Nos vies comptent. Elles comptent, mais que pour nous-mêmes. Voilà pourquoi on se sent obligés de manifester et d’opposer nos corps devant la main armée du gouvernement à chaque bavure majeure des forces « de l’ordre » ou d’un groupuscule quelconque. Nos vies comptent, nos corps sont dignes de respect, nos âmes ne sont pas damnées. Enfin pas officiellement. Mais officieusement la Suprématie Blanche nous oppose une fin de non recevoir. Lorsqu’on se présente aux commémorations le bras armé du gouvernement nous arrache à notre Histoire. C’est une preuve manifeste de la non-valeur de nos êtres, comme il en fut le cas pour certains de nos ancêtres déportés, colonisés, soumis et réduits au statut de bien meuble.

Si nos vie comptent, alors pourquoi est-ce qu’a chaque fois qu’on tue l’un des nôtres il ne se passe guère plus qu’une pétition ou manifestation ? Au pire des cas on va voir un gourou qui nous expliquera que la salut n’est pas de ce bas monde.

Si l’Etat colonialiste d’Israël tue quinze palestiniens pour chaque Israélien tué, et ce en toute impunité, c’est que les vies Palestiniennes ne comptent pas. En tout cas pas pour « La communauté Internationale ». Rappelons qu’en France le boycott d’Israël est illégal et que le soutien-indirect certes mais soutien quand même- a son armée est déductible des impôts ! La vie des uns ne vaut pas la vie des autres. Maintenant certains l’ont compris parmi les concernés directs : c’est-à-dire les musulmans qui s’organisent en faveur de la Palestine. Parmi eux se trouve l’association Baraka City par exemple, qui revendique plusieurs millions d’euros de budget, avec les polémiques et autres bâtons dans les roues qu’on a vu. Pour cette organisation la revalorisation des vies des membres de la communauté musulmane vaut la peine de se rassembler pour contre carrer ce qui se dévoile très rapidement comme une pure injustice envers un peuple composé de musulmans. Récemment nos luttes se sont croisées lorsque Moussa, un afrodescendant musulman, s’est retrouvé emprisonné sous des prétextes fallacieux par des génocidaires qu’il venait déoncer. Ils se sont organisés et ont obtenu sa libération. Du concret. Une vie qui compte. 



L’année 2015 a été pleine de rebondissement concernant la Cause : une « crise migratoire » consécutive des actions va-t-en guerre et de la voracité des gouvernements occidentaux, des dizaines et des dizaines de morts d’hommes et de femmes Noires par les balles de la police, des manifestations du KKK, des hommes politiques qui font des campagnes ouvertement xénophobe, encore et toujours « l’affaire Dieudonné », l’Humour douteux des Charlie, une garde des sceaux Française chahutée, qui finira par démissionner en 2016 etc. Tout le monde a pu voir et apprécier les différentes situations dans lesquelles les populations afrodescendantes se sont vues indexées, priées de prendre position, présumées coupables et, enfin, tuées. Tuées par la peur des officiers blancs qui ne voient en nos jeunes que des bandits, mais qui ne tireront jamais une seule balle, même « à blanc » sur les dirigeants des Goldman Sachs ou autres qui mettent au chômage leurs femmes et enfants. Ils ne peuvent pas s’attaquer aux vrais « méchants » alors ils se lâchent sur des proies faciles parce que désespérées : la jeunesse Afro aux Etats-Unis. En France d’une manière moins définitives par le fichage et le contrôle au faciès. 


Pour les gouvernements et tous leurs laquais (très nombreux) nos vies ne valent pas mieux que ceux d’animaux. Quand nous nous retrouvons en masse quelque part et désœuvrés ils appellent cela une « jungle ». Les derniers Zoo humains ne sont pas loin. Leur participants, au moins, venaient sur le territoire d’une manière sécurisée. Nous ne valons pas plus que ce que nous nous prêtons à nous-mêmes comme valeur. Avant la définition d’autrui il faut voir comment nous nous considérons nous-mêmes entre nous. Si les Américains sont tous « Africains Américains » et se sentent tous unis dans leur destin, nous autres en Europe nous considérons encore « Camerounais, Guinéen, Comorien etc ». Ce qui atomise nos combats : car chacun voit midi à sa porte et restreint donc son combat dans une enclave décidée et dessinée par l’oppresseur d’antan. Ce qui aboutit en définitive à ce qui se déroule sur le continent : l’impunité de nos bourreaux ! On laisse mourir un Sankara, et on laisse un traitre protéger son présumé assassin et ancien président (sur les terres de « son » territoire colonisé dans lequel il sert de préfet à la France) lorsque sa population a réussit à faire valoir les vies de ceux qui la composent par un grand coup de balet. Au prix de certaines d’entre elles hélas. 



Nos vies ne comptent pas. Elles ne compteront pas tant que nous ne comprendront pas la nécessité d’une organisation puissante, représentative de nos valeurs et de nos populations, ambitieuse et souverainiste. En effet nos vies ne compteront jamais si nos terres sont bradées, nos monnaies dévaluées voir inexistantes, nos faunes et flores polluées, nos territoires déboisés, nos sous-sols pillés.

Nos vies sont les conséquences des vies de nos ancêtres. La plupart d’entre eux qui ont vécu ces cinq derniers siècles ont eu affaire à des situations où ils n’étaient pas les mieux vu, estimés, traités parmi les différents peuples qui composent l’Humanité. S’ensuit un long chemin sur lequel certains finiront par nous dire que nous l’avons peut-être bien cherché. Ce processus d’intériorisation de nos échecs à défendre nos territoires et nos populations a fait énormément de dégâts dans nos psychés, et dans nos corps. En effet l’impuissance des hommes qui composent nos sociétés se matérialise souvent par la prise excessive de produits destinés à soulager les corps et les esprits desdits hommes. Qui ne se sentent plus la force, souvent, de questionner leur condition. Alors les drogues aidant nous nous anesthésions jour après jour et un jour la goutte de trop fait que l’ont va prendre une arme comme Coulibaly, en choisissant une cause qui nous permette au moins le salut, voir le Paradis si possible.  Ou bien nous remplaçons ces produits par ce qui permet souvent de les consommer : l’argent. 


Qui ne connaît pas un membre de la communauté qui flambe sans cesse, se vante de son aisance et de ses biens matériels ? Quand bien même il reste colonisé et qu’il risque la même balle de la part de l’officier de police qu’un quelconque délinquant notoire. Sans compter que More Money More Problems, lequels d’entre nous seront dans leur vie plus riches de Khadafi ? Il est mort comme un vulgaire dealer. D’ailleurs vous remarquerez que les Américains lui ont témoigné moins de respect qu’a El Chapo. Même Ben Laden a été moins humilié, s’il est vraiment mort. Si ce n’est l’argent certains veulent le pouvoir. Ils finissent comme Rama Yade. Ou bien comme les flics Noirs en civil qui se font malmener par leurs collègues, jusqu’à ce qu’ils’en rendent compte. L’avantage qu’on ceux qui pensent au pouvoir ou à l’argent est quand même l’organisation et la formation. Ces choses ne se perdent pas et l’expérience accumulée est toujours bénéfique à d’autres. A moins de transformer cet argent en projets qui vont dans le sens du bien commun, il n’est que de la poudre aux yeux qui provoque envie, tensions, rivalités, conflits au sein de notre communauté.

Diddy qui est en voie d’ouvrir une école dans le quartier mythique d’Harlem


Tout ceci pour dire que tous nos espoirs pour recouvrir la santé d’un être humain « normal » et son espérance de vie, il nous faut une chose primordiale : l’organisation politique ! Eh oui on n’a toujours rien fait de mieux depuis le Burkina de Sankara, le Congo de Lumumba, l’Azania de Steve Biko, Les Etats-Unis des Black Panthers. La preuve en est qu’on les a, pour la plupart, éliminé sans le moindre procès. Car ils disaient simplement la vérité, que nous relayons aujourd’hui encore sous la forme de nos cinq valeurs fondatrices : Unité, Autodétermination, Coopération Économique, Solidarité et Responsabilité Communautaire, Rapatriement. Ce sont les axes qui nous semblent primordiaux à travailler pour revaloriser nos vies, nos communautés, notre Nation, afin de recréer les conditions de notre prospérité sur le Continent qui a vu naître nos ancêtres, pour notre descendance. Dans les conditions qui sont les nôtres, militer c’est avant tout insuffler chez autrui la pleine conscience de sa propre humanité. C’est ce que nous avons de plus précieux, protégeons nos vies et notre Dignité d’hommes et de femmes. Faites comme nous : Ojalez-vous !!

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