patriotisme?

Laisser sa porte ouverte est désormais un risque majeur de décès…imaginez seulement dans quel monde psychique ces populations vivent. La violence de l’Amérique est inhumaine depuis le commencement. Le système s’accomode de tout cela puisqu’aucune représaille n’a l’air de pointer son nez. Quelles représailles économiques? Aucune. Quelles représailles politiques? Aucune. Quelles représailles de la rue? Aucune! Nous allons encore pardonner. Esperons seulement que nous ne verrons aucun membre de sa famille enlacer le policier en guise de pardon!!

Ils chantent la violence intracommunautaire tous les jours, mais sont incapables de faire face à la violence étatique. Ce qui aggrave la chose c’est que certaines organisations (dont l’église) leur promettent un avenir radieux s’ils les rejoignent…pour mieux les endormir à traveres ledit pardon. Aucun salut à l’horizon. Aucune échappatoire, ils sont comme piégés dans ce pays dont ils sont les proies faciles, les prisonniers utiles, les gangsters de télévision. C’est déprimant et terriblement inquiétant. La question qui se pose est simple: dans un monde sans justice pour nous autres, ni en occident, ni en Afrique ou dans la caraïbe, comment interpréter l’avenir?

Elimu

Responsabilité Communautaire: T.I. honoré par le Sénat pour son impact positif sur la communauté

T.I. a récemment été honoré par le Sénat de Géorgie pour son travail philanthropique.

Le rappeur, né Clifford Harris, a été reconnu au Georgia State Capitol pour avoir eu un impact positif sur la communauté.

Le sénateur d’État Donzella James, Atlanta, a parrainé la résolution applaudissant l’artiste pour son association à but non lucratif, Harris Community Works, qui travaille avec les défavorisés, et pour For The Love Of Our Fathers, qui travaille avec les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de démence.

T.I. a également pris la parole dans des écoles de la région dans le cadre de son service communautaire post-prison et a fait don de son temps et de son argent à des efforts louables allant des secours aux victimes de l’ouragan aux clubs Boys & Girls Clubs.

Il a également organisé l’acha et et la remise de cadeaux de dinde de Thanksgiving et a remis des cadeaux de Noël aux familles dans le besoin dans toute la ville.

L’artiste est également connu pour son activisme. En juillet 2016, il s’est joint à des centaines d’Atlantiens pour une marche pacifique afin de protester contre les tirs par la police d’afro-américains. En avril 2018, il s’est joint à d’autres personnes pour appeler au boycott de Starbucks à la suite de l’arrestation controversée de deux hommes noirs largement dénigrée pour son caractère raciste. Il a également pris la parole contre Gucci récemment, agrandissant encore son statut d’activisme dans la communauté Afrodescendante.

Dans une action très populaire, en février 2018, il a aidé à acheter des billets pour que des centaines de personnes assistent à une projection préliminaire de «Black Panther» au Regal Hollywood Stadium 24 de Chamblee.

Enfin comme nous le savons T.I a des activités dans le domaine de l’immobilier avec son action de rachat de quartiers à Atlanta pour lutter contre la gentrification et l’exclusion des plus défavorisés.

C’est donc en toute logique qu’il a été honnoré par le sénat de son Etat pour son impact positif. Loin d’être un simple rappeur, nous avons devant nous une personne adulte consciente de sa responsabilité communautaire, de la nécessité d’opérer une coopération économique, d’avoir un programme de solidarité, de travailler à l’Unité et ainsi d’opérer par son action l’initiative communautaire.

L’OJALEMENT dans toute ses dimentions ou presque (le rapatriement est-il à son programme? Qui sait?). Une fierté pour la culture Hip-Hop mais aussi pour les Afrodescendants en général.

OJALEZ-VOUS

Jemeker Thompson, la baronne de la drogue au parcours étonnant

Si vous n’êtes pas un narcotraficant notoire et que vous n’avez jamais été à Los Angeles dans les années 80 il se peut que vous ne connaissiez pas son nom: Jemeker Thompson. Surnommée la « Queen Pin », jeu de mot qui déroge au traditionnel « King Pin », qui veut dire baron de la drogue. Cette baronne a fait des millions de dollars dans le business de la drogue. La cocaïne d’abord, puis le crack lorsqu’il est apparu. Avec une facilité déconcertante cette jeune femme a réussi à se hisser au plus haut niveau du game de la drogue aux USA avec son copain de l’époque et père de son fils. Une ambition dévorante l’a fait passer de la beuh à la cocaïne, puis de la cette dernière au crack. Le crack est un dérivé de la cocaïne beaucoup plus addictif, mais aussi beaucoup moins chère à produire. Donc madame a trouvé corde à son arc. Elle en a vendu des tonnes!

 

Les crackheads sont abandonnés de leur famille à leur folie et leur addictions

Jemeker Thompson: le commerce illicite comme mode de vie

Imaginez les répercussions sur la communauté aux alentours. Vous avez forcément vu un jour une vidéo de crackhead sur un site comme world star hip-hop complètement défonsé(e) et qui faisait forcément n’importe quoi. Si vous avez déjà rencontré un « crackhead » comme il en existe encore beaucoup, et de plus en plus en France d’ailleurs, vous savez que c’est une drogue qui peut mener à absolument tout pour voir sa dose. La dépendance est telle que n’importe qui peut accepter n’importe quoi pour pouvoir se défoncer en paix. Vraiment n’importe quoi. A ce propos nous vous conseillons la formidable série podcast d’arte sur le sujet intitulée « Crackopolis ». Vous aurez un autre regard lorsque vous écouterez vos rappeurs préférés chanter le drug game…

Revenons-en a  cette sulfureuse Jemeker. A combien de personnes, afrodescendantes pour l’écrasante majorité, en-t-elle vendu? L’atout du crack c’est qu’on peut le vendre à son voisinage, surtout s’il est pauvre et en manque d’évasion comme beaucoup de gens à L.A dans son quartier. Contrairement à la cocaïne qui est une drogue chère et par conséquent pour les classes les plus aisées. Elle implique plus de déplacements pour satisfaire cette clientèle. Donc plus de risques. Des centaines voire des milliers de personnes, et autant de drames familiaux et de talents gâchés, le tout dans son propre quartier. Cette histoire est commune à tous les grands dealers, nous ne sommes pas là pour refaire l’histoire de la drogue aujourd’hui.

 

Jemeker Thompson

Une couverture astucieuse

Vous ne devinerez jamais le métier que notre légendaire dealeuse a choisi comme vitrine officielle. C’est surprenant mais pas bête du tout. Elle s’est mise a vendre…des mèches de cheveux pour afrodescendants!! Rien que ça. Elle profite du fait d’avoir une activité d’import-export, d’avoir un solide réseau pour côtoyer de grands noms…à qui Jemeker Thompson vend les fameuses mèches et perruques à prix d’or!! L’activité est très lucrative, comme vous le savez les femmes Afrodescendantes sont des plus coquettes et mettent le budget pour ce genre de choses. Mais pas que les femmes, nous sommes dans les années 80 et beaucoup d’homme aiment également mettre des perruques et autres faux cheveux gominés pour le style. Jemeker Thompson en vend a des célébrités de premier plan. Créant par-là l’engouement dans la société: ce sont les influenceurs de l’époque. L’industrie, alors embryonnaire, s’étend aux proportions que vous connaissez maintenant. L’impact est certes incomparable à la vente de stupefiants car c’est une activité légale, et elle crée des emplois pérennes. Mais l’autre aspect c’est la normalisation de ces faux cheveux et leur impact sur l’estime de soi des afrodescendants. Ce n’est pas quantifiable, mais c’est une catastrophe dont nous ne sommes toujours pas sortis.

Une reconversion inatendue

Vous devinez encore moins l’activité que notre chète Jemeker Thompson fait de nos jours après treize années de prison…..vraiment vous ne pouvez pas imaginer. Figurez-vous qu’elle n’est rien d’autre que…Pasteur!! Vous avez bien lu, Jemeker Thompson est pasteur évangélique aux Etats-Unis. Rangée, elle chante la parole de Dieu. Que l’on soit croyant ou non, chrétien ou non, on ne peut pas minimiser l’impact de cette église dans le monde des afrodescendants. Ces églises sont celles qui ont fait élire Bolsonaro par exemple au Bresil, mais aussi Trump; ce sont elles qui rançonnent nos familles au pays; qui sont sommés de leur donner une part de leur salaire. Comme si le pasteur était leur agent pour atteindre le paradis. Cela n’a rien à avoir avec la spiritualité c’est un business très très lucratif.

Voyez que même les chinois ouvrent des églises maintenant en Afrique!! Ce n’est pas anodin. Combien de pasteurs millionnaires chez les pasteurs évangéliques? Ils vendent un autre type de drogue basé sur la foi et leur interpretation d’un livre dont il s’accommodent à dire qu’il est Divin. C’est beaucoup plus pernicieux. La majorité des gens restent dans la religion de leur parents. Soit de la naisance à la mort, contrairement à la drogue. Des générations entières sont en train d’être préparés à vivre cette vie. L’impérialisme spirituel est un poison dont nous mesurons mal les dégâts car ils ne se comptent pas en taux de chomage ou en incarcérations. Pourtant c’est nous qu’ils emprisonnent dans cette idéologie, tout en nous rançonant à vie!

Le mode de vie des pasteurs évangélique est du même standart que les dealers

Des conséquences désastreuses pour une seule personne

 

Vous avez là un parcour des plus criminogènes pour les Afrodescendants. Un black-on-black-crime de haute volée. Qui n’aura coûté que 13 ans a cette personne alors qu’elle a sûrement indirectement tué des milliers de gens. Nous considérons ce genre de profil comme ceux d’un Joseph Kony en Uganda qui emploi des enfants soldats et enrôle dans sa secte des centaines de gens. Jemeker Thompson en a vendu dans les années 80, leurs éffets sont toujours perceptibles aujourd’hui. En terme d’incarcérations, en terme d’overdoses, en terme d’aliénations spirituels et esthétiques. Pas de doute le démon de l’aliénation globale a un nom: Jemeker Thompson.

De la gloire à la honte, historiographie de la couleur noire

Noir : une couleur politique!

Lorsque dans un débat, les interlocuteurs tombent sur un sujet sur lequel l’un et l’autre savent qu’ils ne peuvent convaincre l’autre, on dit souvent « ah de toute façon, c’est comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas! » comme pour dire que l’appréciation des goûts et des couleurs est tellement subjective qu’en débattre ne sert à rien. Un peu, comme si la notion de goût et de couleur ne peut être universelle ou alors totalement neutre.

Or, si pour le sens du goût on peut le comprendre, pour l’histoire des couleurs, il n’est pas vraiment question de neutralité! Nous en voulons pour preuve, la couleur noire : regardez dans le dictionnaire Larousse par exemple :
– Se dit de la couleur la plus foncée, due à l’absence ou à l’absorption totale des rayons lumineux, par opposition au blanc et aux autres couleurs ; qui a cette couleur.
– Relatif aux Noirs.
– Qui est de couleur relativement foncée, en particulier par opposition à quelque chose de même nature, mais de couleur claire.
– Qui est sans luminosité ; obscur, sombre.
– Familier. Qui est bien bronzé.
Qui est sale, taché ou terni.
– Qui marque ou manifeste le pessimisme, la tristesse, le malheur.
– Inspiré par la perversité, la méchanceté.
– Se dit d’une période marquée par quelque chose de très mauvais, de catastrophique.

S’il est vrai que les premiers sens de ce mot sont assez neutres et rapportent strictement à la description d’une couleur, d’autres sens lui sont attribués qui sont eux, loin d’être neutre : comme vous pouvez le voir par vous-même, elle renvoie à chaque fois à quelque chose de négatif, de sale, de mauvais. On se rappelle également de l’extrait du film de Spike Lee  » Malcolm X » dans lequel le personnage apprend un peu plus sur sa condition de Noir en prison. 
Alors pourquoi la couleur noire est associée à des termes tous les plus vilains les uns que les autres? 
Pour répondre à cette question, il faut remonter dans l’histoire. Ce qu’il faut savoir c’est que les couleurs ont toujours eu un sens politique, elles renvoient à des idées, des concepts, c’est pour cela qu’il est très important pour chaque pays d’avoir un beau drapeau avec des couleurs symboliques qui correspondent aux valeurs que le pays dit défendre. 
La couleur noire quant à elle, n’a pas toujours été utilisée pour décrire des malheurs, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Que ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique et même en Europe, les Anciens associaient la couleur noire à la haute noblesse, à la fertilité, à la pureté ou à l’autorité divine. On est donc très loin de l’image qu’elle porte aujourd’hui!! 
Représentation du dieu hindou Krishna, la divinité la plus aimée en Inde
La couleur noire en Inde est anciennement associée au Bien, aux vainqueurs de démons que sont Krishna, un des avatars de Vishnou, le dieu bienfaiteur, mais aussi Kali, la déesse de la préservation. Elle est également associée aux connaissances mystiques et surnaturelles. 
Représentation de la déesse Kali qui met à terre Shiva, le dieu destructeur

Dans l’Amérique pré-coloniale aussi, la couleur noir est associée à la caste des guerriers, des nobles et des prêtres, donc les castes du pouvoir chez les Mayas et les Aztèques. Elle représente la noblesse, le pouvoir et les connaissances de l’Au-delà. Le dieu Tezcatlipoca, dieu le plus redouté de la mythologie aztèque est souvent représenté en noir.  
Chez les Égyptiens anciens également, la couleur noire renvoie à la haute noblesse et est synonyme de fertilité, comme associé au dieu Osiris, surnommé « le Grand Noir »
L’Europe ne fait pas figure d’exception car jusque une époque pas très lointaine, la couleur noire est associée à la noblesse et à la pureté! La présence des Maures depuis le Moyen-Âge a marqué la mémoire des Européens et ces mêmes Maures qui ont rapporté la civilisation dans une Europe meurtrie depuis l’Empire romain, sont très souvent représentés comme Noirs! Il y a aussi le culte de la Vierge Noire toujours présente dans les populations du sud de l’Europe et parmi les Rroms. 
Les Maures (Noirs) sont représentés comme des seigneurs ou des chevaliers dans l’Europe médiévale
Reproduction de la Vierge Noire d’origine vénérée au Puy en Velay. 
Donc, jusqu’à la fin du Moyen-Âge, la couleur noire et par extension les personnes noires ne sont pas du tout associée aux malheurs ou la saleté. En fait, c’est depuis la conquête coloniale et le début de l’esclavage que les Européens ont commencé à retourner cette image pour justifier leurs crimes. C’est à partir de cette époque, que progressivement la couleur noire va prendre les sens négatifs qu’on lui connaît aujourd’hui. L’histoire de la couleur noire suit la route de la suprématie blanche depuis les cales des caravelles portugaises et espagnoles d’abord puis françaises, anglaises, néerlandaises …etc jusqu’à finir dans les manuels scolaires des enfants. Le mot nègre ou nigre (noir), apparaît en France au 16ème  siècle, car avant pour désigner les personnes noires on utilisait le nom de « Maure » qui, on l’a vu, n’a rien de péjoratif, bien au contraire!! D’ailleurs on utilise aussi le mot nègre pour désigner un écrivain qui écrit pour le compte d’un autre, donc un esclave… 
Comme quoi, la couleur n’est jamais neutre, mais toujours associée à des symboles, tantôt positifs, tantôt négatifs. La couleur noire en est l’exemple le plus criant, nous venons de le démontrer par quelques exemple, que chacun pourra vérifier par soi-même. Au 21ème siècle dans lequel nous sommes, les différentes communautés afrodescendantes de par le monde restent attachées de gré ou de force à cette histoire de la couleur noire, et il semble important pour elles de cesser de se définir selon le regard d’autrui, mais bien par leurs prismes respectifs. Redéfinir son identité, passe forcément par l’étude et la connaissance de son passé et donc de soi. 
A l’OJAL, nous avons fait le choix de nous détacher de la couleur pour définir notre identité car elle renvoie encore à des idées dont nous souhaitons que notre communauté s’éloigne pour embrasser les symboles que la couleur noire renvoyait à nos Ancêtres (bien qu’ils ne se définissaient pas par celle-ci). Nous sommes Afrodescendants, car nous sommes issus d’un continent à l’histoire pluri-millénaire, qui a connu ces heures de gloire, comme d’infortune, mais dont nous sommes liés. Il est de notre responsabilité de travailler pour notre communauté, peu importe où elle se trouve car c’est unie et grâce à ses forces vives que la communauté avancera!! Ojalez-vous!
Sources : 
– une-autre-histoire.org
– F. Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française du ixe siècle au xve siècle, 9 vol, 1891-1902
– M. Pastoureau, Noir : histoire d’une couleur, Seuil, 2011
– LeMonde.fr
– C. Anta Diop, Nations nègres et culure, Présence Africaine, 1955

Affaire ADAMA TRAORE: l’impunité de la police republicaine encore et toujours maintenue

Le nouvelle est tombée: les policiers ne seront pas mis en cause dans la mort d’Adama Traoré. La dernière analyse dans l’enquête indique qu’il était déjà malade. Voici les morceaux choisis d’un article sorti sur rtl.fr sorti le 2 octobre en début de soirée:

« Selon l’expertise finale remise le 14 septembre à la juge d’instruction, « le pronostic vital était engagé de façon irréversible » avant cette interpellation, a indiqué la source proche du dossier. Les conditions de cette arrestation « ont conduit au développement d’une composante d’asphyxie mécanique associée mais celle-ci reste contingente, et ne peut être retenue comme facteur déterminant du décès », a-t-elle ajouté

Le jeune homme souffrait d’une maladie rare

Interpellé une première fois, le jeune homme avait pris la fuite. Une course poursuite « d’environ 15 min » s’est engagée sous une forte chaleur, avant qu’il ne soit retrouvé et plaqué au sol par les gendarmes.

Les quatre médecins, à qui cette expertise a été confiée le 18 janvier, ont confirmé que le jeune homme souffrait d’une « drépanocytose » (maladie génétique héréditaire de l’hémoglobine) , ce qui était déjà connu, et de sarcoïdose (maladie rare et peu connue qui touche principalement les poumons), ce qui était apparemment méconnu. Or, cette maladie l’a exposé  » à un risque d’hypoxémie d’effort », autrement dit à une diminution anormale de la quantité d’oxygène contenue dans le sang.

Cette hypoxémie initiale d’effort, le stress et l’hyperviscosité sanguine liés à l’épisode d’effort intense » ont déclenché « une crise drépanocytaire aiguë avec un syndrome thoracique », a indiqué la source. »

L’OJAL tiens particulièrement a avoir une pensée pour la soeur des Traore, Assa, à eux aussi qui ont été incarcérés et on subit une persecution juridicaire suite à cette affaire. Elle qui continue encore et toujours de scander que la Police est raciste ainsi que l’institution judicaire dans ce pays. On ne saurait mieux le dire. Elle n’est en tout cas pas seule à le penser. On pense aussi à tous ces jeunes de Beaumont que cette nouvelle ne ravira pas. Aux mamans qui voient dans ce message une mauvaise augure pour leur progeniture. Car, qu’on se le dise, ce jeune n’a été reconnu coupable de rien du tout! Il fuiyait juste des violences policières. Il ne les connaissaient que trop bien. Ce fûrent celles de trop…

Faites attention à ne pas avoir de problèmes de santé le jour où la Police viendra essayer de vous soulever lors d’un contrôle et vous maltraitera parce que vous êtes « un peu costaud » comme le dirait Macron lui-même. Honte à cette institution. On ne donne pas cher de la peau des enfants de la république racisés, peu importe comment ils s’appellent. Force a cette famille, force à tous nos jeunes afrodescendants protégés ni par leur Pays d’origine, ni par la republique Française. Force à ceux qui vont le découvrir une fois sur le territoire…

Une étude révèle que les policiers noirs sont plus susceptibles de tuer des Noirs que des officiers blancs

 

Il est question de meurtres d’hommes Noirs par la police. C’est un fait connu de tous. L’attrait de cet article c’est qu’il parle d’une étude qui prouverait que les officiers Noirs sont tout aussi criminels avec leur communauté d’origine que les blancs, voir plus encore. Voici l’article intégral traduit par nos soins:

« Une nouvelle étude montre que les policiers noirs sont tout aussi susceptibles de tuer des Noirs que des policiers blancs.


Selon Pacific Standard, l’équipe de recherche, dirigée par Charles Menifield, doyen de la faculté des affaires publiques et de l’administration de l’université Rutgers – Newark, a compilé une base de données des fusillades policières de 2014 et 2015 pour générer leurs données.

 


« Les officiers blancs ne tuent pas les suspects noirs à un taux plus élevé que les officiers non blancs », ont-ils écrit. « Le meurtre de suspects noirs est un problème de police, pas un problème de police blanche. »


Les conclusions de l’étude ne sont pas trop surprenantes, étant donné qu’un des officiers qui ont tué Stephon Clark était un homme noir, et la récente vidéo diffusée par un officier noir récemment démissionné à Baltimore frappant un homme noir visiblement sans aucune raison.


Les hommes représentaient 95,5% des personnes décédées et moins de 1% étaient sans armes.« Le pistolet aurait pu être dans la voiture, ou sur eux, mais il était là au moment où ils ont été tués », a écrit Menifield.L’équipe a également souligné que le nombre de meurtres n’était pas proportionnel à la population noire du pays.

«Alors que seulement 13% de la population américaine est noire, 28% des personnes tuées par la police sont noires», ont-ils écrit.

L’équipe affirme que les officiers de couleur sont plus susceptibles de tuer que leurs homologues blancs, mais ils croient que c’est une question de proximité.

« Nous trouvons que les policiers non blancs tuent les suspects noirs et latinos à des taux beaucoup plus élevés que les officiers blancs », ont-ils écrit. « Cela est probablement dû au fait que les policiers des minorités ont tendance à être affectés aux quartiers minoritaires. Les suspects étant issus des minorités visibles.  »

L’équipe de Menifield a conclu que le problème était institutionnel.

«Nous pensons que l’assassinat disproportionné de suspects noirs est un effet en aval du racisme institutionnalisé… dans de nombreux services de police» et que «les meurtres disproportionnés sont le résultat d’un contact policier disproportionné entre membres de la communauté afro-américaine».

Nous trouvons les conclusions de cet article plutôt légères. De notre perspective, certains hommes Noirs, quand bien même leurs freres se font buter par la police locale, décrètent qu’il ont une place aux côtés et dans les rangs de cette police. Et ils ne le font pas pour débusquer le KKK comme dans le dernier Spike Lee. La vérité c’est que ce personnage est largement rendu cool par l’interpretation du fils de Denzel Washington (donc on a beaucoup de clemence pour cet homme). 

Dans les faits: si tu rejoins les rangs de l’ennemi pour pouvoir subvenir à tes besoins et ceux de ta famille c’est qu’au départ tu as une haine de ce que tu es et de ton environnement proche. Le ghetto américain c’est pas une promenade santé c’est évident. Mais que ce passe-t-il dans la tête d’un individu qui a vu toute sa communauté combattre et resister au système de la suprématie blanche, donc aux sbires que la societe utilise pour preserver les acquis et biens des plus puissants, vouloir rejoindre les rangs de ceux qui tuent ses proches, sa famille et ses semblables? 




Il y a dans ces professions (policier, militaire) un corporatisme tel que la loi du silence domine et on risque gros à parler. Il y a aussi une impunité époustoufflante (que seuls les banquiers et le politique connaissent en occident). Il y a la garantie de l’emploi etc. Ces métiers regorgent de benefices pour des jeunes gens de toutes origines. Ils comportent aussi bien des risques, étant bien souvent en bas de l’échelle beaucoup d’Africains Américains vont se fourvoyer dans ces métiers. Ils sont envoyé directement « mater » leurs congénères  et voilà le resultat. Ils tuent des gens comme s’ils étaient tous dans Training Day toute l’année! A force ils developpent, eux comme tous leur collegues, des réflexes conditionnés lorsque la population à laquelle ils sont confronté est Afrodescendante: ils tirent! 

Il y a donc bien plus de black-on-black crime qu’on le pense si on met tous les flics Noirs dans les statistiques!!

Rajoutons à cela l’historique de la Police Américaine et ça fait vraiment froid dans le dos. Sont-ils au courant de ça ces policiers Noirs?  

A lire ici: L’origine de la police américaine

http://ojal69.blogspot.com/2016/07/les-patrouilles-desclaves-lorigine-de.html

 

 

 

 

Un article original d’Ashleigh Atwell

Traduit par la Team OJAL

Le principal conseiller de Richard Nixon a admis que « la guerre contre la drogue » était un outil politique pour s’attaquer aux manifestants anti-guerre et aux « noirs »

Nous le savions déjà, car on reconnait un arbre à ses fruits et de nombreuses enquêtes font le point sur cette guerre contre la drogue au USA. La nouveauté c’est d’avoir un accès au témoignage d’un ancien du cabinet de Nixon:  John Ehrlichman; dont les propos ont été publié dans une interview l’anée dernière. Voici l’article en question, proposé pour vous par la team OJAL:

La «guerre contre la drogue» était en fait un outil politique pour écraser les manifestants de gauche et les noirs, un ancien conseiller de la Maison-Blanche Nixon admis dans une interview publiée il y a plusieurs décennies, publiée mardi.John Ehrlichman, qui a servi comme chef de la politique intérieure du président Richard Nixon, a dévoilé l’utilisation sinistre de la politique controversée de son patron dans une interview de 1994 avec le journaliste Dan Baum que l’auteur a revisitée dans un nouvel article.
« Vous voulez savoir de quoi il s’agissait vraiment », a déclaré Ehrlichman, décédé en 1999, après que Baum l’eut interrogé sur les politiques anti-drogues de Nixon.« La campagne de Nixon en 1968, et la Maison Blanche de Nixon par la suite, avaient deux ennemis: la gauche anti-guerre et les Noirs. Vous comprenez ce que je dis, « continua Ehrlichman.«Nous savions que nous ne pouvions pas rendre illégal d’être contre la guerre ou contre les Noirs, mais en faisant en sorte que le public associe les hippies à la marijuana et aux Noirs avec de l’héroïne, nous risquions de perturber ces communautés. Nous pouvions arrêter leurs dirigeants, attaquer leurs maisons, briser leurs réunions et les dénigrer nuit après nuit dans les nouvelles du soir. Savions-nous que nous mentons à propos des drogues? Bien sûr que nous l’avons fait. « 

John D. Ehrlichman (l.), a top adviser to former President Richard Nixon (r.) is seen here in a 1972 photo. Ehrlichman, who died in 1999, admitted that the administration’s "War on Drugs" was actually a ploy to target left-wing protesters and African-Americans.
John D. Ehrlichman (à g.), Un des meilleurs conseillers de l’ancien président Richard Nixon (à droite) est vu ici dans une photo de 1972

Ehrlichman a purgé 18 mois de prison après avoir été reconnu coupable de conspiration et de parjure pour son rôle dans le scandale du Watergate qui a renversé son patron.Le Révérend Al Sharpton a déclaré que les commentaires d’Ehrlichman prouvaient ce que les Noirs avaient cru pendant des décennies.« C’est une confirmation effrayante de ce que beaucoup d’entre nous disent depuis des années. Que c’était une tentative réelle du gouvernement pour diaboliser et criminaliser une race de gens « , a déclaré Sharpton au Daily News. « Et quand nous soulevions les questions sur ce ciblage, nous étions accusés de toutes sortes de choses, d’abriter la criminalité d’être non-américain et d’essayer de politiser une préoccupation légitime. »

En 1971, Nixon a étiqueté l’abus de drogue «Public Enemy No. 1» et a signé la Loi sur la prévention et le contrôle complets de l’abus des drogues, mettant en place plusieurs nouvelles lois réprimant les consommateurs de drogues. Il a également créé la Drug Enforcement Administration.

En 1973, environ 300 000 personnes étaient arrêtées chaque année en vertu de la loi – la majorité d’entre elles étaient afro-américaines.

La guerre contre la drogue a été poursuivie sous diverses formes par tous les présidents depuis, y compris le président Ronald Reagan, dont la femme Nancy a appelé les gens à «dire non».

Les commentaires d’Ehrlichman, âgés de 22 ans, ont refait surface mardi après que Baum ait écrit à leur sujet dans un article de couverture du numéro d’avril de Harper, intitulé «Legalize It All», dans lequel il plaide en faveur de la légalisation des drogues dures.

L’interview originale de 1994 avec Ehrlichman faisait partie des recherches de Baum pour son livre de 1997, «Fumée et miroirs: la guerre contre la drogue et la politique de l’échec», dans lequel Baum a mis au jour des décennies de politique antidrogue infructueuse.

Mais les citations ne sont jamais apparues dans le livre.

NYPD arrests a member of the Black Panthers for refusing to clear a sidewalk during a demonstration.
 

Le NYPD arrête un membre des Black Panthers pour avoir refusé de dégager un trottoir lors d’une manifestation. (Steve Starr / AP)
 
 

   (…) L’interview choquante avec Ehrlichman a plus tard fait surface dans un recueil de 2012 « des histoires sauvages, poignantes, qui changent la vie » de divers auteurs intitulé « The Moment », mais les citations ont reçu peu d’attention des médias.Beaucoup de politiciens ont supposé qu’Ehrlichman, qui allait mourir cinq ans plus tard, a fait les révélations brutales parce qu’il était en colère. Nixon ne lui a jamais pardonné ses offenses liées au Watergate.Sharpton a déclaré que les dommages causés par la guerre contre les politiques cruelles de la drogue ont condamné des générations de Noirs.« Pensez à toutes les vies et à toutes les familles qui ont été ruinées et absolument dévastées uniquement parce qu’elles ont été prises dans un filet racial par les plus hautes sphères du gouvernement. »

Traduit par la Team OJAL

Un nouveau rapport se penche sur l’incarcération de masse des femmesaux USA. En tout, 60% des femmes détenues en prison n’ont pas été reconnues coupables d’un crime.

Alors que le Sénat Américain envisage une réforme bipartisane, un nouveau rapport de l’Initiative sur les politiques pénitentiaires (IPP) examine comment les lois actuelles influent sur les femmes dans le système de justice pénale pour découvrir comment elles peuvent être incluses dans les efforts visant à mettre fin à l’incarcération de masse.

 Chainlink fence

«L’incarcération de masse des femmes: The Whole Pie 2017» décompose les circonstances ayant un impact sur les 219 000 femmes incarcérées aux États-Unis pour ce que PPI appelle la première grande analyse de cette population. L’organisation s’est associée à la Campagne pour une justice intelligente de l’ACLU pour voir où les femmes sont logées et ce qui les a amenées là-bas.

 Principaux points à retenir du rapport, publié hier (19 octobre):

  •      Ces 219 000 personnes ne représentent que 16% de l’ensemble des femmes et des filles qui font partie du système de justice pénale. Les 84% restants sont en probation (75%) et en libération conditionnelle (9%).

     

  •      Il y a 4 600 filles incarcérées.

     

  •      Sur les 96 000 détenus, 58 000 (60%) attendent simplement leur procès. Beaucoup d’entre eux ne peuvent pas se permettre une mise en liberté sous caution. Le revenu médian annuel pour les femmes qui ne peuvent pas être libérées sous caution est de 11 071 $. Ce nombre tombe à 9 083 $ pour les femmes noires. 
  •  80% des femmes en maisons d’arrêts sont des mères


Au total, 3 700 de ces femmes et filles se trouvent dans des centres de rétention pour immigrants.

     Les femmes dans les maisons d’arrêts sont plus susceptibles d’éprouver de la détresse psychologique et souffrent plus de problèmes de santé mentale que les femmes logées dans les prisons et les hommes qui sont incarcérés dans les maisons d’arrêt et les prisons.  

Le rapport ne divise pas les statistiques par race ou origine ethnique, car les chercheurs ont déclaré que les données n’existaient pas. Mais ils notent que «les femmes incarcérées sont 53% Blancs, 28,6% Noirs, 14,2% Hispaniques, 2,5% Indiens d’Amérique et d’Alaska, 0,9% Asiatiques et 0,4% Hawaïens et des Océaniens». Ces chiffres montrent que les personnes noires et latines sont touchées de manière disproportionnée par les politiques actuelles (par rapport à leur proportion sur la population nationale NDLR).

source: https://www.prisonpolicy.org/reports/pie2017women.html