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Les Afrodescendants fondateurs de Chicago, Los Angeles et New-York

Pour beaucoup cela peut sembler incroyable, et pourtant à l’origine des plus grandes villes américaines, il y a bien des hommes et femmes d’origine africaine.

 

 


Évidemment, il faut se rappeler que le pays tout entier trouve son origine sur l’extermination des autochtones d’Amérique ainsi que de l’esclavage des Africains, ainsi les batîments, les routes, les ponts et la plupart des infrastructures du « Nouveau-Monde » furent construites par les esclaves. Mais il ne s’agit pas que de ça : des hommes libres également furent à l’origine des fondations des grandes villes américaines; Lisez plutôt :

 

JEAN-BAPTISTE POINTE DU SABLE (1745-1818) fondateur de Chicago
 
 


Jean-Baptiste Pointe du Sable est un Haïtien, afro-descendant, fils d’esclave, né vers 1745 à Saint-Marc, dans la partie française de l’île de Saint-Domingue  qui deviendra plus tard la République d’Haïti. Amené en France par son père, il repart pour la Nouvelle-Orléans en 1765. Remontant le Mississipi, il s’installe dans l’actuel Illinois et se marie avec une Amérindienne.

En 1779, il construit la première maison de ce qui devait devenir la ville de Chicago et il y établit un commerce pour les trappeurs et les Amérindiens. Compte tenu de ses origines africaines, Pointe du Sable n’a été reconnu qu’en 1968 comme le fondateur de la ville de Chicago.

 
 
 
Los Pobladores (1781), les fondateurs de Los Angeles
 
 
Alors que la Californie est encore un territoire espagnol au 18ème siècle le gouverneur du Mexique Felipe de Neve mandate des mercenaires pour surveiller et renfrocer la frontière nord du territoire. Parmi ceux-là, un groupe essentiellement composé d’Afromexicains, de métis et d’Amérindiens vont fonder une ville qu’ils appelèrent El Pueblo de Nuestra Señora Reina de los Ángeles de la Porciúncula, « Le village de Notre Dame Reine des Anges de la Portioncule » mais qui deviendra plus tard Los Angeles. Puis en 1821, le territoire passa sous contrôle du pays nouvellement devenu indépendant, le Mexique. Ce n’est qu’en 1846, que les colons américains  occupa le territoire et déclara l’indépendance de l’état de Californie et son ralliement aux Etats-Unis l’année suivante. Ce n’est qu’en 1850 avec 1734 habitants que Los Angeles devint officiellement une ville. 
 
 
 
 
 
New-York : Du Seneca Village à Wall Street et l’esclavage
 
La colonie de la Nouvelle-Amsterdam en 1664 deviendra rapidement la grande ville de New-York
 
 
Est-il encore utile de rappeler que la ville de New-York (d’abord la colonie de la Nouvelle-Amsterdam), à l’image des Etats-Unis d’Amérique, a été fondé par les colons européens (néerlandais d’abord) autour de 1624 mais qu’elle a été construite très largement par les esclaves que les Blancs allaient razzier en Afrique. 
 
C’est en 1664, que la ville prit le nom de New-York en l’honneur de Jacques, le duc d’York et frère du roi. Celui-ci bien qu’il avait planifiait qu’elle ne mesure pas plus de 500 mètres de longueur depuis son extrémité sud jusqu’à la palissade, située à l’emplacement de l’actuelle Wall Street (Jenkins, 1911, 9). En 1664, elle comptait 350 maisons pour 1 800 habitants dont 800 esclaves. Mais très vite, victime de son succès, l’esclavage des Africains de New-York devint tellement important et lucratif que la ville se développa à une vitesse folle. 
 
 
La ville de New-York en 1848
 
 

Ce sont d’ailleurs ces Africains qui bâtirent les fortifications qui donnèrent son nom à Wall Street (la rue du mur en français), afin de protéger la cité des raids amérindiens spoliés de leur terre par la colonisation. c’est le 13 Décembre 1711, que les autorités New Yorkaise firent de ce qui allait devenir la plus importante place financière du monde, le premier marché aux esclaves officiel de la ville, lieux sinistre où l’on pouvait acheter, vendre ou louer Africains et Amérindiens asservis. En imposant l’achat et la vente d’esclaves, la ville tira directement profit de ce vil commerce qui devint rapidement le soubassement de l’économie locale.

 


C’est donc tout naturellement que New York, grâce à l’esclavage, se hissa au rang de capital de l’économie mondiale. En effet la ville qui comptait le plus grand nombre d’esclave du Nord de l’Amérique était devenue, au cours des XVII° et XVIII° siècles, une des plaques tournante de la traite négrière transatlantique. D’ailleurs, d’illustres sociétés ayant « pignon sur rue » à Wall Street, telles que la Wachovia Bank Of North Carolina, la tristement célèbre J.P. Morgan Chase, la Bank Of America, la Royal Bank Of Scotland, ou encore Lehman brothers qui fit faillite en 2008 à la suite à la crise des subprimes, ont tiré parti de manière substantielle du commerce d’esclaves. Au mépris du respect élémentaire de la vie humaine ces banques et assurances accordaient régulièrement aux esclavagistes des prêts et ne revoyaient rien à dire au fait d’accepter les esclaves comme garantie de paiement. De ce fait, il était courant que ces institutions financières, en cas de non remboursement, deviennent elles-mêmes propriétaires d’esclaves. Certaines compagnies d’assurance proposaient même d’assurer et de rembourser les « cargaisons » d’esclaves africains en cas de « perte », notamment lors de la traversée du « Passage du Milieu ». 

 
Connaissez-vous l’histoire du Seneca Village qui a été détruit pour agrandir la ville de New-York et créer Central Park? 
 
 
 
Le village de Seneca était un village majoritairement afro-américain s’étendant entre 82e et 87e rues le long de ce qui est maintenant le bord occidental de Central Park. Il avait été fondé  en 1825 par des Afrodescendants libres et qui cherchaient du terrain pour produire des produits agricoles en pleine période d’esclavage.
Le village a été détruit en 1857 et les gens ont été forcés de déménager pour la création de Central Park.
Au cours des années 1850, les personnes noires du village de Seneca étaient 39 fois plus susceptibles de posséder des biens que leurs homologues de la ville, c’était donc un endroit privilégié pour la communauté afroaméricaine de la région, mais en contrepartie de leur départ la communauté afro de Seneca ne reçut de la ville de New-York qu’à peine la moitié de la valeur des biens et terrains des anciens propriétaires… 
 
 
 
Sources : 
– DailyMail.co.uk
– Transatlantica.revues.org
– Nofi.fr
– Neatorama.com
 
Team OJAL
 

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