Archives des #Presence Noire dans le monde - Elimu

Haïti, première république noire?

Il existe souvent dans nos vies, des phrases que nous répétons avec certitudes, qui apparaissent comme des évidences et qui ne sont jamais remis en question, bien qu’elle soient entièrement ou partiellement fausses. Il est courant d’entendre, lorsqu’on parle d’Haïti, qu’elle est la « première république noire », mais est-ce vrai? Elimu vous propose de venir interroger l’histoire panafricaine, en parcourant l’Ancien et le Nouveau Monde sur plus de 1000 ans d’histoire, à travers 3 faits historiques.

I. Carthage, la république africaine de l’Antiquité

Non seulement, Carthage est la première république noire, mais elle est aussi tout simplement la première république de l’histoire de l’humanité! Le témoignage de Aristote est éloquent, dans son livre La Politique, il décrit la gestion de l’état carthaginois de la sorte :

« Carthage jouit d’une Constitution plus complète que celle des autres États . Les Carthaginois […] possèdent des institutions excellentes; et ce qui prouve bien toute la sagesse de leur Constitution, c’est que, malgré la part de pouvoir qu’elle accorde au peuple, on n’a jamais vu à Carthage de changement de gouvernement, et qu’elle n’a eu, chose remarquable, ni émeute, ni tyran »

Rappelons, que cette citation date du 6ème siècle av. J.C! A une époque où Rome venait tout juste de découvrir le concept de république (on date la plus ancienne république romaine à 509 av. J.C). Concept qu’elle a d’ailleurs emprunté aux Carthaginois qui le pratique depuis le 9ème siècle, époque de la fondation de Carthage.

République noire évidemment puisque Carthage est une ancienne colonie phénicienne, or les Phéniciens sont tout aussi noirs que les Égyptiens ou les Arabes originaux. Nous vous invitons à relire nos articles sur le sujet, si vous en doutez encore. En disant d’Haïti qu’elle est la PREMIERE république noire, c’est nier l’africanité et la négritude de Carthage.

Vous connaissez sans doute, le général Hannibal, noir qui fit trembler Rome durant le 3ème siècle av. J.C.

II. Dessalines, Henri 1er, Faustin 1er  et les dynasties haïtiennes

Drapeau d’Haïti sous l’Empire (1804-1806)

Héros de la révolution haïtienne, Jean-Jacques Dessalines est pourtant beaucoup moins connu que Toussaint Louverture. Sûrement que son côté bien plus radical que Louverture, lui vaudra les foudres des historiens français et américain … Dans sa déclaration d’indépendance, il déclarera :

« […] Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intentions d’assurer à jamais aux indigènes d’Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu’il a fait à un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d’une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île ; et, après avoir recueilli les avis, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance. »

Bien que république, durant les premiers mois de son existence, l’état indépendant d’Haïti deviendra très vite un empire, avec la dynastie des Dessalines, puis un royaume avec le roi Henri 1er. Un second empire verra le jour, avec Faustin 1er en 1849.

Drapeau du royaume d’Haïti (1811-1820)

 

Drapeau d’Haïti sous le Second Empire (1849-1859)

Haïti, durant ses premières années, connu des empereurs et des rois, qui firent bon gré mal gré la gloire de l’histoire haïtienne.

 

III. Palmares, premier état noir indépendant du Nouveau-Monde

Peu de gens le savent, mais un état noir indépendant avait déjà existé en Amérique coloniale, avant la cérémonie du Bois-Caïman et la révolution haïtienne : un siècle auparavant des Africains en fuite avait fondé en 1605, le quilombo dos Palmarès dans le nord-est du Brésil.

Les quilombo sont des regroupement d’anciens esclaves en fuites dans le Brésil colonial. Le plus grand et celui qui a duré le plus longtemps fut celui de Palmarès, dans une partie du Brésil colonisée par la Hollande, le Pernambuco, il réussit pendant plus d’un siècle à tenir en échec les expéditions militaires hollandaises et portugaises, constituant ainsi la révolte d’esclaves la plus longue de l’histoire.

 

 

 

Reconstitution d’un mocambo : 1 – Entrée. 2 – Pièges/Trappes. 3 – Centre des Cultes. 4 – Terres Agricoles. 5 et 7 – Habitations. 6 – Centre Communautaire.

A son apogée, le quilombo comptait plus de 30 000 habitants et était constitué de plusieurs villages (au moins 9 connus), les mocambo sur 600 000 kilomètres carrés en 1630 (la taille de la France!). Palmarès était gouverné par des afrodescendants libres à partir d’une cité-capitale Cerra dos Macacos, ce qui était du domaine de l’impensable en pleine période coloniale et esclavagiste. Le quilombo était organisé sur un modèle de village africain ou indien, c’est à dire avec un chef et un conseil, les habitants participaient aux assemblées et tous les travaux étaient réalisés en communauté (construction, agriculture…). A Palmarès, cette organisation incluait aussi la stratégie de guerre et de défense. Le quilombo était dirigé par des rois dont deux restent célèbres. Leur noms semblent indiquer une origine au Kongo/Angola, Ganga Zumba  mais surtout Zumbi.

Zumbi de Palmarès, le leader des afrodescendants

Entendons-nous bien, il ne s’agit absolument pas de minimiser la révolution haïtienne, bien au contraire! Nous proposons de mettre cette fabuleuse aventure de liberté des Africains de Saint-Domingues en relation aux autres révoltes du Nouveau-Monde et de l’histoire politique des Africains de l’Antiquité. Comme quoi, on en apprend tous les jours …

Un article original Elimu

Fat Joe : « Tous les Latinos sont des Noirs »

 

Fat Joe est un ancien de le « game« . Figure montante depuis les années 80, et emblème pour les Latino-américains pendant des décennies. Utilisant lui-même un canal entre le Merengue et le boom-bap de la scène émergente du hip-hop. Ce n’était donc pas une surprise quand il s’arrêta à Hot 97 (une chaîne de radio américaine) et balança de sérieuses connaissance au sujet de l’expérience et du patrimoine uniques de l’Afrique, partagés par les Noirs et métis.

« Toute la musique est africaine: musique brésilienne, musique dominicaine, tambours espagnols. Toute la musique c’est la musique africaine. Et ous découvrez l’Afrobeat maintenant… J’ai été en Afrique. Ce sont eux qui font ça. »

« Même à Porto Rico quand vous allez dans les Caraïbes … parlons des Latinos qui ne se disent pas Noirs », a déclaré Joe.

“Les Latinos sont Noirs. À Cuba, il y avait à une époque huit millions de Cubains. Cinq millions, malheureusement, étaient des esclaves. Trois millions de personnes étaient de véritables Cubains. Ils se sont mélangés et ont eu des bébés. Même chose avec Porto Rico quand vous allez à Loíza. Et quand vous parlez de Santeria, cela vient de l’Afrique, la Terre-Mère. Parfois, les Latinos peuvent même s’identifier à la culture africaine et noire plus que les Noirs américains. Ce n’est pas étonnant. Fat Joe n’est pas fou, il sait de quoi il parle. »

Source : TheSource

Traduit par la Team Elimu

Les Afrodescendants Arabes: les Arabes Noirs

Les arabes Noirs

 
Le concept « d’Arabe noir » peut être déroutant pour beaucoup d’entre nous habitué aux Arabes modernes. Cependant, toutes les utilisations du mot « arabe » avant la montée de l’Islam au 7ème siècle se réfèrent spécifiquement à des personnes appartenant au groupe ethnique des Bédouins. A partir de là des gens sans origines bédouines commencèrent à utiliser le terme « Arabes » pour se définir.

 

Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de groupes ethniques « d’Arabes noirs », comme les Touaregs et les Nubiens d’Afrique du Nord ou les Mahra d’Arabie du Sud, qui sont toujours là, et dont la présence au « Moyen-Orient » est antérieure à la venue des peaux pâles asiatiques. Les Arabes d’aujourd’hui sont un mélange de ces groupes, avec ceux à la peau plus sombre peau typiquement discriminés et opprimés, comme tous les peuples les plus sombres du monde.

 

 

Ibn Mandour, auteur du 13ème siècle, écrit dans son lexique arabe bien connu Lisan Al Arab, (Al Fadl Ibn Al Abbas), « Je suis pur parce que la couleur des Arabes est sombre ». Mandour décrit en outre les Arabes purs en disant, « le cheveu raide est le genre de cheveu que la plupart des Perses non-arabes et des Romains ont tandis que les cheveux crépus est le type de cheveux que la plupart des Arabes ont ».

 

 

 

Jetez un œil à quelques visages noirs d’Arabie ci-dessous:

 

 

 

« Who’s Black? » Panorama interdit des peuples noirs du monde

Afrique, Asie, Amérique, Océanie : Qui est Noir?

 

 


Il est étonnant parfois d’entendre que tout ceux qui sont « Noirs » viennent forcément d’Afrique. Alors, oui certes, l’humanité toute entière vient d’Afrique me direz vous, mais lorsqu’on parle de « Noirs », pourquoi les peuples noirs d’Inde, d’Océanie, d’Amérique …etc ne sont-ils pas inclus? A vrai dire, le terme « Noir » utilisé pour décrire des individus vient bien souvent de l’idéologie racialiste qui a pris naissance dans l’Europe de la fin-Renaissance (XVIe et XVIIème siècle), pour légitimer l’agression de l’Europe sur l’Afrique : le « Yovodah ». Mais, partout sur Terre on trouve des peuples à peaux sombres, des mélanodermes, même si certains n’existe plus que de mémoire et dans les archives historiques. Voici, une série imagée de zones où l’on peut encore trouver des peuples « Noirs » : 

L’Inde
Comme vous le savez peut-être quand les humains ont quitté l’Afrique, l’Inde a été l’un des premiers endroits où ils sont venus s’installer. Avec la deuxième plus grande population du monde, et un pourcentage important de ces personnes ayant un héritage africain, certains chercheurs disent que l’Inde a aujourd’hui la plus grande population noire au monde.
 
Les Sud-Indiens ancestraux qui habitaient à l’origine une grande partie du sous-continent il y a 20 000 à 30 000 ans ressemble encore à leurs ancêtres d’Afrique. La preuve en est la côte est de l’Inde, sur les îles Andaman et Nicobar. Les îles Andaman se trouvent au milieu de la baie du Bengale, à l’est de l’Inde.
 
Après les invasions de l’Inde par des Eurasiens à la peau plus claire, les Indiens, en particulier dans le nord, sont devenus un peuple métissé, parmi lesquels les « Intouchables » ont été réduit à une vie de servitude et de dégradation par le sytème de caste hindoue. Cependant, malgré des milliers d’années de meurtres et de métissage, certains des Noirs d’origine ont survécu dans des poches autour de l’Inde et des îles voisines.
 
Un autre groupe africain, les Siddis, un groupe ethnique vivant en Inde et au Pakistan, a été introduit dans le sous-continent indien, au début du 7ème siècle, à la suite de la traite negrière orientale par les marchands d’esclaves perses, arabes et portugais.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Australie/Océanie/Pacifique
À l’heure actuelle, il est évident que l’Afrique n’est pas le seul endroit sur terre où vivent des Noirs. L’Australie et les îles d’Océanie ont aussi des Noirs autochtones qui peuplaient la région. L’Océanie est une vaste région du monde qui comprend des milliers d’îles du Pacifique, notamment la Polynésie, la Micronésie et la Mélanésie.
 
La première migration hors d’Afrique, vers 60 000 avant notre ère, a vu les Noirs avec les cheveux raides, en prenant une route le long de la côte de l’Asie, puis « île en île » à travers l’océan Indien en Nouvelle-Guinée autour de 50 000 en Colombie-Britannique, en continuant l’expansion vers le sud en L’Australie et la Tasmanie autour de 40 000 av.
 
On pense que les peuples austronésiens ancestraux sont arrivés beaucoup plus tard, il y a environ 3500 ans, dans le cadre d’une migration maritime progressive en provenance d’Asie du Sud-Est, probablement originaire de Taiwan. Ces peuples de langue austronésienne ont varié de la couleur de la peau du clair au foncé. Certains se sont mélangés avec les aborigènes noirs parlant la langue papoue pour donner naissance au peuple mélanésien qui s’est propagé plus tard vers l’est jusqu’aux îles Fidji et même à Hawaï.
 
Bien que leur nombre ait diminué en raison du croisement et de l’extermination par divers Asiatiques et envahisseurs européens, une importante population noire existe toujours en Océanie. Sans surprise … ils ne sont pas classé comme « Noirs ».
 
Regardez quelques photos de cette partie du monde :
 



L’Arabie
Le terme d »Arabe noir » peut être un concept déroutant pour beaucoup de gens en Occident, où les Arabes sont classés comme des personnes de race blanche. Cependant, toutes les utilisations du mot «arabe» avant la montée de l’Islam au 7ème siècle se réfèrent spécifiquement aux personnes appartenant au groupe ethnique bédouin. Après cela, des gens sans héritage bédouin ont commencé à se désigner comme des Arabes.
 
Aujourd’hui, il existe encore de nombreux groupes ethniques «noirs arabes», tels que les Touaregs et les Nubiens d’Afrique du Nord au Mahra de l’Arabie du Sud, qui existent encore et dont la présence dans le «Moyen-Orient» est antérieure à la venue du Asiatiques à peau pâle. Les Arabes d’aujourd’hui sont un mélange de ces peuplades « blanches » et de ceux à peau sombre souvent au prix de discrimination et à l’oppression systématiques à l’encontre des peuples « noirs ».
 
Ibn Mandour, du 13ème siècle, écrit dans son célèbre lexique arabe Lisan Al Arab, « Je suis pur « parce que la couleur des Arabes est sombre ». Mandour décrit plus loin les Arabes purs en disant, « Les cheveux de Lank sont le genre de cheveux que la plupart des Persans non-Arabes et des Romains ont tandis que les cheveux crépus sont le genre de cheveux que la plupart des Arabes ont. »
 

 

Jetez un oeil à certains des visages noirs d’Arabes d’Afrique et d’Arabie ci-dessous:

 

 










Asie du Sud-Est

Les Noirs, surnommés « les Negritos », sont considérés comme les premiers habitants de l’Asie du Sud-Est, vestiges des premières populations issues de la migration hors d’Afrique. Le terme se réfère aux populations actuelles qui comprennent 12 peuples andamançais des îles Andaman, six peuples Semang de Malaisie, les Mani de Thaïlande, ainsi que les Aeta, Agta, Ati et 30 autres peuples des Philippines.

 
On pense qu’ils sont les descendants des populations négroïdes indigènes de la masse continentale de la Sonde et de la Nouvelle-Guinée, antérieurs aux peuples austronésiens qui sont ensuite entrés en Asie du Sud-Est.
 
D’un point de vue génétique, ces personnes sont parmi les êtres humains les plus éloignés des Africains noirs sur terre, et la plupart d’entre elles sont liées aux Asiatiques du Sud-Est. Certaines personnes tentent d’utiliser ce fait pour les retirer de la race noire, cependant; une conclusion plus raisonnable le reconnaît comme un témoignage du large éventail de la diversité parmi les peuples noirs du monde. Voyez plutôt : 
 

 

Amérique Latine
 

Selon des estimations très modérées, entre 1502 et 1866, 11,2 millions d’Africains ont survécu au Passage du Milieu et ont été forcés à la servitude des navires négriers jusque dans les Amériques. Sur ces 11,2 millions, seulement 450 000 sont arrivés aux États-Unis. Le reste des Africains qui ont survécu au voyage ont été emmenés dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Amérique du Sud. La grande majorité d’entre eux ont été amenés au Brésil, en conséquence, le pays a l’une des plus grandes populations de descendants d’africains en dehors de l’Afrique, deuxième après l’Inde.

Aujourd’hui, de nombreux Noirs d’Amérique latine revendiquent fièrement leur identité africaine et se battent pour ne plus être invisibles dans les pays où ils vivent actuellement. Ils combattent leur oppression et leur marginalisation, en remarquant que leur culture était absorbée par la vie latino-américaine dominante, à de nombreuses reprises sans en attribuer le mérite à ses véritables origines.

La population totale des Amériques est d’environ 910 720 588 personnes. L’addition de la population noire aux États-Unis, Canada, Mexique, Amérique centrale, Caraïbes et Amérique du Sud totaliserait environ 183 708 067 ou 20,2% de la population de l’hémisphère occidental – une estimation modeste considérant que les Noirs ne sont pas comptés séparément dans certains pays, compté comme multiracial chez les autres, et sous-estimé en tout.


Voyez des photos d’Amérique latine ci-dessous:

 

Extrême-Orient
Avant les vagues de migration des Han vers 1600 av. J.-C., les premiers habitants de la Chine étaient des peuples noirs qui y sont arrivés il y a environ 100 000 ans et qui ont dominé la région jusqu’à il y a quelques milliers d’années. Ils ont été suivis par les ceux qu’on appelle aujourd’hui « Aborigènes », qui font partie des Austronésiens venus de l’archipel malais il y a 6 000 ans. Appelés péjorativement Nigritos par les envahisseurs espagnols qui les observaient en Asie du Sud-Est, ces Noirs vivaient encore en Chine sous la dynastie Qing (1644 à 1911).
 
À environ 35 000 av. un groupe de Chinois à peau noire, qui est devenu connu comme les Jomon est entré au Japon, ils sont devenus les premiers humains à habiter les îles japonaises. Plus tard, un autre groupe; maintenant connu sous le nom Ainu, suivie. D’un point de vue génétique, ils ressemblent davantage à des groupes à peau foncée que l’on trouve en Asie du Sud-Est que chez les Chinois, les Japonais ou les Coréens.
 
Les Chinois d’origine ont été anéantis et les Ainu ont été soumis à de graves injustices de la part de leurs compatriotes à la peau plus claire. Bien que le nombre réel de descendants ainu vivant au Japon soit inconnu, les chiffres officiels suggèrent qu’il ne reste que 25 000 descendants des Ainu, tandis que le nombre officieux en réclame plus de 200 000.
 

 
Afrique australe
Les Khoisans se réfèrent à deux groupes de peuples d’Afrique australe, qui partagent des caractéristiques physiques et linguistiques similaires. Culturellement, les Khoisan sont divisés en deux groupes: le chasseur-cueilleur San et les éleveurs Khoikhoi, bien qu’aujourd’hui plus beaucoup pratiquent ce mode de vie. Les Khoikhoi étaient auparavant rabaissés avec l’étiquette de Hottentots. De même, les Sans sont souvent référencés par le terme péjoratif « Bushmen ». Les deux sont souvent appelés d’après le terme péjoratif pygmée encore jusqu’à ce jour.
 
En tant que l’un des plus anciens groupes culturels d’Afrique, les Khoisan sont aussi les plus anciens habitants de l’Afrique australe, où ils vivent depuis au moins 20 000 ans. Les preuves génétiques suggèrent qu’ils sont aussi l’un des peuples les plus anciens du monde et génétiquement les survivants les plus proches du «noyau» originel de l’Homo sapien dont sont issus tous les êtres humains.
 
Ils sont généralement de petite taille, avec des cheveux très serrés et une peau légèrement jaunâtre, qui se ride très tôt dans la vie. Leurs traits faciaux ont fait qu’ils ont été classé historiquement comme mongoloïde. En dépit de l’évidence, sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, ils ont été classés comme «couleur» au lieu de noir…
 

 
 
 
 
 

Source : AtlantaBlackStar.com
Traduit par la Team OJAL

 

6 Faits qui indiquent que les Premiers Hommes étaient Noirs

 
L’origine africaine récente de l’homme moderne, souvent appelée la théorie «En dehors de l’Afrique», est le modèle le plus largement accepté décrivant l’origine géographique et la migration précoce de l’humanité. La théorie affirme que les humains ont d’abord évolué en Afrique, et que la majeure partie du temps de l’homme sur terre a été sur ce continent. 
 
 
Voici six raisons pour lesquelles les scientifiques croient que les humains sont originaires d’Afrique et pourquoi ils ont abandonné la notion selon laquelle les humaines ont évolué séparément et indépendamment dans différentes parties du monde.
  
 

 

1. La nature ne frappe pas deux fois 

 

 

Il existe deux théories de l’origine humaine: le monogénisme et le polygénisme. La vision monogénique, que l’on appelle aujourd’hui la «théorie de l’Afrique», affirme qu’il existe une seule source pour l’humanité; L’homme est né à un endroit mais a évolué différemment en raison des conditions climatiques auxquelles il a été exposé. La théorie polygénique, ou origine multirégionale des humains modernes, prétend que l’homme a plusieurs lieux d’origine, ce qui expliquerait les différences physiologiques entre les races. Les adeptes de cette théorie croient que l’homme est né en Afrique, en Europe et en Asie, et qu’il n’y a pas eu de développement évolutionnaire ou climatique. Un historien, anthropologue et physicien de renommée mondiale, le Dr Cheikh Anta Diop, affirme qu’une raison importante pour laquelle la théorie polygénique est erronée est que Dame Nature ne frappe jamais deux fois; elle ne crée pas le même être deux fois.

 
 
2. Les plus anciens fossiles humains se trouvent en Afrique  
 

 

 


Selon Diop, les fossiles des premiers humains qui ont vécu entre 6 millions et 2 millions d’années viennent entièrement d’Afrique, et aucun de ces fossiles n’a été trouvé ailleurs dans le monde. De plus, les fossiles trouvés hors d’Afrique sont beaucoup plus récents. Le numéro de février 2008 de National Geographic News indique que des études génétiques et des preuves fossiles montrent que les humains modernes sont nés en Afrique il y a environ 250 000 ans.

Les reliques d’Homo sapiens idaltu trouvées sur le site de Middle Awash en Ethiopie, ont vécu il y a 160 000 ans. C’est le plus vieux humain moderne connu et classé comme une sous-espèce disparue.

 

 
3. Les Africains ont le plus vieil ADN 
 
 


Les deux plus anciens fragments du génome humain se sont révélés utiles pour déchiffrer l’histoire humaine: l’ADN mitochondrial et le chromosome Y. Ce sont les deux seules parties du génome qui ne sont pas mélangées par les mécanismes évolutifs qui génèrent la diversité à chaque génération. Au lieu de cela, ces éléments sont transmis intacts. Selon l’hypothèse «Out of Africa», toutes les personnes vivant aujourd’hui ont hérité de la même mitochondrie d’une femme qui vivait en Afrique il y a environ 160 000 ans. Elle a été nommée Eve mitochondriale. Tous les hommes vivant aujourd’hui ont hérité de leurs chromosomes Y d’un homme qui vivait il y a 140 000 à 500 000 ans, probablement en Afrique. Cet homme est connu comme l’Adam Y-chromosomique.

 
 
4. Les Africains ont la plus grande diversité d’ADN 
 
 

Une étude réalisée en mai 2002 par des chercheurs du département d’écologie et d’évolution de l’Université de Chicago a examiné trois groupes de personnes, les Africains, les Européens et les Asiatiques. Les chercheurs ont trouvé une plus grande diversité génétique parmi les Africains que parmi les Eurasiens, et que la diversité génétique parmi les Eurasiens est en grande partie un sous-ensemble de celle des Africains. Parce qu’il n’y a pas d’autre centre similaire de diversité génétique en dehors de l’Afrique, les preuves d’ADN soutiennent le modèle « Out of Africa ». Une autre étude réalisée en juillet 200 par l’Université de Cambridge (Angleterre) a montré que la variation génétique la plus faible était observée dans les populations antiques d’Amérique du Sud et d’Australie, les deux principales régions habitées les plus éloignées de l’Afrique. Andrea Manica, responsable de l’équipe, a conclu: «Plus vous vous éloignez de ce centre de diversité où vous êtes partis, moins vous avez de diversité». L’étude place les racines originelles de l’homme moderne en Afrique subsaharienne. Au milieu de cette région se trouve la Grande Vallée du Rift – souvent appelée le «berceau de l’humanité».

 
 
5. Les schémas de migration 
 
 
Le projet génographique affiché sur le site Web de National Geographic rapporte que lorsque les humains ont quitté l’Afrique pour la première fois il y a quelque 60 000 ans, ils ont laissé des empreintes génétiques encore visibles aujourd’hui. 
En cartographiant l’apparence et la fréquence des marqueurs génétiques chez les personnes modernes, les chercheurs peuvent créer une image de quand et où les humains anciens ont bougé à travers le monde. Ces grandes migrations ont finalement conduit les descendants d’un petit groupe d’Africains à occuper les confins les plus éloignés de la Terre. 
Les premiers peuples à coloniser la masse continentale eurasienne l’ont probablement fait à travers le détroit de Bab-al-Mandab séparant le Yémen actuel de Djibouti. Ces premiers vagues de migration se sont développés rapidement le long de la côte en Inde, et ont atteint l’Asie du Sud-Est et l’Australie il y a 50 000 ans. 
Le premier grand voyage de l’humanité au-delà de l’Afrique a conduit les Africains tout autour du globe.
 
6. Un scientifique chinois prouve que les Chinois d’origine étaient des Africains 
 
 
 
En 2005, un spécialiste chinois de l’ADN, Jin Li, dirigeant une équipe de scientifiques chinois et autres de l’Université du Texas à Houston, a prouvé par des tests d’ADN que les premiers habitants de la Chine étaient des Africains noirs qui ont migré vers le sud-est avant de se diriger vers le nord dans ce qui est maintenant la Chine. 
Cela remet en question la vision de longue date des paléontologues chinois, fondée sur des preuves fossiles, selon laquelle une branche d’Homo erectus d’Asie de l’Est aurait évolué de manière indépendante en Homo sapiens. 
« Il est maintenant probablement sûr de conclure que les humains modernes originaires d’Afrique constituent la majorité du pool génétique actuel en Asie de l’Est », a déclaré Jin. 
Source : OntheBlackList.net
 
Traduit par la Team OJAL

Maures, saints, chevaliers et rois: la présence africaine dans l’Europe médiévale et de la Renaissance



ST. ERASMUS AND ST. MAURICE IN HEAVEN. PHOTO BY RUNOKO RASHIDI
L’étude de la présence africaine dans l’histoire, que ce soit dans la diaspora africaine ou en Afrique elle-même, est une entreprise très enrichissante. Dans cette étude, nous réalisons que l’esclavage seul n’est pas l’histoire africaine et que l’histoire africaine est l’histoire de tout le monde. L’histoire des peuples africains – les Noirs – est riche et complète, inspirante et, souvent, peu connue. Nulle part cela n’est plus le cas que la présence africaine dans l’Europe médiévale et de la Renaissance.

Les Maures: la lumière de l’âge des ténèbres en Europe

Selon le Oxford English Dictionary, les Maures, dès le Moyen Age et aussi tard que le 17ème siècle, étaient «généralement censés être noirs ou très basanés, et par conséquent le mot est souvent utilisé pour Nègre».Au début du VIIIe siècle, après une résistance farouche et prolongée aux invasions arabes de l’Afrique du Nord, les Maures ont rejoint la vague triomphale de l’Islam. Suite à cela, ils ont traversé le Maroc vers la péninsule ibérique où leurs victoires rapides et leurs exploits remarquables sont vite devenus la substance des légendes.En juillet 710, Tarif, avec 400 soldats et 100 chevaux, tous berbères, effectue avec succès une mission dans le sud de l’Ibérie. Tarif, une ville portuaire importante dans le sud de l’Espagne, porte son nom.Il est clair, cependant, que la conquête de l’Espagne a été entreprise à l’initiative de Tarik ibn Ziyad. Tarik commandait une armée d’au moins 10 000 hommes.


Les Maures: la lumière de l’âge des ténèbres en Europe

ST. MAURICE AS A KNIGHT IN SHINING ARMOR. PHOTO BY RUNOKO RASHIDI


ST. MAURICE COMME CHEVALIER EN ARMURE BRILLANTE. PHOTO DE RUNOKO RASHIDI


En 711, l’audacieux Tarik franchit le détroit et débarqua près d’un promontoire rocheux qui, depuis ce jour, porte son nom – Djabal Tarik («la montagne de Tarik»), ou Gibraltar. En Août 711, Tarik a remporté la victoire suprême sur l’armée européenne adverse. À la veille de la bataille, Tarik aurait déclenché ses troupes avec les mots suivants:

« Mes frères, l’ennemi est devant vous, la mer est derrière; où fuirais-tu? Suivez votre général; Je suis résolu à perdre la vie ou à piétiner le roi prostré des Romains.
Ne perdant pas de temps pour savourer sa victoire, Tarik continua avec sa cavalerie maure et apparemment infatigable mauresque à la ville espagnole de Toledo. Dans un mois, le général Tarik ibn Ziyad a effectivement mis fin à la domination européenne de la péninsule ibérique.
À la suite de ces brillantes luttes, des milliers de Maures ont envahi la péninsule ibérique. Ils étaient tellement impatients de venir que certains auraient flotté sur des troncs d’arbres. Tarik lui-même, à la fin de son illustre carrière militaire, s’est retiré dans l’Orient lointain, nous sommes informés, pour répandre les enseignements de l’Islam.
Il n’est vraiment pas nécessaire de spéculer sur l’origine ethnique de ces premiers envahisseurs de la période de conquête. Les sources chrétiennes primaires relatives à la conquête, en particulier la Primera Cronica General d’Alfonso X, font l’observation suivante concernant les Maures: «Leurs visages étaient noirs comme la poix, le plus beau d’entre eux était noir comme une marmite.

 

ST. MAURICE UNDER THE GERMANY IMPERIAL EAGLE. PHOTO BY RUNOKO RASHIDI
Le Saint Maurice noir: Chevalier de la Sainte Lance

De tous les nombreux hommes noirs de l’histoire de l’Europe, peu ont excité l’imagination plus que Saint Maurice. Il était un saint noir dans une région où alors et maintenant il y a très peu d’habitants noirs. Il était aussi un chevalier noir. En effet, nous pourrions l’appeler un chevalier en armure brillante. Il est pas plus que remarquable.


Le nom Maurice est dérivé du latin et signifie «comme un Maure». Le Saint Maurice noir (le Chevalier de la Sainte Lance) est considéré comme le grand saint patron du Saint Empire romain germanique. Il est également connu, surtout en Allemagne, comme Saint Maurice. La première version de l’histoire de Maurice et le récit sur lequel reposent toutes les versions ultérieures se trouvent dans les écrits de l’évêque Euchène de Lyon, qui vécut il y a plus de 1500 ans. Selon Eucherius, Saint Maurice était un haut fonctionnaire dans la région de Thebaid du sud de l’Egypte – un centre très tôt du christianisme.


Plus précisément, Maurice était le commandant d’une légion romaine de soldats chrétiens stationnés en Afrique. Par le décret de l’empereur romain Maximien, son contingent de 6.600 hommes fut envoyé en Gaule et reçut l’ordre d’y supprimer un soulèvement chrétien. Maurice a désobéi à l’ordre. Par la suite, lui et presque toutes ses troupes ont été martyrisés quand ils ont choisi de mourir plutôt que de persécuter les chrétiens, renoncer à leur foi et sacrifier aux dieux des Romains. L’exécution de la Légion thébaine eut lieu en Suisse près d’Aganaum (qui devint plus tard Saint Maurice-en-Valais) le 22 septembre, soit en 280 ou 300.

Dans la seconde moitié du IVe siècle, le culte de Saint-Maurice s’étendait sur une vaste étendue en Suisse, dans le nord de l’Italie, en Bourgogne et le long du Rhin. Les grandes villes de Tours, Angers, Lyon, Chalon-sur-Saône et Dijon avaient des églises dédiées à Saint-Maurice.

A l’époque de l’Espagne islamique, la taille de Saint-Maurice avait atteint des proportions immenses. Charlemagne, petit-fils de Charles Martel et représentant le plus éminent de la dynastie carolingienne, attribue à saint Maurice les vertus du parfait guerrier chrétien. En signe de victoire, Charlemagne avait la lance de Saint-Maurice (réplique de la sainte lance réputée avoir percé le côté du Christ) portée devant l’armée franque. Comme la population générale, qui comptait beaucoup sur Saint Maurice pour l’intercession, la dynastie carolingienne pria ce saint militaire de la force de résister et de vaincre les attaques des forces ennemies.
ST MAURICE IN MADGEBURG 

En 962, Otto I a choisi Maurice comme le patron de titre de l’archevêché de Magdeburg, en Allemagne. À 1000 C.E. le culte de Maurice n’a été égalé que par St. George et St. Michael. Après la seconde moitié du XIIe siècle, les empereurs furent nommés par le pape devant l’autel de Saint-Maurice, dans la cathédrale Saint-Pierre de Rome.

À Halle, en Allemagne, un monastère avec une école qui lui est rattachée a été fondé et dédié à Saint-Maurice en 1184. En 1240, une splendide statue de Saint-Maurice a été placée dans la majestueuse cathédrale de Magdebourg – la première cathédrale gothique construite sur Sol allemand. J’ai été en mesure de visiter cette cathédrale et de photographier la statue en 2010. Les caractéristiques faciales de la statue sont décrites par l’historien Gude Suckale-Redlefsen dans son ouvrage classique, The Black Saint Maurice, comme suit:


« L’ouverture relativement petite dans le mail coif étroitement ajusté était suffisante pour le sculpteur de Magdeburg pour produire une caractérisation convaincante de St. Maurice en tant qu’Africain. Les proportions faciales montrent des altérations typiques par rapport à la physionomie européenne. Les contours larges et arrondis du nez sont reconnaissables bien que la pointe ait été cassée.

« Les traits africains sont soulignés par les restes de la vieille polychromie. La peau est colorée en noir bleuté, les lèvres sont rouges et les pupilles sombres se détachent nettement sur le blanc des globes oculaires. La cotte de mailles dorée de la coiffe sert, à son tour, à former un contraste frappant avec le visage sombre. « 

Un centre de dévotion extrême à Saint-Maurice s’est développé dans les États baltes, où les marchands de Tallin et de Riga ont adopté son iconographie. La maison des Têtes-Rouges de Riga, par exemple, possédait une statuette en bois polychrome de Saint-Maurice. Leur sceau portait l’image distincte de la tête d’un Maure.


En 1479, Ernest a construit plusieurs châteaux, dont il a nommé après St Maurice – le Moritzburg. Sous une bannière arborant l’image d’un Saint-Maurice noir, les dirigeants politiques et religieux du Saint-Empire romain combattaient les Slaves. Le culte de Saint-Maurice a atteint ses sommets les plus somptueux sous le cardinal Albert de Brandebourg (1490-1545), qui a établi un pèlerinage à Halle en l’honneur du saint noir.

Du début du 16ème siècle, et maintenant dans le Metropolitan Museum of Art, pend un magnifique tableau de Lucas Granach, l’aîné de Saint-Maurice, resplendissant comme un chevalier en armure étincelante. Dans l’Alta Pinakothek de Munich, le tableau de Matthias Grunewald de St. Maurice et de St. Erasmus est au paradis. Grunewald était le plus grand peintre de la Renaissance allemande. Et à la Gemaldegalerie de Berlin, on voit d’un côté le tableau de Hans Baldung Grien de St. Maurice sous le drapeau de l’aigle impérial allemand, une peinture de l’adoration des mages (avec un roi noir, le plus jeune des trois mages ), au centre, et Saint-Georges et le dragon du côté opposé. J’ai vu et photographié ces quatre magnifiques objets d’art.

Entre 1523 et 1540, des gens de tout l’Empire se rendirent à Halle pour adorer les reliques de Saint-Maurice. L’existence de près de 300 images majeures du Black St. Maurice a été cataloguée, et encore aujourd’hui la vénération de St. Maurice reste vivante dans de nombreuses cathédrales en Allemagne de l’Est.

Le roi noir dans l’art de la Renaissance européenne

A FLEMISH PAINTING OF THE WISE AFRICAN KING IN THE EUROPEAN RENAISSANCE. PHOTO BY RUNOKO RASHIDI (1) 

L’un des aspects les plus fascinants de la présence africaine en Europe est la vaste collection d’images du Black Magus / King dans l’art européen. Bien que parfois identifié comme Maure, il n’est pas musulman. Ces peintures ornent les galeries et les musées à travers l’Europe et les États-Unis. Ce sont des images merveilleuses du roi africain sage et distingué qui a suivi une étoile et est venu rendre hommage et fournir de riches trésors à l’enfant Jésus au temps d’Hérode dans la crèche de Bethléem comme décrit dans l’Evangile de Matthieu.

L’apparition du roi noir dans l’art européen apparaît au moins au 14ème siècle et probablement plus tôt. Les Maures étaient un rendez-vous en Europe en ce moment. Aux 15ème et 16ème siècles, des milliers de peintures représentant l’Adoration du Magus Noir ou du Roi ont été réalisées.Le mage noir est le plus jeune des trois rois et on dit que traditionnellement il vient d’Ethiopie. Il est parfois appelé un Maure et il est, curieusement, le roi qui se tient le plus loin de l’enfant Christ. Son nom est Balthazar et son cadeau à l’enfant Jésus est le don de la myrrhe.Parfois, en particulier dans le monde hollandais, un autre des rois est identifié comme noir. C’est Gaspar, identifié comme un roi d’Asie et il est parfois crédité comme apportant de la myrrhe, et parfois de l’encens.

Sir Morien: Chevalier noir de la table ronde du roi Arthur

A BLACK KNIGHT IN MEDIEVAL EUROPE

Peu de documents dépeignent l’ethnie des Maures dans l’Europe médiévale avec plus de passion, d’audace et de clarté que Morien. Morien est une romance métrique rendue en prose anglaise à partir de la version néerlandaise médiévale du Lancelot.Morien est l’aventure d’un chevalier maure magnifiquement héroïque (peut-être un converti chrétien), supposé avoir vécu pendant les jours du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. Morien est décrit comme suit:Il était tout noir, comme je vous l’ai dit: sa tête, son corps et ses mains étaient tous noirs, ne sauvant que ses dents. Son bouclier et son armure étaient même ceux d’un maure, et noirs comme un corbeau. « Initialement dans l’aventure, Morien est simplement appelé « le Maure ». Il défie d’abord, puis bataille, et gagne finalement le respect absolu de l’admiration de Sir Lancelot. En outre, Morien est extrêmement franc et éloquant. Sir Gauvain, dont la vie a été sauvée sur le champ de bataille par Sir Morien, aurait «harcelé et souri au discours du chevalier noir». On note que Morien était aussi «noir qu’un poix»; c’était la mode chez lui – les Maures sont noirs comme des marques brûlées. Mais dans tout ce que les hommes loueraient dans un chevalier était-il juste, selon son espèce. Bien qu’il fût noir, qu’est-ce qu’il était le pire?  » ses dents étaient blanches comme de la craie, sinon il était tout à fait noir. « 

« Morien, qui était noir de face et de membre » était un grand guerrier, et il est dit que: « Ses coups étaient si puissants; une lance lui vint-elle à lui, pour lui faire du mal, elle ne le troubla pas, mais il le frappa en deux comme si c’était un roseau; rien ne pourrait durer devant lui. En fin de compte, et ironiquement, Morien est venu personnifier toutes les plus belles vertus des chevaliers de l’Europe médiévale.

« Il convient de noter que pendant une très longue période, la langue néerlandaise a utilisé Moor et Moriaan pour les Africains noirs. »

Parmi la communauté Lorma au Libéria moderne, le nom Moryan est toujours en vue.

L’expulsion de l’Espagne et la dispersion des Maures

MOORISH NOBLES IN SPAIN. FROM THE CHESSBOOK OF ALPHONSO X
En Ibérie, les pressions chrétiennes sur les Maures sont devenues irrésistibles. Enfin, en 1492, Grenade, dernière forteresse musulmane importante d’al-Andalus, fut prise par les soldats du roi Ferdinand et de la reine Isabelle, et les Maures furent expulsés d’Espagne. En 1496, pour apaiser Isabelle, le roi Manuel du Portugal a annoncé un décret royal bannissant les Maures de cette partie de la péninsule. Le roi d’Espagne Philippe III a expulsé les Maures restants par un décret spécial publié en 1609. Au total, 3 500 000 Maures, ou Morisques, comme leurs descendants ont été appelés, ont quitté l’Espagne entre 1492 et 1610.

Un million de Maures se sont installés en France. D’autres ont déménagé en Hollande. Une histoire très curieuse aux Pays-Bas est celle de Zwarte Piet (Black Peter). Selon certains témoignages, Zwarte Piet, le compagnon de Sinterklaas (Père Noël), était un orphelin maure que Sinterklaas adopta et entraîna comme son assistant.En 1507, il y avait de nombreux Maures à la cour du roi Jacques IV d’Écosse. L’un d’eux s’appelait Helenor dans les comptes de la Cour, peut-être Ellen More. Il y avait au moins deux autres femmes noires de la cour royale qui occupaient des postes d’un certain statut, et on leur a dit que des servantes les avaient vêtues de robes chères.


En 1596, la reine Elizabeth, très affligée de la présence croissante des Maures en Angleterre, écrivit aux maires des grandes villes:

« Il y a des plongeurs blakamores arrivés récemment dans ce royaume, dont un certain nombre de personnes sont déjà trop manies. »

* Runoko Rashidi est basée à Los Angeles et à Paris. Il est l’auteur de «Black Star: la présence africaine dans les débuts de l’Europe». En août 2014, il dirige un groupe de tournée à travers plusieurs villes d’Europe occidentale axé sur le patrimoine africain, en particulier dans les collections des musées. Pour plus d’informations et pour participer à la visite, écrivez à: Runoko@yahoo.com ou allez sur www.travelwithrunoko.com

PAR RUNOKO RASHIDI *

Traduit par la Team OJAL 

            

Six explorateurs noirs qui vont transformer la manière dont vous voyez le monde antique

Qui a dit que les Européens ont été les seuls à explorer le monde ?
 
 
 

Le dirigeant d’Afrique de l’ouest Abubakari II a amené des Africains en Amérique avant Christophe Colomb.

 
La Grande Mosquée de Djenné (Wikimedia Commons)
 

Christophe Colomb n’était pas responsable de l’arrivée des premiers Africains en Amérique. Abubakari II a voyagé en Amérique près de 200 ans avant le colonisateur italien, comme le dit l’érudit Gaoussou Diawara dans son livre «La Saga d’Abubakari II». Au 14ème siècle, Abubakari II, également appelé Mansa Qu, a gouverné le Mali, dont les experts pensent qu’il s’agissait de l’un des plus riches et des plus grands empires du monde. Diawara a précisé en 1311 que le monarque a remis ses devoirs à son frère, Kankou Moussa, afin qu’Abubakari puisse explorer l’océan Atlantique.

 

Le représentant de la Cour égyptienne Nehsi a dirigé l’expédition vers l’ancienne Somalie. 

 
Représentation de l’expedition d’Hatshepsout à Punt (Wikimedia Commons)
 

Un voyage relaté par l’archéologue J.H Breasted dans son livre «Ancient Records of Egypt» suggère que la sculpture égyptienne «Punt Reliefs» indique que Nehsi, un représentant de la cour d’Hatshepsout au 15ème siècle av. J-C, a dirigé une expédition à Punt. Les textes qui se trouvent dans le temple mortuaire d’Hatshepsout montrent que l’expédition vers la Somalie et l’Éthiopie, comme le pensent beaucoup de chercheurs, avait pour but « d’extraire l’héritage indigène » érigé par le pharaon. Cependant, l’archéologue Joyce A. Tyldesley soutient dans « Hatchepsout: The Female Pharaoh » que cette expédition était plutôt une mission à visée commerciale car Punt constituait un carrefour attractif à cette époque.


Le servant égyptien Hannu pourrait avoir ré-ouvert d’importantes routes commerciales 

 

La Mer Rouge (domaine publique)
 

Hannu semble voir été responsable de la réouverture des routes commerciales depuis Punt, que les historiens situent actuellement en Somalie et Éthiopie, jusque l’ancienne Libye pendant le Moyen Empire d’Égypte au 20ème siècle av. J.-C, selon le professeur Rasha Soliman dans “Old and Middle Kingdom Theban Tombs.” Hannu aurait reçu l’ordre de cette réouverture après que Mentuhotep III lui ai demandé de faire un voyage de plus de 160 km du Nil à la Mer Rouge, comme l’a spéculé Brandon Huebner dans son podcast, » Histoire maritime « et car ces routes d’échanges étaient dites importantes pour l’Egypte durant le royaume de Mentuhotep II. L’égyptologue Heinrich Karl Brugsch soutient dans son livre « Une histoire d’Egypte sous les Pharaons » que Hannu a gravé son expédition dans la pierre. L’auteur de livres éducatifs, Ann Richmond Fisher, soutient dans le livre « Explorers of the New World Time Line » que Hannu serait revenu en Egypte avec de précieux métaux, du bois et de la myrrhe, une gomme aromatique utilisée dans les parfums, les médicaments et l’encens. 


Le roi Kaleb d’Aksoum appelle à l’expédition pour empêcher la persécution de la part des Juifs envers son royaume 

 

North Stelae Park, Aksoum, Ethiopie (Wikimedia Commons)
 

Le roi juif Dhu Nuwas d’Himyar, un royaume de l’ancien Yémen connu par les Grecs et les Romains comme le Royaume himyarite, a persécuté les chrétiens/Aksoumites du roi Kaleb d’Aksoum, un royaume commercial de l’Érythrée moderne. Cela a conduit Kaleb, l’un des rois les mieux documenté d’Aksoum, à envoyer une expédition contre Himyar vers 520, pendant l’époque de l’empire byzantin romain, comme le défend le professeur de l’Université Concordia, Paulos Milkias dans « Ethiopia ». L’expédition de Kaleb est arrivée après qu’Aksoum ait conquis en 350 le Royaume de Koush, maintenant au nord du Soudan, et envahi l’actuel Éthiopie et Érythrée. L’érudit Stuart Munro-Hay fournit des preuves dans son livre intitulé «Aksoum: une civilisation africaine de l’antiquité tardive», qui suggère qu’Aksoum est devenue plus tard fortement impliquée dans les routes commerciales entre l’Inde et Rome, qui plus tard devinrent Byzance.

 

Ramessesnakht mène une expédition minière massive et en revint avec des richesses

Ramessesnakht tenant la Triade de Thèbes, trois dieux égyptiens. (Wikimedia Commons)


Le grand prêtre d’Amun Ramessesnakht a mené une énorme excursion minière jusqu’aux mines rocheuses de Ouadi Hammamat, le lit de la rivière sèche d’Égypte, qui était une zone minière importante pour la vallée du Nil dans la troisième année du règne de Ramesses IV. L’expédition comprenait 8 368 hommes dont 5 000 soldats ainsi que 130 maçons et carriers, comme Ph.D, l’élève Christelle Alvarez et les chercheurs Arto Belekdanian et Ann-Katrin Gill l’ont soutenu dans leur livre « Current Research in Egyptology ». AJ Peden indique dans son livre « Inscriptions égyptiennes historiques de la vingtième dynastie » que durant ses expéditions sous Ramesses VII et Ramesses XI, Ramessesnakht a trouvé de l’or et de la galène minérale, utilisée pour la peinture des yeux. 

 

L’ancien Himilco tunisien: premier explorateur connu de la mer Méditerranée qui a atteint l’Europe du Nord-Ouest

Représentation de l’ancienne ville de Carthage au Musée National de Carthage (Wikimedia Commons)
 


Himilco était un explorateur et navigateur qui est le premier voyageur connu à avoir atteint les rives du nord-ouest de l’Europe depuis la Méditerranée. Bien que ses écrits aient été perdus, l’historien Johann Martin Lappenberg a soutenu dans son livre « Une histoire de l’Angleterre sous les rois anglo-saxons » que Himilco, un carthaginois originaire de l’ancienne ville nord-africaine de Carthage, actuellement située au nord-est de Tunis, aurait voyagé dans les îles d’Albion et d’Ierné constituant aujourd’hui la Grande-Bretagne et l’Irlande. Il aurait également atteint Oestriminis, ou Portugal actuel, pour le commerce selon l’auteur Roman Avienus. 

Source : AtlantaBlackStar.com
Traduit par la Team OJAL

 

Juan José Nieto Gil, le président Afro-Colombien que l’on a blanchi

 

Juan José Nieto Gil, 14ème président de Colombie de janvier à juillet 1861

 
 
 
Juan José Nieto Gil est né en 1804 à Baranoa, alors une partie de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade. Fils de Thomas et Benicia Nieto Gil qui travaillaient à la fabrication de mèches de coton pour les bougies. Il a passé ses années de formation à Baranoa, ville sur la côte caraïbe, « peuplée d’Afro-Colombiens et qui a toujours été considéré comme marginale par le pouvoir central de Bogota « . Ce dernier était métis, fils d’une Noire, descendante d’esclaves, et d’un Espagnol. En Colombie, les métis «sont considérés comme Noirs». Après l’indépendance de Cartagena de Indias en 1811 sa famille a décidé de déménager de façon permanente à là-bas.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il a commencé à travailler professionnellement comme commis dans le magasin marchand de Jose Palacio et Ponce de Leo. Impressionné par son intelligence de l’époque, ce dernier donna accès à des livres qui ont contribué à rendre le jeune autodidacte. Le père finalement accepta de donner la main de sa fille Maria Margarita à Juan José. Juan Jose étant un Afrodescendant, le mariage avec la fille d’un marchand espagnol lui a donné un coup de pouce dans l’échelle sociale de l’époque. Avant d’atteindre trente ans, l’homme était déjà en service dans les postes publics d’importance.
 
 
 
Il prend le temps de publier une Géographie historique, statistique et locale de la province de Carthagène, premier ouvrage du genre. Un an plus tard, il participe à l’une des guerres civiles qui ravagent le pays tout au long du XIXe (et qu’évoque l’écrivain Gabriel Marcia Marquez, prix Nobel de littérature, dans son livre Cent ans de solitude). Le conflit (dit Guerra de los Supremos, guerre des Suprêmes, ou parfois Guerra de los Conventos, guerre des Couvents) déchire ce que l’on appelle alors la Confédération grenadine ou Etats-Unis de la Nouvelle Grenade.
 
 
Nieto Gil est fait prisonnier pendant le conflit et doit s’exiler pendant cinq ans à Kingston, en Jamaïque. Visiblement démangé par le démon de l’écriture, il va publier plusieurs romans, Rosina, Les Morisques et Ingermina ou la fille de Calamar. Ce livre, d’un genre sentimental, est considéré comme le premier roman colombien.
 
 

Un homme ambitieux

 
Le député revient d’exil en 1847. Il a de l’ambition. Il fonde alors un journal, La Democracia. Membre du Parti libéral, il est élu gouverneur de l’Etat de Bolivar (dont Carthagène est la capitale) en 1851, évinçant l’évêque Pedro Antonio Torres. Il va alors y abolir l’esclavage, au cours d’une grande cérémonie. «Aujourd’hui, il n’y a plus d’esclaves. (…) En ce jour, le plus beau de la République, je salue ceux qui le furent. En ce jour ont disparu les noms odieux de maître et d’esclave, première étape de son abolition dans toute la Colombie. Jour à partir duquel plus aucun de nos frères ne portera à son cou(…) la chaîne de la servitude». En tant que gouverneur, il a promulgué la deuxième constitution politique de l’Etat de Bolivar.
 
En juillet 1860, il décide la sécession de son Etat, en révolte contre le pouvoir central de Bogota. Et s’allie au général Tomás Cipriano de Mosquera, qui dirige l’Etat de Cauca.
 
Le 25 janvier 1861, en l’absence de son allié qui continue à se battre, Nieto, devenu général, se proclame président des Etats-Unis de Colombie. Il exerce alors le pouvoir qu’il cède, le 18 juillet, à Mosquera. Il aurait notamment instauré l’école primaire gratuite et obligatoire. Juan José Nieto Gil meurt le 16 juillet 1866 à Carthagène.
 
Cependant, son successeur et ancien allié, Tomás Cipriano de Mosquera, aurait tout fait pour effacer sa mémoire. La tombe de Juan José Nieto Gil sera saccagée et «son seul buste connu, détruit». «Il était tellement insupportable à l’élite blanche et descendante d’Espagnols d’avoir eu, ne serait-ce que six mois, un président noir, qu’elle a envoyé son portrait officiel se faire blanchir la peau en France»! En clair, l’unique représentation de l’ancien président fut retouchée en France pour que de noir, l’ex-président devienne blanc.
 
 
 

Source : – Gonzalo Guillen, « Colombia borró de la historia a su único presidente negro », dans El Nuevo Herald

Team OJAL 
 
 

Etre Afrodescendant au Brésil : De l’émancipation à l’acquisition des droits civiques

Deux Français d’origine africaine, l’un cinéaste afro-antillais, Karim Akadiri Soumaïla, et l’autre écrivain d’origine béninoise, Roger Sidokpohou, installés au Brésil, s’interrogent sur la question noire dans un pays où la communauté afro-brésilienne représente 54% de la population. Lepetitjournal.com consacre un dossier en trois parties qui se poursuit cette semaine sur la question du blanchissement de la population brésilienne et les mouvements de lutte pour une meilleure intégration sociale.

 


Karim Akadiri Soumaïla : Pour cette nouvelle ère d´industrialisation, pourquoi a-t-on fait venir en masse des travailleurs européens quand il suffisait peut-être d’intégrer et de former cette communauté afro brésilienne ? Y-avait-il une volonté de marginaliser les Afrodescendants en blanchissant la population brésilienne comme le disent certains historiens et ethnologues ?

Roger Sidokpohou : La marginalisation d´une communauté ou d´un groupe humain prend généralement sa source dans l’Histoire et la mémoire des peuples et finit par s´incruster dans leur inconscient collectif et leur vécu. Le Brésil sortait d’une longue période d´esclavage de près de quatre siècles ! Il faut parfois du temps pour que l´inconscient collectif se reformate sur une réalité nouvelle, celle de la liberté. En clair, l´équation noir = descendant d´esclave perdurait ! Par ailleurs, le début du 20e siècle en Europe représentait une période de menace de guerre et de grande pauvreté. Le Brésil avait besoin de nouvelle main d´oeuvre pour s´industrialiser.

Les immigrants, pour la plupart italiens et allemands, sont venus à la quête d’un nouvel eldorado ou pour se donner une autre chance de vie. Cela étant, et au-delà des raisons économiques, il y avait aussi, comme le rappellent en effet les historiens et les ethnologues, une propagande immigrationniste venant d´Europe, dont le projet était de « blanchir » le Brésil, au motif que cette jeune et désormais riche nation ne pouvait se faire avec une population majoritairement noire ou métisse. N´oubliez-pas que la pensée dominante en Europe (comme aux Etats-Unis) pendant ces quatre siècles, et même après l´abolition de l´esclavage, était l´infériorité décrétée de la race noire. Il fallait donc, comme on dit en portugais, « limpar o sangue » (nettoyer le sang) pour blanchir la population brésilienne par une immigration européenne massive. Cette immigration a, de ce fait, été largement facilitée, faisant de ces nouveaux brésiliens des citoyens à part entière, et reléguant, ipso facto, les descendants d´esclaves au rang de citoyens de seconde zone. Paradoxe de l´Histoire : le métissage et la diversité sont aujourd´hui des tendances lourdes… en Europe, et l´une des principales richesses actuelles… du Brésil !

 

Peut-on parler de deux héritages de politiques coloniales esclavagistes, l’une anglo-saxonne au Nord, qui serait plus séparatiste, et une autre, lusophone au Sud, plus axée sur un métissage forcé en l’absence de femmes européennes ?

En Amérique du Nord, le Mayflower et toute l´immigration de « caucasiens » qui a suivi étaient en familles entières qui n´avaient pas besoin d´apport extérieur pour se constituer : c´était donc un système d´Apartheid qui ne disait pas son nom, avec le Ku Klux Klan comme bras armé, notamment dans les Etats du Sud. L´idéologie était claire : suprématie de la race blanche, et donc ghettoïsation et discrimination de facto des noirs, mais également des Asiatiques, des Hispaniques. L´esclavage y sera aboli le 18 décembre 1865, mais la loi sur les droits civiques des noirs ne sera votée que le 2 juillet 1964, c´est-à-dire un siècle plus tard.

En Amérique du Sud en général, et au Brésil en particulier, les navigateurs et marins portugais ou espagnols étaient avant tout des « baroudeurs » en mission (souvent officielle, armée et financée par leurs Etats) pour découvrir de nouveaux mondes porteurs de nouvelles richesses. Convenez qu´une mission de cette nature ne se fait pas avec femmes et enfants à bord des caravelles !? A l’arrivée, il leur a donc fallu « s´adapter » et non vivre en camp retranché. Pour faire court, car cela mériterait un développement plus long, ceci explique les métissages qui se sont opérés très rapidement, je dirais, par la force des choses, avec les femmes indiennes et noires.

N’est-ce pas là une profonde explication sur le comportement de l’Afrodescendant Brésilien, un peu moins rebelle ou sanguinaire que son voisin Afrodescendant Américain qui lui a choisi la lutte armée et un conflit radical ?

Premièrement, je ne dirais pas que l’Afro-Brésilien est moins rebelle, ni que son frère afro-américain est plus sanguinaire, ou alors ce serait oublier Martin Luther King, partisan de la non-violence pour faire avancer la société nord-américaine vers plus de justice et d´égalité, ou Zumbi dos Palmares, plus radical dans la réappropriation des libertés des noirs. Deuxièmement, nous sommes dans deux configurations esclavagistes et sociologiques complètement différentes. Le Brésil est un pays métissé de fait, où il n´est pas rare de rencontrer au sein d´une même famille, toutes les couleurs de peau. Cela donne un peuple plus convivial que radical, où l´on retrouve des valeurs héritées des peuples du Golfe de Guinée, que l´observateur non averti qualifiera de gentillesse, mais qui sont en réalité une forme d´élégance dans le respect de l´autre. Cela s´appelle « Yèyi » au Bénin, « Ayèssi » au Nigéria, alors qu´au Togo voisin, on vous dira « E so mi sou » ! Des expressions différentes qui traduisent toutes la même vertu : donner de la considération à l´autre ! Voilà sans doute pourquoi vous ne démarrerez jamais une conversation au Brésil sans qu’on vous ait d´abord proposé de l´eau et du café : c’est tout simplement une autre manière de vivre ensemble !

 

Qu’est le Movimento negro unificado (MNU) et a-t-il eu une réelle influence sur l’intégration sociale et politique de l’Afro-Brésilien ?

 


Le MNU est né le 7 juillet 1978, en pleine période de dictature militaire (1964-1985), lorsque, devant le Théatre municipal de São Paulo, des milliers d’Afrodescendants se sont réunis pour protester contre la discrimination que venaient de subir quatre athlètes noirs, interdits de piscine au « Clube de Regatas de Tiété », et pour dénoncer le racisme dont souffrait la population afrodescendante : ce fut l´acte fondateur du MNU, dans une période de parole confisquée. Le MNU aura ainsi donné le ton, après la période de dictature militaire, en tant que groupe de pression politique, à des mesures gouvernementales destinées à promouvoir les droits civiques des afrodescendants et à lutter contre leur discrimination. A titre d´illustration : la nouvelle Constitution brésilienne de 1988, après la chute de la dictature, qui inscrit le racisme comme un délit punissable. La loi du 16 janvier 1996, sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso, prohibe elle toute forme de discrimination en fonction de la race, de la couleur, de l´origine, de la condition sociale, du sexe… et oblige tous les édifices publics ou privés à son affichage devant les ascenseurs. Et la loi du 10 mars 2008, sous la présidence Lula, introduit dans toutes les écoles primaires et secondaires, publiques ou privées, l´enseignement obligatoire de l´histoire et de la culture afro-brésilienne et indigène. Et puis, sur un autre plan, celui de la culture, toujours sous la présidence Lula, la création à São Paulo du musée AfroBrasil, retraçant la mémoire entre le Brésil et l´Afrique, sous la houlette d´un grand artiste et créateur afrodescendant, Emanoel Araujo, et l’appui des autorités locales. Les Etats de Rio et de Bahia ont, depuis, suivi la même démarche, pour préserver la mémoire des noirs au Brésil.

Propos recueillis par Karim AKADIRI SOUMAILA (www.lepetitjournal.com – Brésil) vendredi 29 août 2014

*Légendes photos : Famille de migrants italiens au début du 20e siècle (Photo 1 – Solange Bailliart/Centro cultural luso-brasileiro) / Fresque dessinée par de jeunes artistes brésiliens sur la façade du museu AfroBrasil (Photo 2 – Solange Bailliart) / Affiche du MNU pour les 33 ans (Photo 3 – reproduction)
 
Team OJAL

Les Sud-Asiatiques célèbrent leur Mélanine Avec #UnfairAndLovely et c’est beau!

 La créatrice espère que la campagne luttera contre le colorisme et fera la promotion de la solidarité entre les personnes à peau foncée dans le monde entier.

Le mois dernier, Pax Jones, une étudiante noire à l’Université du Texas, a créé une série de photos visant à lutter contre le colorisme mondiale et les médias qui le perpétue. Intitulée « Unfair and Lovely » elle met en lumière ses camarades de classe, les sœurs d’Asie du Sud Mirusha et Yanusha Yogarajah. Maintenant, la série a inspiré la campagne de hashtag #UnfairAndLovely, qui comprend des personnes de couleur principalement les Asiatiques du Sud chérissant leur mélanine.
 
Jones raconte au Huffington Post que la campagne, qui tire son nom d’une crème de blanchiment de la peau appelée Fair & Lovely est pour tous les gens de couleur qui ont été marginalisés pour avoir la peau foncée. « #UnfairAndLovely est censé être un espace inclusif. Il est pour tous ceux à peau foncée, les bizzares, les trans, les gays, les pauvres, les gros, quelques soient leur aptitudes ou spécificités/particularités « , a déclaré Jones.
Elle espère que la campagne réunira des femmes à la peau foncée de la couleur dans le monde entier. Et cette semaine, il a uni ses forces avec la campagne de #ReclaimTheBindi, qui vise à éduquer les gens sur l’appropriation culturelle en ce qui concerne le port bindi.
 
 
 

Source : Linkis.com

Traduction #Team OJAL