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Des Aborigènes d’Australie vont être indemnisés de milliards de dollars pour la perte de leur terres et de leur spiritualité



Les Aborigènes d’Australie ont remporté un procès novateur qui ouvre la voie à des demandes d’indemnisation de milliards de dollars pour la perte de terres coloniales, ainsi qu’à la perte de liens spirituels.


La Haute Cour d’Australie a statué en faveur des groupes Ngaliwurru et Nungali du Territoire du Nord dans la plus grande décision rendue en matière de droits de propriété autochtone sur les droits des peuples autochtones à la terre et à l’eau traditionnelles depuis des décennies.



Le gouvernement du Territoire du Nord doit verser 2,53 millions de dollars de dommages et intérêts aux groupes Ngaliwurru et Nungali pour une décision antérieure rendue par une cour fédérale qui avait conclu que le gouvernement avait « éteint » leurs droits de propriété autochtones lorsqu’ils avaient construit des infrastructures sur leurs terres dans les années 80 et 90.

Les Ngaliwurru et les Nungali sont deux groupes ethniques d’Aborigènes d’Australie vivant dans le territoire du Nord de l’Australie.



Environ 1,3 million de dollars des dommages-intérêts ont été alloués pour préjudice moral ou culturel, ce qui, selon le Territoire du Nord et le gouvernement fédéral, était excessif.

La Haute Cour a jugé en mars que les 1,3 million de dollars «n’étaient pas manifestement excessifs et n’étaient pas incompatibles avec les normes communautaires acceptables». C’était la première fois que la Haute Cour examinait la valeur monétaire de la suppression des droits fonciers, y compris les pertes économiques et les pertes de revenus mais aussi la perte de connexion spirituelle.

«Cette décision apporte une lumière différente sur le titre autochtone et la perte culturelle et spirituelle, sans parler de l’incapacité d’exploiter toute opportunité économique», a déclaré à Al Jazeera, Jak Ah Kit, PDG par intérim du Northern Land Council. « Nous devons réexaminer les cas où ils ont été acquis injustement obligatoirement par les gouvernements, et nous devrons alors suivre leurs instructions », a-t-il déclaré.



Le tribunal a réduit le montant d’indemnisation initial de 3,3 millions de dollars octroyé par la Cour fédérale en 2016, ce qui comprenait un montant de perte économique calculé pour représenter 80% de la valeur de la propriété en pleine propriété du terrain. Le gouvernement a fait appel de 50% de la valeur de la terre et le tribunal a accepté. Cependant, le jugement sur la perte spirituelle est ce qui fait de ce cas une telle victoire pour les autochtones.

« Il s’agit d’une affaire très importante car c’est la première fois que la Haute Cour énonce les principes d’indemnisation », a déclaré Megan Brayne, avocate aux droits des autochtones.

Source  : RT.com 
Traduit par la Team OJAL



De la gloire à la honte, historiographie de la couleur noire

Noir : une couleur politique!

Lorsque dans un débat, les interlocuteurs tombent sur un sujet sur lequel l’un et l’autre savent qu’ils ne peuvent convaincre l’autre, on dit souvent « ah de toute façon, c’est comme les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas! » comme pour dire que l’appréciation des goûts et des couleurs est tellement subjective qu’en débattre ne sert à rien. Un peu, comme si la notion de goût et de couleur ne peut être universelle ou alors totalement neutre.

Or, si pour le sens du goût on peut le comprendre, pour l’histoire des couleurs, il n’est pas vraiment question de neutralité! Nous en voulons pour preuve, la couleur noire : regardez dans le dictionnaire Larousse par exemple :
– Se dit de la couleur la plus foncée, due à l’absence ou à l’absorption totale des rayons lumineux, par opposition au blanc et aux autres couleurs ; qui a cette couleur.
– Relatif aux Noirs.
– Qui est de couleur relativement foncée, en particulier par opposition à quelque chose de même nature, mais de couleur claire.
– Qui est sans luminosité ; obscur, sombre.
– Familier. Qui est bien bronzé.
Qui est sale, taché ou terni.
– Qui marque ou manifeste le pessimisme, la tristesse, le malheur.
– Inspiré par la perversité, la méchanceté.
– Se dit d’une période marquée par quelque chose de très mauvais, de catastrophique.

S’il est vrai que les premiers sens de ce mot sont assez neutres et rapportent strictement à la description d’une couleur, d’autres sens lui sont attribués qui sont eux, loin d’être neutre : comme vous pouvez le voir par vous-même, elle renvoie à chaque fois à quelque chose de négatif, de sale, de mauvais. On se rappelle également de l’extrait du film de Spike Lee  » Malcolm X » dans lequel le personnage apprend un peu plus sur sa condition de Noir en prison. 
Alors pourquoi la couleur noire est associée à des termes tous les plus vilains les uns que les autres? 
Pour répondre à cette question, il faut remonter dans l’histoire. Ce qu’il faut savoir c’est que les couleurs ont toujours eu un sens politique, elles renvoient à des idées, des concepts, c’est pour cela qu’il est très important pour chaque pays d’avoir un beau drapeau avec des couleurs symboliques qui correspondent aux valeurs que le pays dit défendre. 
La couleur noire quant à elle, n’a pas toujours été utilisée pour décrire des malheurs, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Que ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique et même en Europe, les Anciens associaient la couleur noire à la haute noblesse, à la fertilité, à la pureté ou à l’autorité divine. On est donc très loin de l’image qu’elle porte aujourd’hui!! 
Représentation du dieu hindou Krishna, la divinité la plus aimée en Inde
La couleur noire en Inde est anciennement associée au Bien, aux vainqueurs de démons que sont Krishna, un des avatars de Vishnou, le dieu bienfaiteur, mais aussi Kali, la déesse de la préservation. Elle est également associée aux connaissances mystiques et surnaturelles. 
Représentation de la déesse Kali qui met à terre Shiva, le dieu destructeur

Dans l’Amérique pré-coloniale aussi, la couleur noir est associée à la caste des guerriers, des nobles et des prêtres, donc les castes du pouvoir chez les Mayas et les Aztèques. Elle représente la noblesse, le pouvoir et les connaissances de l’Au-delà. Le dieu Tezcatlipoca, dieu le plus redouté de la mythologie aztèque est souvent représenté en noir.  
Chez les Égyptiens anciens également, la couleur noire renvoie à la haute noblesse et est synonyme de fertilité, comme associé au dieu Osiris, surnommé « le Grand Noir »
L’Europe ne fait pas figure d’exception car jusque une époque pas très lointaine, la couleur noire est associée à la noblesse et à la pureté! La présence des Maures depuis le Moyen-Âge a marqué la mémoire des Européens et ces mêmes Maures qui ont rapporté la civilisation dans une Europe meurtrie depuis l’Empire romain, sont très souvent représentés comme Noirs! Il y a aussi le culte de la Vierge Noire toujours présente dans les populations du sud de l’Europe et parmi les Rroms. 
Les Maures (Noirs) sont représentés comme des seigneurs ou des chevaliers dans l’Europe médiévale
Reproduction de la Vierge Noire d’origine vénérée au Puy en Velay. 
Donc, jusqu’à la fin du Moyen-Âge, la couleur noire et par extension les personnes noires ne sont pas du tout associée aux malheurs ou la saleté. En fait, c’est depuis la conquête coloniale et le début de l’esclavage que les Européens ont commencé à retourner cette image pour justifier leurs crimes. C’est à partir de cette époque, que progressivement la couleur noire va prendre les sens négatifs qu’on lui connaît aujourd’hui. L’histoire de la couleur noire suit la route de la suprématie blanche depuis les cales des caravelles portugaises et espagnoles d’abord puis françaises, anglaises, néerlandaises …etc jusqu’à finir dans les manuels scolaires des enfants. Le mot nègre ou nigre (noir), apparaît en France au 16ème  siècle, car avant pour désigner les personnes noires on utilisait le nom de « Maure » qui, on l’a vu, n’a rien de péjoratif, bien au contraire!! D’ailleurs on utilise aussi le mot nègre pour désigner un écrivain qui écrit pour le compte d’un autre, donc un esclave… 
Comme quoi, la couleur n’est jamais neutre, mais toujours associée à des symboles, tantôt positifs, tantôt négatifs. La couleur noire en est l’exemple le plus criant, nous venons de le démontrer par quelques exemple, que chacun pourra vérifier par soi-même. Au 21ème siècle dans lequel nous sommes, les différentes communautés afrodescendantes de par le monde restent attachées de gré ou de force à cette histoire de la couleur noire, et il semble important pour elles de cesser de se définir selon le regard d’autrui, mais bien par leurs prismes respectifs. Redéfinir son identité, passe forcément par l’étude et la connaissance de son passé et donc de soi. 
A l’OJAL, nous avons fait le choix de nous détacher de la couleur pour définir notre identité car elle renvoie encore à des idées dont nous souhaitons que notre communauté s’éloigne pour embrasser les symboles que la couleur noire renvoyait à nos Ancêtres (bien qu’ils ne se définissaient pas par celle-ci). Nous sommes Afrodescendants, car nous sommes issus d’un continent à l’histoire pluri-millénaire, qui a connu ces heures de gloire, comme d’infortune, mais dont nous sommes liés. Il est de notre responsabilité de travailler pour notre communauté, peu importe où elle se trouve car c’est unie et grâce à ses forces vives que la communauté avancera!! Ojalez-vous!
Sources : 
– une-autre-histoire.org
– F. Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française du ixe siècle au xve siècle, 9 vol, 1891-1902
– M. Pastoureau, Noir : histoire d’une couleur, Seuil, 2011
– LeMonde.fr
– C. Anta Diop, Nations nègres et culure, Présence Africaine, 1955

La société Roc Nation de Jay-Z s’associe à une application visant à améliorer le système de justice pénale pour les Afrodescendants

La société Roc-Nation de Jay-Z soutient une nouvelle application, Promise, qui vise à améliorer le système de justice pénale américain en particulier envers les Afrodescendants.

 

« L’argent, le temps et la vie sont gaspillés avec les politiques actuelles », a déclaré Jay-Z dans un communiqué.

 L’application, qui a annoncé le partenariat lundi, a un objectif ambitieux: réduire l’incarcération et la récidive en offrant aux gouvernements locaux « une alternative à la détention des personnes à faible risque derrière les barreaux simplement parce qu’ils ne peuvent pas se permettre une libération sous caution ».

« Nous sommes de plus en plus alarmés par l’injustice de notre système de justice pénale », a déclaré Jay-Z dans un communiqué. « L’argent, le temps et les vies sont gaspillés avec les politiques actuelles. Il est temps pour une technologie innovante et progressive qui offre des solutions durables aux problèmes difficiles.  »

 Le site Web de Promise positionne l’application comme un service qui vise à «sortir les gens de prison et leur fournir un soutien et une supervision continus pour les aider à rester à l’écart».

 
 

L’application entrerait en jeu pendant le processus avant le procès pour aider les participants qui ne peuvent pas se permettre une libération sous caution. Après une procédure d’admission complète, l’équipe derrière l’application créerait un plan individualisé à l’avenir.

Promise dit qu’il surveillera et soutiendra les participants en produisant un calendrier intelligent des obligations du participant – pensez aux comparutions devant les tribunaux, aux tests de dépistage de drogue, au traitement de la toxicomanie, etc. – et établira des rappels. L’application «fournit également des références coordonnées et un soutien basé sur les besoins individuels, y compris la formation professionnelle, le logement, le conseil, etc.

Les organismes gouvernementaux auront accès aux offres de l’application, tout comme les utilisateurs en liberté conditionnelle et ceux qui seraient autrement incarcérés.

La cofondatrice Phaedra Ellis-Lamkins a dit à Rolling Stone qu’elle espérait que l’application «créera un programme durable et évolutif qui réduira le nombre de personnes derrière les barreaux, la récidive et le coût des soins en étendant les capacités de supervision communautaire».

Une application comme celle-ci semble particulièrement nécessaire si l’on considère que la détention préventive coûte 13,6 milliards de dollars chaque année et les taux élevés de récidive du pays, ou lorsque quelqu’un récidive. Une étude statistique du Bureau of Justice a révélé que les détenus libérés des prisons d’État avaient un taux de récidive de 76,6% sur cinq ans. Une étude de l’USSC a calculé que les prisonniers fédéraux libérés ont un taux de ré-arrestation de 44,7% après cinq ans.

Le soutien de Jay-Z pour la mission de l’application s’aligne avec d’autres causes dont le rappeur a parlé. Juste l’année dernière, il a écrit un éditorial dans Time sur «l’industrie de l’exploitation sous caution» et l’incarcération avant le procès.

« Si vous venez de quartiers comme celui de Brooklyn dans lequel j’ai grandi, si vous n’avez pas les moyens de vous payer un avocat privé, vous pouvez disparaître dans notre système de prison simplement parce que vous ne pouvez vous permettre une libération sous caution ». « Des millions de personnes sont séparées de leurs familles pendant des mois à la fois – pas parce qu’elles sont reconnues coupables d’un crime, mais parce qu’elles sont accusées d’avoir commis un crime. »

Le compte Twitter de Roc Nation a aussi fréquemment posté sur l’incarcération actuelle de Meek Mill, retweetant fréquemment des messages comme « Free Meek Mill » et des histoires liées à l’affaire du rappeur.

Promise a débuté le 20 mars à la journée de démonstration Y Combinator, une présentation pour les startups.

L’application est actuellement en cours d’intégration dans un comté. Un porte-parole a déclaré à HuffPost que la société est « engagée dans un processus de passation de marchés pour un autre comté et est en pourparlers avec plusieurs autres juridictions pour offrir la plate-forme comme alternative à la prison du comté avant le procès ».

« Nous espérons continuer à nouer des relations avec les communautés à travers le pays pour créer un meilleur système pour tout le monde », a déclaré le porte-parole.

Traduit par la Team OJAL
     www.huffingtonpost.com

Se souvenir de ce que l’activiste panafricaniste Walter Rodney a fait pour les Noirs.

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Walter RodneyWalter Anthony Rodney était un intellectuel, un enseignant et un activiste pendant les années 1960 et 1970. Sa vie et son travail ont une importance majeure pour ceux d’entre nous qui se soucient de la justice sociale et de la libération des Noirs aujourd’hui. Rodney incarnait les dimensions transnationales de la lutte noire et brandissait une critique acerbe de la suprématie blanche. Ses recherches sur les liens entre le colonialisme, l’esclavage et le capitalisme ont éclairé des générations de personnes qui se sont engagées à comprendre l’inégalité et à la combattre. Son analyse de classe tranchante de la société l’a contraint à appeler les leaders noirs qui ont participé à l’exploitation et à mobiliser les mouvements racistes des travailleurs. Enfin, son engagement dans des interventions dans les idées et les actions signifiait qu’il mettait sa vie en danger au service d’une population habilitée, avant son assassinat en 1980 en Guyane (son lieu de naissance). A cause de qui il était et de ses contributions, il n’a pas été oublié. Des événements et des symposiums ont eu lieu partout dans le monde, notamment à Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis; Dar es Salaam, Tanzanie; Georgetown, Guyana; et Montréal, Canada. Cette année, nous honorons ce qui aurait été son 75e anniversaire.

L’influence de Rodney a traversé le globe. Cet article présente brièvement certains de ses travaux en Jamaïque, en Tanzanie, aux États-Unis et au Guyana. En Jamaïque, il a enseigné à l’Université des Indes occidentales et dans certaines des régions les plus pauvres du pays, notamment les Rastafaris et l’adoption d’une version caribéenne de Black Power. En Tanzanie, il a enseigné au Collège universitaire de Dar es-Salaam en 1967-1968 et de nouveau de 1970 à 1974. La Tanzanie était un foyer de mouvements de libération africains, et Rodney travaillait assidûment avec ceux qui luttaient pour libérer le continent de l’impérialisme.

 

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Aux États-Unis, il a participé à l’Institut du Monde Noir, fondé à Atlanta en 1969 sous la direction de l’historien et théologien Vincent Harding. Les participants à l’IBW se sont décrits comme une «communauté d’érudits noirs, d’artistes, d’enseignants et d’organisateurs» vouée à «une nouvelle compréhension du passé, du présent et de la condition future des peuples d’ascendance africaine.» Au milieu et à la fin des années 1970 Rodney a vécu au Guyana, travaillant sans relâche pour réunir les deux principaux groupes ethniques (personnes d’ascendance africaine et indienne), mobilisant les travailleurs dans un mouvement pour le «pain et la justice». Il a aidé à développer une coalition multiraciale qui, en 1979, s’est transformée en un parti politique, l’Alliance des travailleurs. Rodney serait tué pour ces efforts pour démocratiser le pays et se battre pour la justice économique.

Le biographe politique Rupert Lewis décrit la trajectoire intellectuelle de Rodney comme «antillais, panafricaniste et marxiste». Avec des préoccupations tels que la traite négrière atlantique et la révolution russe, la gamme intellectuelle de Rodney est remarquable. Durant ses premières années, Rodney fut encadré par plusieurs penseurs caribéens importants, dont l’historienne guyanaise Elsa Goveia à l’Université des Indes occidentales à Mona et, plus tard, par Selma James et C. L. R. James dans un groupe d’étude marxiste à Londres.

À l’âge de 24 ans, Rodney a obtenu son doctorat en histoire de l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres sous la direction de Richard Gray, en parlant de l’histoire de la côte de la Haute Guinée. Guinée et Guinée-Bissau) de 1545 à 1800. Son séjour en Tanzanie a finalement consolidé son rôle de panafricaniste. Il a enseigné l’histoire africaine au Collège universitaire de Dar es-Salaam pendant un peu moins d’un an avant de retourner en Jamaïque, mais la Tanzanie n’en avait pas fini avec lui.


Walter Rodney en Jamaïque

Rodney est retourné en Jamaïque en 1968 pour prendre position en tant que conférencier à l’UWI, enseignant l’histoire africaine. Là, il a été attiré par les plus marginalisés de la société et a fait une série de discours qui sont devenus la brochure politique « Groundings with My Brothers ». La fin des années 1960 a été un moment fertile pour le  Black Power dans les Caraïbes. En octobre 1968, le premier ministre Hugh Shearer du Parti travailliste jamaïcain a refusé à Rodney l’entrée en Jamaïque à son retour d’une conférence d’écrivains noirs au Canada. Shearer croyait que Rodney devait être banni parce qu’il représentait une menace pour la sécurité de l’État jamaïcain. L’État avait déjà interdit les écrits des défenseurs de Black Power, tels que Malcolm X et Stokely Carmichael, mais l’expulsion de Rodney avait provoqué des soulèvements de la part des étudiants et des citadins pauvres, près desquels Rodney s’était engagé politiquement. Les «émeutes de Rodney», comme on les appelait, représentaient une explosion de colère contre les conditions économiques désastreuses, le colorisme et l’expression des sentiments nationalistes noirs qui poussaient en Jamaïque. La vision de Rodney de Black Power en Jamaïque prônait une rupture avec l’impérialisme, le pouvoir pour les masses de Noirs (par opposition à une petite élite), et une refonte culturelle de la société. Rodney a suggéré que la Jamaïque n’avait pas de gouvernement noir. Il a souligné que les structures du pouvoir étaient blanches et que les personnes non blanches étaient «noires» – «les centaines de millions de personnes dont les terres sont en Asie et en Afrique, avec quelques autres millions dans les Amériques.» Il est important de noter que sa définition de «noir» incluait les Sud-Asiatiques des Caraïbes dont les ancêtres étaient venus en Amérique comme travail sous contrat. Cette définition flexible de la négritude fondée sur les classes lui a permis de construire avec les peuples indo-caribéens; à bien des égards, cette vision éclairerait la Révolution Black Power qui a eu lieu à Trinidad en 1970.

Révolution africaine en Tanzanie.

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Rodney est retourné en Tanzanie en 1968, prêt à s’engager dans la nouvelle vision pour l’Afrique. En 1960, année de l’Afrique, 16 pays ont accédé à l’indépendance. En 1961, Tanganyika a rejoint l’Afrique indépendante avec Julius Nyere à la barre. La Tanzanie a été formée en 1964, fusionnant Tanganyika et Zanzibar, avec Nyere comme président. La vision de Nyere pour la Tanzanie a été exprimée dans la Déclaration d’Arusha, une vision socialiste africaine pour l’autosuffisance. Rodney a choisi la Tanzanie en raison de son potentiel révolutionnaire à l’époque, la considérant comme un lieu où il pourrait apporter sa contribution et où les mouvements de libération en Afrique, dans les Caraïbes et aux États-Unis se sont rencontrés.

À Dar es-Salaam, Rodney a influencé une génération d’étudiants qui se sont engagés à réfléchir aux défis rencontrés localement et sur le continent en général. Il s’est engagé à décoloniser l’éducation et à écrire l’histoire tanzanienne d’un point de vue tanzanien d’une manière qui tienne compte des conditions locales et des distinctions de classe. Il a travaillé à la création de programmes d’études supérieures en histoire africaine, au développement d’une association d’enseignants en histoire et à l’émergence d’un esprit de débat politique sur le campus et au-delà. Il était un enseignant populaire et a participé à des débats sur le rôle de l’université dans la révolution africaine, le besoin de gouvernance démocratique, et comment recréer une société basée sur les besoins des masses.
À l’âge de 30 ans, en 1972, Rodney publie l’un de ses ouvrages les plus connus, «How Europe Underdeveloped Africa». Ce livre examine l’impact destructeur de l’esclavage et du colonialisme sur le continent et la manière dont ces forces contribuent paradoxalement au développement de l’Europe. En juin 1974, le sixième congrès panafricain s’est tenu en Tanzanie. Rodney n’a pas pu y assister, mais il a fait circuler un document controversé, «Vers le sixième congrès panafricain: Aspects de la lutte internationale de classe en Afrique, dans les Caraïbes et en Amérique», qui a été largement discuté. L’essai a mis en évidence les contradictions entre le nationalisme qui renforçait les frontières coloniales et le panafricanisme. Il a plaidé pour l’importance de représenter les mouvements de libération, pas simplement les chefs d’État. En outre, il a émis une critique cinglante de ceux qui ont conduit les États nouvellement indépendants d’une manière qui reproduisait les divisions et l’exploitation économique du colonialisme et du capitalisme moderne. Il a souligné les contradictions de classe qui affecteraient le congrès – le premier à se tenir en Afrique – si les organisateurs n’étaient pas vigilants dans la lutte contre la sur-représentation des gouvernements des États et si la libération et les mouvements populaires n’étaient pas là pour se représenter.

Rodney et l’Institut du Monde Noir (IBW): Race et Classe 

Plus tard en 1974, Rodney s’est rendu à Atlanta pour soutenir le travail de l’Institut du Monde Noir en tant que conférencier et co-coordinateur de leur symposium de recherche d’été. Le symposium de 1974 comprenait des conférences publiques, un volet de recherche de six semaines sur «La structure sociale et la lutte noire» et une conférence de trois jours pour tracer les orientations futures du Mouvement pour la liberté noire. L’historien Derrick White, auteur du livre « Le défi de la noirceur: l’Institut du monde noir et l’activisme politique dans les années 1970 », a soutenu que l’IBW était un groupe de réflexion activiste qui cherchait à établir un consensus entre les différentes luttes y compris le nationalisme noir, le marxisme et l’intégrationnisme. La Convention nationale des Noirs de 1972 (largement organisée par le Congrès des peuples africains) a attiré plus de 10 000 personnes de tout le pays. Les participants à la convention ont élaboré un «agenda noir» complet. Les militants du mouvement en viendraient à croire que certains politiciens qui ont participé ont trahi ce programme, enflammant un débat idéologique qui a intensifié les fractures dans la lutte noire américaine.

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Walter Rodney avecCheddi Jagan

Comme le démontre White, au cours des années 1970, les débats idéologiques dans le Black Freedom Movement ont souvent porté sur la race versus la classe et le socialisme contre le nationalisme noir. Ces débats idéologiques étaient également internationaux, car ils ont tourmenté le Sixième Congrès panafricain. Pour Rodney, la classe et la race étaient des catégories critiques d’analyse. Pour l’IBW dans ses tentatives d’unité à la lutte aux États-Unis et de soutien à la lutte des Noirs à l’étranger, l’économie politique était un ingrédient nécessaire à leurs analyses. Rodney – qui avait critiqué le leadership néo-colonial noir et compris profondément l’impact de la suprématie blanche et du capitalisme sur les communautés du monde entier – les a soutenus dans leur vision de tracer une nouvelle analyse à travers leur symposium de 1974. White soutient que les discussions et les conférences de Rodney ont aidé l’IBW à «élargir sa compréhension d’une économie politique racialisée».


Walter Rodney rentre à la maison en Guyane 

1974 serait aussi l’année où Rodney est rentré en Guyane. Il s’est vu refuser un emploi à l’Université du Guyana pour des raisons politiques. Il a finalement rejoint la Working Peoples Alliance, une organisation socialiste multiraciale collective. En 1979, le WPA est passé d’une alliance de plusieurs organisations à un parti politique, s’efforçant de fournir une alternative aux deux principaux partis politiques tout en se concentrant sur le travail anti-polarisation et l’éducation politique soutenue. Les organisateurs, y compris des personnalités comme Eusi Kwayana, Rupert Roopnarine et Andaiye, ont contesté les pratiques corrompues du gouvernement du Congrès national du peuple et sa politique d’intimidation tout en essayant de modeler leur vision pour la société guyanaise. Rodney a aidé à mobiliser un mouvement populaire multiracial qui a défié le gouvernement de Forbes Burnham et s’est battu pour «le pain et la justice». Ce mouvement était particulièrement important parce que les élections frauduleuses avaient permis à la PNC de maintenir le pouvoir pendant des décennies.

Les militants de l’opposition ont souvent été arrêtés et certains ont même été enlevés ou assassinés. Ils se sont battus pour le « pain » en raison de la pénurie de produits alimentaires de base et des circonstances économiques difficiles qui ont frappé les Guyanais. Peut-être le plus important, la WPA et ses alliés ont lancé un défi à la politique ethnique polarisée qui a tourmenté le pays et a abouti à des émeutes raciales entre les populations d’ascendance africaine et sud-asiatique pendant les années 1960. Rodney a joué un rôle crucial dans la lutte politique au Guyana, attirant un large public des deux groupes ethniques et s’adressant à un large éventail de personnes, notamment les travailleurs de la bauxite, les travailleurs du sucre, les étudiants, les fonctionnaires et les pauvres. Il a su inspirer ceux qui se sentaient désenchantés. Pendant ces moments, souvent sous la contrainte, Rodney a mené la recherche et a écrit son travail qui serait publié à titre posthume, « Une Histoire des Travailleurs Guyanais, 1885-1905 ». Une histoire sociale de la Guyane britannique, le livre explore l’économie politique du pays, le rôle et les luttes des travailleurs dans le développement national, les contraintes auxquelles ils sont confrontés, et comment ils ont contesté les systèmes conçus pour les contrôler.

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Pas seulement un leader

Bien que charismatique, Rodney a rejeté le concept du leader charismatique unique. Il était profondément et résolument engagé dans un leadership démocratique et centré sur le groupe. Dans un de ses discours sur le travail de la Working Peoples Alliance, il a déclaré: «Nous avons évité de nous concentrer sur une seule direction. C’est-à-dire qu’une personnalité, considérée comme le chef de file, devient le centre d’attention et, à n’en pas douter, devient le chef de file dans le style bien connu dans certains pays du tiers monde. Nous rejetons cela. Et nous pensons que, par principe, cela ne représente pas vraiment le plein développement des personnes dans n’importe quelle société.  » Dans un autre commentaire, il a maintenu ses idéaux: «Nous ne voyons vraiment pas la nécessité de suggérer au peuple guyanais qu’un seul individu, ou même une poignée de personnes, tiennent le destin du pays entre leurs mains.» Il a vécu dans le «nous « plutôt que le » je « et croyait que tout le monde pouvait contribuer à construire des sociétés plus justes.

Pouvoir populaire 

Dans un discours intitulé «Nous allons de l’avant», Rodney a noté que «la révolution est faite par des gens ordinaires, et non par des anges, mais elle est faite par des gens de tous les niveaux de la vie. -la rue. Il a écouté attentivement et a appris des communautés qu’il a engagées, souvent les personnes que l’État considérait comme des personnes qui se livraient au vol ou qui étaient importantes seulement à cause de leur travail. Leurs luttes et leurs compréhensions du monde ont joué un rôle dans son développement intellectuel et politique. Ils ont également fait de lui un croyant convaincu que les gens ordinaires pourraient fondamentalement changer leurs sociétés.

Affronter la peur

Finalement, Rodney nous a rappelé à tous de constamment affronter la peur. Dans « The Struggle Goes On », Rodney a soutenu « il faut être prêt à prendre position contre le mal et l’injustice dans la société. … Pendant trop longtemps notre nature a été vaincue par la peur; une peur justifiée. C’est vrai qu’il y a une peur de perdre des emplois. … La peur que vos enfants pourraient être victimisés et ainsi de suite. Mais il doit y avoir un point où les gens se rendent compte que même cette peur doit être surmontée. Il doit être surmonté par une nouvelle résolution parce qu’à long terme, ce n’est pas simplement que vous et moi nous battons dans des batailles individuelles. Le sens dans lequel nous pouvons nous battre dans une bataille collective est beaucoup plus important. »Il est clair qu’il est capable de parler de la peur des gens de contester le gouvernement et de s’attaquer aux problèmes omniprésents de la société. Il affronterait ses craintes à plusieurs reprises, surtout plus tard dans la vie, parce que la Working Peoples Alliance était une cible gouvernementale, et Burnham à l’époque avait ouvertement menacé la vie de Rodney. Le travail de Rodney avec le WPA mènerait finalement à son assassinat.

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Sur la mort de Rodney

Dans la soirée du 13 juin 1980, Walter Rodney était assis dans une voiture en stationnement avec son frère, Donald Rodney. Un talkie-walkie a explosé sur ses genoux et tragiquement mis fin à sa vie. Son frère a survécu, subissant des blessures mineures. L’appareil avait été construit et remis à Rodney par Gregory Smith, un expert en électronique et sergent de marine dans la Force de défense du Guyana que Rodney croyait être un allié. Peu de temps après la mort de Rodney, Smith, sa petite amie et leurs enfants, ont été sortis du pays dans un avion de l’armée.

En 2014, le gouvernement du Guyana a lancé une commission d’enquête sur la mort de Walter Rodney, 34 ans plus tard. Alors que la commission devint assez controversée, en 2016, elle compléta son rapport, concluant ce que beaucoup savaient déjà: l’assassinat de Rodney fut exécuté avec «le plein soutien, la participation et l’encouragement» de l’État, de la police et de l’armée guyanaises. Le rapport conclut: « Il n’aurait pu être tué que dans ce que nous considérons être un assassinat organisé par l’État, avec la connaissance du Premier ministre Burnham au Guyana de cette période ».

Son meurtre a laissé Patricia Rodney – sa femme depuis 15 ans qui avait lutté aux côtés de lui à travers le monde – une mère célibataire de trois enfants – Shaka, Kanini et Asha. Dans son témoignage devant la commission, elle a expliqué que sa famille avait subi tant de surveillance et de harcèlement qu’elle a dû rester avec sa famille, ses amis et dans des maisons sûres pour se protéger. Elle a témoigné que son mari s’était engagé à renforcer la solidarité entre les habitants du Guyana et a estimé qu’ils ne devraient pas céder à la peur et à l’intimidation. Cet engagement profond lui avait coûté la vie.


Walter Rodney: un intellectuel révolutionnaire

« Je pensais que le fait d’être un intellectuel révolutionnaire pourrait être un objectif auquel on pourrait aspirer, car il n’y avait sûrement pas de raison de rester dans le monde académique … et en même temps de ne pas être révolutionnaire. » Walter Rodney

Rodney passa sa vie à examiner le système capitaliste international et la formation des classes; en soulignant les façons dont la suprématie blanche a fonctionné; reconnaissant les défis auxquels les sociétés nouvellement indépendantes ont été confrontées et les luttes pour la souveraineté; la confrontation à la subordination collective dans laquelle les Noirs se sont retrouvés à l’échelle mondiale et la réalité des visages noirs et bruns qui menaient des régimes qui militaient directement contre les intérêts de leur peuple; et affirmer l’importance de la race et de la classe comme catégories d’analyse et, surtout, comme bases de l’organisation.

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À l’heure actuelle, aux États-Unis, les médias dominants mettent souvent les problèmes de classe en opposition avec les questions de race en matière de politique. Des gens comme Walter Rodney nous rappellent que la race et la classe sont fondamentalement interconnectées. Sa vie et son travail nous rappellent que nous devons prêter attention à une Afrique continentale vivante et changeante, reconnaître les interconnexions à travers la diaspora, que nous devons affronter nos peurs et participer collectivement aux luttes pour la justice.

Vous voulez en savoir plus? Si vous voulez en savoir plus, lisez quelques-uns de ses travaux, notamment «How Europe Underdeveloped Africa» ou «History of Guyanese Working People, 1881-1905». La Walter Rodney Foundation, fondée par sa famille en 2006 et basée à Atlanta, Géorgie, organise des événements en son honneur et organise une série de projets d’héritage. Sa famille a également fait don de ses papiers aux Archives et à la collection spéciale de la bibliothèque Robert W. Woodruff du Centre universitaire d’Atlanta. Cette vaste collection de ses écrits comprend également quelques bandes sonores de ses discours. Une biographie classique est la «Pensée intellectuelle et politique de Walter Rodney» de Rupert Lewis, et il y a quelques années, Clairmont Chung a édité un volume d’interviews intitulé «Walter A. Rodney: une promesse de révolution.

Nicole Burrowes est professeure adjointe au Département d’études sur la diaspora africaine et africaine de l’Université du Texas à Austin.

traduit par la Team Elimu

50 ans avant la protestation de l’hymne national de Colin Kaepernick, Walter Beach III a contesté le racisme dans la NFL

Les protestations actuelles de la NFL, lancées par l’ancien quart-arrière des 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick, ont amené des comparaisons avec les militants noirs des années 1960. Le champion des poids lourds Muhammad Ali et d’innombrables autres titans sportifs ont sacrifié leur carrière professionnelle, leur sécurité financière et leur sécurité personnelle pour soutenir les Afrodescendants contre le racisme. Alors que Kaepernick a déjà passé un cap dans son activisme en lançant des programmes pour les jeunes inspirés des Black Panthers, rappelons nous de que plus de cinquante ans avant qu’il ne se mette à genoux pendant l’hymne national, Walter Beach III a fait ce sacrifice.

Lors d’un sommet à Cleveland en 1967, Walter Beach III s’est joint à d’autres athlètes noirs pour soutenir le refus de Muhammad Ali d’être recruté par l’armée américaine et de servir dans la guerre du Vietnam. Le casting des athlètes inclus (dans le sens des aiguilles d’une montre à partir de la première rangée à gauche) Bill Russell, Muhammad Ali, Jim Brown, Lew Alcindor; (rangée arrière) Carl Stokes, Walter Beach III, Bobby Mitchell, Sid Williams, Curtis McClinton, Willie Davis, Jim Shorter et John Wooten. (Getty Images, Robert Abbott Sengstacke)


L’arrière défensif Beach, champion de la NFL 1964 des Cleveland Browns,  dit que sa famille lui a montré et a transmis le courage requis pour soutenir la justice et défendre les Afrodescendants. Il rappel fièrement que son grand père aurait porté une arme à feu pour que sa femme Ola puisse marcher sur le trottoir, défiant les codes racistes qui exigeaient que les piétons noirs traversent dans la boue.


Cet héritage culturel a exigé que Beach refuse d’accommoder le racisme pour le plaisir de jouer au ballon professionnel. En 1962, il a officiellement défié la politique d’hébergement distincte et inégale des Patriots de Boston, qui a insisté pour que les joueurs noirs reçoivent des hôtels de mauvaise qualité et éloignés. Contrairement à un logement égal, Beach dit que la franchise qui est devenue les New England Patriots de Tom Brady lui a donné « un billet d’avion et un per diem et l’a envoyé chez lui ».

lire notre article sur la campagne de Nike avec Kaepernick

Inébranlable, Beach reste attaché à l’art du football et à l’esprit de résistance. La saison suivante, il a rejoint le running back du Hall of Fame et activiste à vie Jim Brown, à Cleveland, et le club a remporté la couronne un an plus tard. Comme Kaepernick, Beach a été presque chassé du championnat.

 Un demi-siècle après Walter Beach III, l’ancien quart-arrière de San Francisco Colin Kaepernick continue d’être exclu de la NFL. (Facebook)

Le propriétaire des Browns, Art Modell, qui, quelques années plus tard, s’est enfui avec l’équipe à Baltimore, a modélisé les idéaux de plantation conçus pour maintenir le pouvoir blanc. Réminiscence des esclaves Noirs qui ont été délibérément maintenus analphabètes sous peine de mort, Beach mis en péril sa carrière de footballer en lisant ouvertement « Message to the Blackman in America ». Selon Beach, Modell l’a très mal pris et à placé « Message » de Elijah Muhammad sur la liste des livres interdits.

En parlant avec Atlanta Black Star, Beach a dit qu’il a dit à son patron: « Un homme ne peut pas dire à un autre homme quoi lire. … Si tu ne veux pas de moi dans cette équipe de football, rends-moi mon billet d’avion. Ne pensez jamais que vous me possédez et vous pouvez me dire quoi lire. Et bien sûr, c’était la fin de cette discussion. « 

Jim Brown, le meilleur joueur de la ligue, a protégé son ami et son coéquipier contre les actes punitifs de Modell. Mais Brown, lui aussi, se heurta à des propriétaires blancs, et il se retira brusquement après la saison 1965. Avec son allié des touch downs absent, Beach a duré une saison avant d’être viré des Browns et n’a jamais été employé pour jouer à nouveau en tant que footballer professionnel.  

En 1971, Walter Beach III a poursuivi les Cleveland Browns et la National Football League pour avoir refusé à tort son emploi. La star du gridiron à la retraite voit un parallèle avec sa carrière de footballeur et l’exilé Kaepernick. Il pense que le quarterback reste banni pour illustrer que les propriétaires blancs maintiennent la domination sur la ligue à prédominance noire.

Beach a dit à Atlanta Black Star que les opérations quotidiennes du racisme sont exposées dans la façon dont le message de Kaepernick a été diminué alors même que l’agenouillement se propage. « Tout le mouvement a été détourné. Kaepernick parlait de la brutalité policière. Kaepernick a dit, je suis debout parce que je m’oppose à ce que les jeunes hommes et femmes noirs soient assassinés par la police et vous n’avez pas entendu parler de cela. Ils parlent du Premier Amendement, de la Constitution, des anciens combattants. «  Semblable à Jim Brown et la légende de baseball Jackie Robinson, Beach a servi dans l’armée avant sa carrière sportive pro. Même après quatre ans dans l’armée de l’air des États-Unis, Beach rejette fermement les affirmations selon lesquelles le déclin de l’hymne national décriait les militaires.

Affichant une constance remarquable, Beach a pris la même position il y a cinquante ans, face à un jeune prizefighter qui a refusé d’être drafté pour la guerre du Vietnam. En 1967, Muhammad Ali s’est réuni avec Jim Brown, les icônes de basket-ball Bill Russell et Kareem Abdul-Jabbar et un petit groupe d’autres athlètes noirs dont Walter Beach III. Le refus d’Ali de voyager à travers le monde pour combattre des gens qui ne m’ont jamais appelé «nègre» a résonné avec des générations de Noirs, y compris Beach, qui ne pouvaient pas dire que ses camarades de l’Air Force blanche avaient le même record sur les insultes raciales.

Depuis la mort d’Ali l’année dernière, Beach dit qu’il est très mécontent de l’hypocrisie et de l’adoration feinte pour le prodige de boxe et ancien élève d’Elijah Muhammad. Beach, maintenant âgé de 84 ans, insiste « Les Blancs n’ont pas été impressionnés par Ali. Tous les membres du Congrès et les sénateurs qui sont allés à l’enterrement et toutes ces personnes qui parlaient de ce grand homme qu’il était en 1968, ce n’était pas leur position. Il était un nationaliste noir, militant, musulman et ils ne l’aimaient pas. « 

Témoins des décennies d’athlètes noirs transformés et éliminés par l’amusement sportif  Beach se senti obligé d’avertir les sportifs d’ancrer leur estime de soi au-delà du terrain de jeu. « Si vous êtes avec les Warriors, ou avec Cleveland, ou avec les Rams, le football est ce que vous faites. Ce n’est pas qui vous êtes. Le football est ce que j’ai fait, mais ce n’est pas qui je suis. «   

L’auteur et le champion de la NFL a répondu à beaucoup de questions lui demandant s’il aurait changé de comportement s’il avait gagné les millions de dollars que les athlètes d’aujourd’hui obtiennent. Beach est revenue une nouvelle fois à la famille. Son père, Walter Beach Jr., a souvent rappelé à son fils: «Vous faites de l’argent, l’argent ne vous fait pas». Il espère que davantage de Noirs développeront le courage de vivre leurs valeurs, même si cela coûte cher. 


Gus T. Renegade accueille le programme radiophonique « The Context of White Supremacy », une plateforme conçue pour disséquer et contrer le racisme. Pendant près d’une décennie, il a interviewé et étudié des auteurs, des cinéastes et des universitaires du monde entier.

Traduit par la Team OJAL,
Source: Atlantablackstar

 

 

Le discours magistral d’Hailé Selassié 1er à l’ONU (1963)

 

 » Tant que la philosophie qui considère qu’une race est supérieure et une autre inférieure ne sera pas finalement et en permanence discréditée et abandonnée ;

– tant qu’il y aura des citoyens de première et de seconde classe dans une nation ;
– tant que la couleur de la peau d’un homme
aura plus de signification que celle de ses yeux ;
– tant que les droits de l’homme de base ne seront pas garantis
également pour chacun, sans distinction de race ;
– tant que ce jour ne sera pas arrivé, le rêve d’une paix durable,
d’une citoyenneté mondiale et le règne de la moralité internationale
ne resteront que des illusions fugitives, poursuivies mais jamais atteintes.

Et tant que les régimes mal inspirés et ignobles
qui détiennent nos frères en Angola, au Mozambique et en Afrique du Sud
dans des chaînes inhumaines ne seront pas renversés et détruits ;
– tant que la bigoterie, les préjugés et les intérêts personnels n’auront pas été remplacés par la compréhension, la tolérance et la bonne volonté,
– tant que tous les Africains ne seront pas debout,
et qu’ils ne parleront pas en tant qu’êtres libres,
égaux aux yeux de tous les hommes comme ils le sont aux yeux du ciel,
– tant que ce jour ne sera pas arrivé, le continent africain ne connaîtra pas la paix.

Nous les Africains nous battrons, si c’est nécessaire, et nous savons que nous vaincrons, car nous avons confiance en la victoire du bien sur le mal.

La base de la discrimination raciale et du colonialisme a toujours été économique, et c’est avec des armes économiques que nous avons déjà surmonté certains
de ces maux et que nous en viendrons à bout.

A la suite de résolutions adoptées à la conférence au sommet d’Addis Abeba,
les états africains ont pris plusieurs mesures économiques qui,
si elles étaient adoptées par tous les états membres des Nations unies,
changeraient rapidement l’intransigeance en raison.

Je demande aujourd’hui que chaque nation représentée qui soit véritablement dévouée aux principes énoncés dans la charte adhère à ces mesures.

Nous devons agir tant qu’il en est temps, tant que se présente l’occasion d’exercer ces pressions légitimes, de crainte que le temps ne s’épuise et ne nous pousse
à recourir à des procédés moins heureux.

En ces temps modernes, les grandes nations de ce monde feraient bien de se rappeler que même leur propre sort n’est pas entièrement entre leurs mains.

La paix réclame les efforts unis de chacun de nous.
Qui peut prédire quelle étincelle pourrait mettre le feu aux poudres ?

Pour chacun d’entre nous, l’enjeu est le même : la vie ou la mort.

Nous souhaitons tous vivre.

Nous cherchons tous un monde où les hommes seraient libérés des fardeaux de l’ignorance, de la pauvreté, de la faim et de la maladie.

Et, si la catastrophe devait survenir, nous serions tous pressés
d’échapper à une pluie nucléaire mortelle.

Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui
sont tous à parts égales sans précédent

Ils n’ont pas de contrepartie dans l’expérience humaine.

Les hommes cherchent des précédents et des solutions dans les pages de l’histoire, mais il n’y en a aucun.

Ceci est donc le défi suprême. Où allons-nous chercher notre survie,
les réponses à des questions qui n’ont encore jamais été posées ?

Nous devons tout d’abord, nous tourner vers le Dieu Tout-puissant Qui a élevé l’homme au-dessus des animaux et l’a doté d’intelligence et de raison.

Nous devons avoir foi en Lui, qu’Il ne nous abandonne pas ou qu’Il nous permette de détruire l’humanité qu’Il a créée à son image.
Et nous devons regarder en nous-mêmes,
jusque dans les profondeurs de nos âmes.

Nous devons devenir ce que nous n’avons jamais été, ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement nous a très mal préparé.

Nous devons être plus grands que ce que nous avons été : plus courageux,
à l’esprit plus large, au point de vue plus ouvert.

Nous devons devenir les membres d’une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants et nous soumettre à la fidélité ultime que nous devons non pas aux nations, mais à nos semblables les hommes au sein de la communauté humaine. »

 
Discours de Son Impériale Majesté l’Empereur Haïlé Sélassié I
A l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies
New York City, le 4 octobre 1963
Team OJAL 
 

Tiré Machèt, l’art de combat haïtien

Découvrez l’art martial haïtien, le Tiré Machèt
 
 


En Haïti, l’art traditionnel de combat de machettes fait l’objet de nombreux noms, parmi lesquels Tiré Machèt . Tiré Machèt a ses racines dans la Révolution d’Haïti, lorsque les révolutionnaires ont souvent été forcés de se battre avec moins de fusils que de soldats. Sa combinaison de techniques africaines de lutte contre les bâtons et d’escrime européenne s’est révélée très efficace à la fois dans le combat et comme moyen d’autodéfense individuelle. Depuis lors, une multitude de styles et de méthodes de formation ont proliféré. Bien que beaucoup de ces pratiques restent cachées dans le secret, l’escrimeur haïtien Alfred Avril a invité les étrangers à apprendre cet art martial à venir en Haïti pour s’entraîner avec lui. 

En général, Tire Machèt est pratiqué dans le secret relatif. Les traditions familiales sont une possession étroitement surveillée pour être transmises à travers les générations, et seuls les membres de confiance de la communauté sont autorisés à participer (ou même à observer) des sessions de formation. Les étudiants de plus, doivent démontrer une grande loyauté envers leur «professeur» d’escrime afin d’être admis.

Jean-Louis Michel
 


En Haïti, avant la Révolution de 1791-1804 (quand on l’appelait Saint-Domingue), les esclaves d’ascendance africaine luttaient pour conserver leurs pratiques traditionnelles de combat de bâton en organisant des compétitions clandestines appelées Kalenda. Parallèlement, beaucoup de personnes noires libres ont cherché un progrès social par le service dans l’armée française, où elles ont été introduites dans les techniques européennes d’escrime de sabre. Notamment, l’escrimeur haïtien Jean-Louis Michel était l’un des tireurs européens les plus accomplis de l’ère napoléonienne. Au cours de la révolution, les machettes ont joué un rôle important dans le combat, car les insurgés étaient souvent incapables de fournir des armes à feu et des munitions à tous leurs soldats. Peu à peu, les éléments africains et européens ont commencé à fusionner en une seule tradition synthétique des arts martiaux. Au cours de l’histoire haïtienne, Tire Machèt a servi principalement comme moyen de légitime défense individuelle chez les agriculteurs qui travaillent jour après jour avec une machette en main à ce jour.

 


Bien que, de quelque façon, Tire Machèt ressemble à des méthodes historiques d’escrime de sabre européenne, elle ressemble bien à d’autres racines: les arts martiaux africains comme la Capoeira et les formes de lutte contre le bâton actuellement pratiquées en Afrique. Par exemple le Tahlib, art martial pratiqué en Afrique du nord et originaire d’égypte.

La survie de ces racines – les traditions africaines en Haïti est une source incontournable de sa richesse culturelle. Peut-être étonnamment, beaucoup de ces traditions sont aujourd’hui plus fortes en Haïti que partout en Afrique en raison de la mesure dans laquelle, au cours du dix-neuvième siècle, lorsque la majeure partie de l’Afrique était envahie par les puissances coloniales, Haïti souffrait de l’isolement international le plus complet imaginable. 

Le fait que les esclaves aient réussi à renverser leurs maîtres et à mettre en place leur propre gouvernement était un anathème pour l’idéologie raciste des sociétés esclavagistes tout autour d’elles, et ces sociétés ont répondu en coupant presque tous les contacts avec Haïti (à l’exception de la négociation sur le marché  mais avec des relations de marché des plus désastreux) depuis plus de 100 ans. Cet isolement, tout en étant dévastateur économiquement, a également permis de protéger les traditions africaines – de la musique et de la danse à la religion et à la peinture – pour prospérer.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Tire Machèt et d’autres arts martiaux de la diaspora africaine, voir l’excellent travail de T.J. Desch-Obi. Vous pouvez lire les sections de son livre Fighting for Honor: The History of African Martial Art Traditions in the Atlantic World. Pour en savoir plus sur la Révolution d’Haïti, voir notamment Avengers of the New World: The Story of the Haitian Revolution par Laurent Dubois.

Papa Machèt ou Alfred Avril
 
Alfred Avril ou Papa Machèt, dont la propriété se trouve sur les pentes boisées de Cap Rouge, juste à l’extérieur de la ville de Jacmel, était le dépôt d’une telle tradition d’escrime familiale. À première vue, un agriculteur de subsistance modeste, il était un maître d’art martial qui s’était formé à Tiré Machèt depuis son enfance, initialement sous la tutelle de son père. Au cours de sa vie, il a continué la tradition en tant que «professeur» respecté de Tire Machèt à son propre droit, en train d’instruire ses fils, petits-fils, nièces, neveux et autres membres de sa communauté tranchante dans l’art ésotérique de la machette combat. Voyez plutôt le documentaire produit par la société Third Horizon et réalisé par Jonathan David Kane, qui a été présenté au Festival international du film de Toronto en 2014 et au Festival du film de Sundance 2015 : 
 
Papa Machete « est un aperçu de la vie d’Alfred Avril, un agriculteur vieillissant qui vit dans les collines de Jacmel, en Haïti. Il est également le maître de l’art martial mystérieux de la clôture de la machette haïtienne, également connu sous le nom de Tire Machèt. L’enseignement de la valeur pratique et spirituelle de la machette, qui est à la fois une arme et une clé de survie pour l’agriculteur. Avril fournit un pont entre le passé traditionnel de son pays et son présent troublé. Le film documente sa fière dévouement à son héritage et à sa lutte pour Maintenez-le vivant face à la mondialisation contemporaine
 
 
Source : HaitianFencing.org 
Traduit par la team OJAL

5 extraordinaires Femmes Noires qui ont joué un rôle majeur dans la Révolution américaine

Phillis Wheatley (1753 – 5 décembre 1784)


Phillis Wheatley fut enlevée d’Afrique et emmenée en Amérique étant jeune fille. Cétait une fille instruite qui écrivait de la poésie, dont un poème pour le général George Washington. Quand Washington, chef de l’armée Patriote, entendit parler du poème que Wheatley avait écrit sur lui, il l’invita à son camp, où elle lut pour le futur président des Etats-Unis. Wheatley fut la première femme noire à avoir un livre publié. On lui accorda ensuite sa liberté.




Elizabeth Freeman (1742 – 28 décembre 1829)

Elizabeth Freeman, connu sous le nom de maman Bett, était une esclave qui intenta une action en justice pour sa liberté et l’a gagna. Deux ans plus tard, le cas de Freeman fut présenté lors d’un autre procès et joua un rôle décisif dans la décision du Massachusetts de déclarer inconstitutionnel l’esclavage dans cet état. Elle fut un héros révolutionnaire.



Lucy Terry-Prince (1730 – 1821)

Lucy Terry-Prince fut capturée à Rhode Island en Afrique. Elle épousa le prince Abia avec qui elle a eu six enfants. Deux de leurs fils serviraient dans la Révolution américaine. Sa seule oeuvre qui parvint jusqu’à nous,Bars Fight (1746), est le plus ancien poème existant écrit par une Afro-Américaine.



Oney Judge (vers 1773)

Oney Judge était une esclave qui vivait sur la plantation​​ de George et Martha Washington. Elle s’éclipsa une nuit à la fin de mai 1796 tandis que les Washington étaient en train de dîner. Elle fut caché par ses amis jusqu’à ce qu’elle puisse trouver un bateau en direction du nord.

Mammy Kate (1740-1815) 


Mammy Kate était une esclave qui travaillait sur la plantation du gouverneur de Géorgie Stephen Heard. Lorsque Heard fut capturé et retenu prisonnier pendant la Révolution américaine, Mammy Kate réussit à s’infiltrer et à faire sortir clandestinement Stephen Heard. Mammy Kate fut la première femme noire à être honoré en tant que un patriote de la Révolution américaine dans l’état de Géorgie.


Source : http://AtlantaBlackStar.com/

Traduit par la team OJAL

8 pays africains dont l’indépendance découle directement des enseignements de Marcus Garvey

Le Zimbabwe



Le Zimbabwe, autrefois connu sous le nom de Rhodésie, est l’un des plus grands exemples de pays ayant été touché par le garveyisme. Selon un article intitulé « The Seeds are Sown: The Impact of Garveyism in Zimbabwe in the Interwar Years« , les enseignements de Marcus Garvey ont eu un « effet électrisant sur les travailleurs migrants zimbabwéens en Afrique du Sud, en les incitant à former diverses associations. » L’accent mis par Garvey sur le nationalisme noir ainsi que d’autres principes considérés comme radicaux à l’époque contribuèrent à déclencher la « le mouvement africain le plus radical de colonie durant les deux guerres« . Les enseignements contribuèrent au final à façonner le paysage politique, religieux et social pour les associations qui finirent par se réunir pour former Zimbabwe.


Le Ghana



Les enseignements de Garvey inspirèrent de nombreux leaders dont Kwame Nkrumah. En raison de cette influence, Nkrumah commença par la suite à travailler pour libérer l’Afrique de la domination coloniale en commençant par le Ghana, selon Black Business Network. De 1952 à 1966, Nkrumah agit comme le chef de ce qui était alors connu sous le nom de Gold Coast avant qu’il conduise le pays à gagner son indépendance vis-à-vis de la domination coloniale britannique. Cela fit du Ghana le «premier pays d’Afrique noire à devenir indépendant», selon la BBC. Cela a également conduit beaucoup de gens dans le pays à attribuer à Nkrumah « la stabilisation d’une scène politique turbulente et en laissant de la démocratie un héritage« .


L’Afrique du Sud


Garvey était un partisan influent du rapatriement, ce qui permit de mobiliser de puissants  mouvements à travers l’Afrique du Sud et de jeter les bases de la vie politique dans la région. «Prêchant l’unité de tous les Noirs, il a affirmé que la liberté ne viendrait que par le retour de tous les Afro-Américains à leur foyer ancestral et à cette fin il avait fondé l’Universal Negro Improvement Association en 1914», selon sahistory.org . «En 1925 les adversaires du racisme blanc, dans les villes et les districts ruraux, mais surtout dans le Cap oriental avaient adapté les enseignements de Garvey à l’expérience sud-africaine noire. Ainsi, le retour des terres à ses propriétaires ancestraux est devenu l’un des thèmes centraux autour desquels l’opposition à la domination des colons blancs  fut mobilisée».


La Tanzanie



Après la Seconde Guerre mondiale, la région maintenant connue comme la Tanzanie fut placé sous tutelle des Nations Unies, et le développement de la région était sous contrôle britannique. Au cours d’une série de mouvements indépendantistes crées à la suite de la campagne de Garvey pour le nationalisme africain, Tanganyika Africa National Union (TANU) émergea comme l’un des groupes les plus puissants. Selon un article publié dans le Journal of Black Studies, la TANU fut dirigée par nul autre que Julius Nyerere, un leader influent du peuple qui attribuait beaucoup de ses propres connaissances aux enseignements de Garvey. La TANU grandissant, les élections eurent lieu en 1960 et la la Tanzanie devint indépendante en 1961.


Le Kenya



Jomo Kenyatta est non seulement le premier président du Kenya, mais il est aussi le puissant leader qui contribua à faire de ce pays une nation indépendante. Selon l’ouvrage « Figures from the African Nationalist and Independence Movement« , Kenyatta aida à mener l’Union nationale africaine du Kenya dans les négociations au cours de la première et la deuxième Conférence de Lancaster à Londres.


La Guinée



Ahmed Sékou Touré, un autre dirigeant influencé par les œuvres de Garvey, a conduit la Guinée à l’indépendance en 1958. Guinée faisait partie d’un groupe de pays qui formaient la IVe République française avant son effondrement. C’est lorsque les Français fondèrent la Ve République et offrirent l’autonomie des pays dans le nouvel empire colonial français ou d’avoir l’indépendance immédiate. Touré conduisit le peuple Guinéen dans une poussée indépendantiste tandis que les autres pays choisirent l’autonomie. Les Français se retirèrent de la région avant que la nation ne déclare son indépendance et a ne fasse de Sekou Toure son premier président.


La République Démocratique du Congo (RDC)



La RDC a obtenu son indépendance notamment grâce à la présence mouvements nationalistes qui fut inspirés en grande partie en partie par Garvey. Dans les années 1960, la RDC fut occupée par une série de parties indépendantistes comme le Mouvement National Congolais, qui fut dirigé par Patrice Lumumba. Le MNC à revendiquer la victoire aux élections parlementaires et Lumumba à sa tête devint le premier Premier ministre de la République Démocratique du Congo à partir de Juillet 1960.


L’Angola



Le slogan de Garvey, « L’Afrique aux Africains »  fut au centre de nombreux mouvements historiques d’indépendance et de libération. Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola doit a Garvey sa capacité à mobiliser et de faire partie de la liste croissante des groupes soutenant le mouvement nationaliste. Selon un article du New York Times, une « rébellion d’inspiration Garveyniste  » éclata en Angola en 1922, ce fut une autre grande étape vers l’indépendance du pays.


Source : 8 African Countries Whose Independence Is a Direct Result of the Teachings of Marcus Garvey

Traduction #TeamOjal





La piraterie pendant la période de l’esclavage et l’importance des Afrodescendants dans l’essor de la piraterie

S’il y a bien un épisode de l’histoire des Afrodescendants qui suscite des émois, des débats mais aussi de l’incompréhension c’est bien la période de la « traite négrière transatlantique » donc, en gros, du 15ème siècle au 19ème siècle. Ne nous méprenons pas, nous avons une mauvaise idée de ce que furent les siècles de razzias négrières, de traite transatlantique et d’esclavage, car l’histoire officielle est faussée, et pour certains cela reste un moment de l’histoire à oublier … 
Pourtant, il y a, dans cette période de notre histoire, d’énormes choses à retenir : 
 
  • Ce fut les débuts de la domination occidentale sur le monde et l’essor du capitalisme et tout cela perdure jusqu’aujourd’hui. C’est pour cela que l’on retrouve les mêmes mécanismes (qui ont évolués certes) dans le système.
  • Contrairement à ce que beaucoup pensent ce fut très dur et long pour l’Europe de faire plier l’Afrique et les Africains, d’ailleurs certains ne se sont jamais pliés. Les résistances ne cessèrent de compromettre les ambitions esclavagistes partout et depuis le début, et ce sont ces mêmes résistances qui poussèrent les colons à arrêter la traite et l’esclavage et donc d’imaginer un autre moyen pour soumettre les populations afro. La résistance est quelque chose que l’on peut également observer aujourd’hui.
  • Les traitements subits par l’homme et la femme afrodescendants durant cette période ont créés des traumatismes et ont détruit l’image que l’on avait de soi et de l’autre. Ce sont encore des séquelles qui vivent en nous aujourd’hui.
  • …etc 
Nous venons ici, vous parler d’une histoire qui se déroula durant cette période sombre : la piraterie. 
En effet, peu le savent mais les Afrodescendants jouèrent un rôle très important dans l’essor de la piraterie et ce n’est pas pour rien que ce que l’on appelle « l’Âge d’Or de la piraterie » se situe environ des année 1650 aux années 1730 donc en pleine traite. Pour beaucoup d’ Afrodescendants de cette époque-là, il valait mieux être en mer que sur terre et les postes que l’on proposait sur les bâtiments (bateaux) pirates ressemblaient plus à ce que l’on pourrait appeler un emploi plutôt que de la servitude. 
 
Certains pirates avaient des esclaves, mais la plupart d’entre eux ayant fui des sociétés européennes pour des raisons politiques et/ou idéologiques refusent le système esclavagiste européen. Sur les bateaux pirates, c’est l’égalitarisme qui règne de manière générale, c’est d’ailleurs les pirates qui ont influencé la devise de la France « liberté, égalité, fraternité« . Ainsi, la piraterie était un bon moyen de survivre en dehors des plantations des Amériques. Dans Do or Die, une histoire libertaire de la piraterie, on peut y lire : 
 

 » En 1715, le Conseil de la colonie de Virginie s’inquiète des relations entre le «ravage des pirates» et « une insurrection de nègres». Il a bien raison de s’inquiéter. En 1716, les esclaves d’Antigua se montrent «très impudents et insultants» et on signale que bon nombre «rejoignent ces pirates qui ne semblent pas faire grand cas des différences raciales». Ces relations sont transatlantiques : elles s’étendent depuis le cœur de l’Empire, à Londres, jusqu’aux colonies d’esclaves des Amériques ou à la «Côte des Esclaves» en Afrique. Vers 1720, un groupe de pirates s’établit en Afrique Occidentale, rejoignant et se mélangeant aux Kru, un peuple d’Afrique Occidentale vivant dans ce qui est actuellement la Sierra Leone et le Liberia, renommé pour sa technique de pêche dans de longues pirogues et pour avoir mené les révoltes d’esclaves. « 

Non seulement les Afrodescendants bénéficiaient d’un système égalitaire au sein de la piraterie, mais ils étaient souvent très nombreux sur les bateaux pirates. En fait, un grand nombre de pirates sont d’anciens esclaves: il y a bien plus de Noirs sur les bateaux pirates que sur les navires de guerre ou de commerce et, selon les témoins, il est rare qu’ils soient utilisés comme «esclaves». La plupart de ces pirates Afrodescendants sont des esclaves en fuite: soit ils ont fui pendant leur voyage depuis l’Afrique, soit ils ont déserté les plantations ou les navires à bord desquels ils travaillaient. Certains peuvent être des hommes libres, comme ces «Nègres libres», des marins de Deptford qui, en 1721, ont engagé «une mutinerie parce que nous avions trop d’officiers, et que le travail était trop dur, et ainsi de suite». 
Des histoires incroyables nous sont parvenus de pirates afrodescendants ayant perturbé l’Atlantique ou l’océan Indien, (qui à cette époque-là étaient les chasses gardées des Occidentaux) ayant connu la gloire mais aussi des fins tragiques, de quoi remplir des livres d’histoires et des livres d’aventures pour les plus jeunes : 

Diego le flibustier, dit Diego le « mulâtre » ou le « métis » ou Diego Lucifer ou encore Diègue est un Afrodescendant né à La Havane. Son père est probablement un capitaine hollandais.

Il commence à naviguer avec les Hollandais et apparaît en 1635 lorsqu’il participe à la prise de Campêche (Mexique). En 1636, il s’empare de Curaçao.
 
En 1638, associé au capitaine hollandais Cornelis Jol, dit « jambe de bois », il attaque la flotte espagnole.
 
Marin intrépide, connu pour ses innombrables exploits, vivant en grand seigneur, jouant de la guitare pour distraire ses hommes, narguant les Espagnols qui ont mis sa tête à prix, Diego, basé à l’île de Guanaja (golfe du Honduras) devient un personnage légendaire dans la mer des Caraïbes.
 
Après le traité de Westphalie qui mit fin à la guerre de course au service des Hollandais, le flibustier passa au service de la France, prenant ses ordres à l’île de la Tortue (Haïti), tout en continuant de travailler à son compte.
 
Diego, à la tête d’une flottille, écuma les mers pendant près de 40 ans.
 
Capturé en juin 1673, au cours d’une opération, par les Espagnols, il aurait été exécuté.
Abraham Samuel, également connu sous le nom « Tolinar Rex« , né en Martinique (ou éventuellement à Anosy, Madagascar), était un pirate dit mulâtre de l’océan Indien dans la fin des années 1690-. Il a dirigé brièvement un royaume pirate à Antanosy, Madagascar, de 1697 jusqu’à ce qu’il y mourut en 1705.
Samuel est un esclave en fuite lorsqu’il rejoint l’équipage du navire pirate John & Rebecca. Il en devient le second. En 1696, les pirates s’emparent d’un important butin et décident de se retirer en s’établissant à Madagascar. Samuel se retrouve alors à Fort Dauphin, une colonie française abandonnée. Là, la princesse locale l’identifie comme étant l’enfant qu’elle a eu d’un Français durant l’occupation de la colonie. Samuel se retrouve soudainement l’héritier du trône vacant de ce royaume. Même lorsque les négriers et les marchands viendront en masse pour commercer avec le «Roi Samuel», celui-ci gardera de la sympathie pour ses camarades pirates, les autorisant, en les assistant même si nécessaire, à piller des navires marchands venus pour commercer avec lui. Un certain nombre de personnages semblables, peut-être moins flamboyants, ont existé dans les ports et les rades de Madagascar –des pirates ou des négriers, devenus des chefs locaux à la tête d’armées privées d’au moins cinq cents hommes.

Bartholomew Roberts (17 mai 1682 – 10 février 1722), pirate britannique de son vrai nom John Roberts, dit Le Baronnet Noir, est un des pirates les plus célèbres de son époque.

En 1719, à l’âge de 37 ans, il embarque en tant que second à bord du navire Princess, destiné au transport d’esclaves, qui sera capturé en juin 1719 par le pirate Howell Davis à Anomabu près de la Côte-d’Or (devenue le Ghana aujourd’hui). Six semaines après sa capture (certains parlent plutôt de quatre semaines), la flottille de Howell Davis est prise en embuscade par le gouverneur de l’île de Príncipe (Île du Prince). Au cours de la bataille, Howell Davis est lui-même tué. Bartholomew Roberts, décrit comme un homme grand et noir, a eu le temps, en quelques semaines, de montrer son talent et sa supériorité au combat ; il est alors élu capitaine du bateau pirate Royal Rover par son équipage. On raconte qu’il a mené la carrière de pirate la plus réussie de toute l’histoire, en capturant plusieurs centaines de navires (jusqu’à 22 navires en une seule prise) en seulement deux ans. Le prénom qu’il a choisi pourrait être un hommage au pirate Bartholomew Sharp.
Portrait de Bartholomew Roberts

 

La piraterie est une illustration, encore une, des alternatives que nos Ancêtres ont trouvés pour fuir et résister au système coloniale et esclavagiste des Européens. Certains peuvent les voir comme des opportunistes, ivrognes et intéressés mais pour d’autres ils sont des héros, des grandes figures d’une histoire de la résistance que nous ne connaissons pas assez.

Source :

Bastions pirates, une histoire libertaire de la piraterie, traduit de l’anglais par le collectif FTP, Do or Die

– Robert C.Richie, Captain Kidd and the War against the Pirates (Cambridge, Massachusetts and London, Harvard University Press, 1986). 

– Peter Lamborn Wilson, Utopies Pirates : Corsaires Maures et Renegados (Paris, Dagorno, 1998).

www.une-autre-histoire.org

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