Mwalimu, auteur sur Elimu

Haïti, première république noire?

Il existe souvent dans nos vies, des phrases que nous répétons avec certitudes, qui apparaissent comme des évidences et qui ne sont jamais remis en question, bien qu’elle soient entièrement ou partiellement fausses. Il est courant d’entendre, lorsqu’on parle d’Haïti, qu’elle est la « première république noire », mais est-ce vrai? Elimu vous propose de venir interroger l’histoire panafricaine, en parcourant l’Ancien et le Nouveau Monde sur plus de 1000 ans d’histoire, à travers 3 faits historiques.

I. Carthage, la république africaine de l’Antiquité

Non seulement, Carthage est la première république noire, mais elle est aussi tout simplement la première république de l’histoire de l’humanité! Le témoignage de Aristote est éloquent, dans son livre La Politique, il décrit la gestion de l’état carthaginois de la sorte :

« Carthage jouit d’une Constitution plus complète que celle des autres États . Les Carthaginois […] possèdent des institutions excellentes; et ce qui prouve bien toute la sagesse de leur Constitution, c’est que, malgré la part de pouvoir qu’elle accorde au peuple, on n’a jamais vu à Carthage de changement de gouvernement, et qu’elle n’a eu, chose remarquable, ni émeute, ni tyran »

Rappelons, que cette citation date du 6ème siècle av. J.C! A une époque où Rome venait tout juste de découvrir le concept de république (on date la plus ancienne république romaine à 509 av. J.C). Concept qu’elle a d’ailleurs emprunté aux Carthaginois qui le pratique depuis le 9ème siècle, époque de la fondation de Carthage.

République noire évidemment puisque Carthage est une ancienne colonie phénicienne, or les Phéniciens sont tout aussi noirs que les Égyptiens ou les Arabes originaux. Nous vous invitons à relire nos articles sur le sujet, si vous en doutez encore. En disant d’Haïti qu’elle est la PREMIERE république noire, c’est nier l’africanité et la négritude de Carthage.

Vous connaissez sans doute, le général Hannibal, noir qui fit trembler Rome durant le 3ème siècle av. J.C.

II. Dessalines, Henri 1er, Faustin 1er  et les dynasties haïtiennes

Drapeau d’Haïti sous l’Empire (1804-1806)

Héros de la révolution haïtienne, Jean-Jacques Dessalines est pourtant beaucoup moins connu que Toussaint Louverture. Sûrement que son côté bien plus radical que Louverture, lui vaudra les foudres des historiens français et américain … Dans sa déclaration d’indépendance, il déclarera :

« […] Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intentions d’assurer à jamais aux indigènes d’Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu’il a fait à un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d’une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île ; et, après avoir recueilli les avis, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance. »

Bien que république, durant les premiers mois de son existence, l’état indépendant d’Haïti deviendra très vite un empire, avec la dynastie des Dessalines, puis un royaume avec le roi Henri 1er. Un second empire verra le jour, avec Faustin 1er en 1849.

Drapeau du royaume d’Haïti (1811-1820)

 

Drapeau d’Haïti sous le Second Empire (1849-1859)

Haïti, durant ses premières années, connu des empereurs et des rois, qui firent bon gré mal gré la gloire de l’histoire haïtienne.

 

III. Palmares, premier état noir indépendant du Nouveau-Monde

Peu de gens le savent, mais un état noir indépendant avait déjà existé en Amérique coloniale, avant la cérémonie du Bois-Caïman et la révolution haïtienne : un siècle auparavant des Africains en fuite avait fondé en 1605, le quilombo dos Palmarès dans le nord-est du Brésil.

Les quilombo sont des regroupement d’anciens esclaves en fuites dans le Brésil colonial. Le plus grand et celui qui a duré le plus longtemps fut celui de Palmarès, dans une partie du Brésil colonisée par la Hollande, le Pernambuco, il réussit pendant plus d’un siècle à tenir en échec les expéditions militaires hollandaises et portugaises, constituant ainsi la révolte d’esclaves la plus longue de l’histoire.

 

 

 

Reconstitution d’un mocambo : 1 – Entrée. 2 – Pièges/Trappes. 3 – Centre des Cultes. 4 – Terres Agricoles. 5 et 7 – Habitations. 6 – Centre Communautaire.

A son apogée, le quilombo comptait plus de 30 000 habitants et était constitué de plusieurs villages (au moins 9 connus), les mocambo sur 600 000 kilomètres carrés en 1630 (la taille de la France!). Palmarès était gouverné par des afrodescendants libres à partir d’une cité-capitale Cerra dos Macacos, ce qui était du domaine de l’impensable en pleine période coloniale et esclavagiste. Le quilombo était organisé sur un modèle de village africain ou indien, c’est à dire avec un chef et un conseil, les habitants participaient aux assemblées et tous les travaux étaient réalisés en communauté (construction, agriculture…). A Palmarès, cette organisation incluait aussi la stratégie de guerre et de défense. Le quilombo était dirigé par des rois dont deux restent célèbres. Leur noms semblent indiquer une origine au Kongo/Angola, Ganga Zumba  mais surtout Zumbi.

Zumbi de Palmarès, le leader des afrodescendants

Entendons-nous bien, il ne s’agit absolument pas de minimiser la révolution haïtienne, bien au contraire! Nous proposons de mettre cette fabuleuse aventure de liberté des Africains de Saint-Domingues en relation aux autres révoltes du Nouveau-Monde et de l’histoire politique des Africains de l’Antiquité. Comme quoi, on en apprend tous les jours …

Un article original Elimu

Manga et jeunesse afrodescendante: l’amour fou?

le manga chez les jeunes Afro a le vent en poupe

Si vous n’avez jamais essayé, lorsque vous étiez enfant, de faire un Kamehameha, de vous transformer en Super Saiyen, d’activer votre Sharingan ou de faire un multi-clonage, c’est que vous n’avez probablement pas eu la même enfance que la majorité des jeunes des années 1990-2000… Rassurez-vous, ce n’est pas irréversible, voici un article pour les mordus de manga, pour ceux qui s’intéressent à la culture japonaise et africaine ou tout simplement pour ceux qui souhaitent intégrer la grande communauté des Afro-geek !

Le manga, phénomène mondial et promoteur culturel du Japon

Vous êtes sans l’ignorer, que vous soyez parent, jeune adulte ou adolescent, les mangas occupent une place de choix dans les divertissements favoris de la jeunesse et en particulier de la jeunesse afro.

Depuis la fin des années 1980, différents animés (promut notamment par la télévision française) ont inondé l’espace audio-visuel jusqu’à devenir de véritables phénomènes : Les Chevaliers du Zodiaques, Dragon Ball, Ken le Survivant, Sailor Moon, Berserk …etc puis c’est au début des années 2000 qu’une nouvelle vague de manga est venu marquer une autre génération : Naruto, Pokemon, One Piece, Bleach, Full Metal Alchemist, Death Note…etc et encore aujourd’hui les Japonais réussissent à susciter l’intérêt de nos petites têtes crépues avec des œuvres comme L’attaque des Titans, Hunter X Hunter, One Punch Man, Fairy Tales …etc

 

Ce sont des millions de bandes-dessinées, de cassettes ou DVDs vendus de par le monde, et peut être encore plus de millions d’heures de visionnage sur les plates-formes de streaming ! Après le Japon, les premiers consommateurs sont la France et les Etats-Unis, loin devant la Corée du Sud, l’Allemagne et la Chine. Peut-être que la présence d’une importante communauté afro dans ces deux pays n’y est pas pour rien … sachant que le Brésil est aussi un pays où la consommation de manga augmente très rapidement !

Tout cela constitue un pouvoir indéniable pour le Japon : des millions de jeunes à travers le monde s’abreuvent de folklore japonais et en langue originale ! Le manga est une véritable source de revenus pour le pays de l’empereur Naruhito car il promeut sa langue et sa culture à travers la planète et garantit ainsi sa place parmi les premières puissances mondiales en termes de soft-power: l’influence culturel sur des populations étrangères.

 

Pays du Soleil Levant et Terre du Soleil

Mais alors pourquoi autant de succès, en particulier chez les Afrodescendants ? Peut-être ne le saviez vous pas mais la culture japonaise et les cultures africaines ont énormément de points communs, et sûrement est-ce une des raisons pour l’attrait des jeunes Africains pour la culture japonaise et les mangas en particulier.

 

Tout d’abord, rappelons ici que les premiers habitants du Japon sont les Aïnous (« les humains » en aïnou). D’après certains scientifiques, le groupe ethnique dont descendraient les Aïnous est issu de la Grande Migration Côtière, qui, venue d’Afrique, a longé les côtés de l’Océan Indien pour donner naissance à une grande partie des populations australoïdes et mongoloïdes. Ce sont donc des gens qui venaient « directement » d’Afrique qui ont peuplé le Japon, comme les Andamans, premiers habitants d’Inde et d’Asie du Sud ainsi que les Aborigènes d’Australie. La majorité des habitants actuels du Japon sont venus bien plus tard, de Corée et de Chine. La culture traditionnelle japonaise, comme celle d’Inde et des autres peuples d’Asie du Sud transpire encore de ses origines africaines. Vous pouvez constater comment les esthétiques japonaises et africaines se marient parfaitement notamment dans la mode

Un homme Aïnou photographié en 1881

Dans le folklore japonais par exemple, et cela se voit notamment à travers les mangas, l’importance des symboles est frappant. L’utilisation de symboles permet une multiple lecture de l’histoire, avec souvent différents degrés de profondeur dans la compréhension du message, et les Africains le savent bien ! Demandez à vos parents qui connaissent sûrement les contes racontés dans l’Afrique traditionnelle (dont il reste des traces même après des siècles dans la diaspora), ils vous diront comment ceux-ci sont une source d’enseignement pour l’enfant comme pour le vieillard. Dans les mangas également, l’enseignement philosophique n’est pas toujours explicite, mais toujours présent sous forme de symboles.

 

Dans des mangas comme Naruto, Dragon Ball ou One Piece la présence de différents clans avec totems, de différents cercles d’initiés  et autres corporations rappelle les constructions claniques des sociétés africaines. En effet, l’Akatsuki dans l’univers Naruto peut faire penser à une société secrète comme on peut en trouver en Afrique, les Anioto du Congo par exemple.

Les Anioto, la société secrète qui assassine déguisé en léopard tout collaborateur au système colonialiste au Congo (début 20ème siècle)
Akatsuki, la société secrète qui veut changer le monde shinobi (Naruto)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Japonais ont réussi aussi à retranscrire leur paradigme et leur cosmogonie à travers leurs histoires, quelles soient sous forme de bandes dessinées ou en animés. Il n’est pas rare d’entendre des histoires d’êtres venus de l’espace sur Terre pour la peupler et donner naissance aux humains, ce qui laissent penser aux histoires similaires connues en Afrique, chez les Dogon ou chez les peuples de la région des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, RDC).

 

L’intervention de divinités de la tradition japonaise (Amaterasu, Izanagi, Izanami, Ashura, Indra …etc) dans les affaires humaines est également quelque chose de récurrent  dans les mangas. Tout comme les mythes africains de l’Antiquité jusqu’à nos jours (Yoruba, Akan, Egypte Ancienne, Peul ..etc). On peut dire que le surnaturel n’est pas quelque chose d’étranger à la culture africaine, mais aussi japonaise. Tous ces faits corroborent le fait que les histoires du pays du Soleil Levant ont de quoi plaire aux enfants de la Terre du Soleil, l’Afrique ( Kitara ou TaRa « terre du Soleil », nom du continent chez les Egyptiens Anciens, Ibuzuba ou Abzu « terre du Soleil », nom du continent chez les Sumériens).

 

      Amadiora, jeunesse africaine et 21ème siècle

 

Nous connaissons maintenant les ingrédients qui ont fait le succès des mangas auprès de nos petites têtes crépues, mais la question que nous pouvons nous poser est : « A quand des histoires similaires afro ? » L’Afrique et sa diaspora regorge de mythes, de légendes, de contes les plus extraordinaires les unes que les autres.

 

Verrons-nous un jour en bandes dessinées ou sur nos écrans l’histoire de la princesse Pokou, qui sauva son peuple en sacrifiant son fils et en faisant léviter son peuple par-dessus les fleuves ? Ou de Boni, l’Africain qui se révolta contre l’esclavage en Guyane et mena son peuple vers la liberté en fondant une nation dans l’Amazonie ? Ou encore de Gihanga, le héros fondateur des royaumes de la région des Grands-Lacs ? De Sunjata Keita ? L’histoire d’Osiris et Seth ? De Kimpa Vitaa ? Ou bien d’autres histoires imaginaires ou non d’auteurs africains ou issus de la diaspora ?

 

Afro-Samurai

A l’heure où le 21ème siècle prend de plus en plus les couleurs du Continent-Mère, l’importance de développer un imaginaire fait par ou pour les Afrodescendants est une nécessité. Certains ont lancé le mouvement, grâce notamment à une plate-forme de promotion et publication d’histoire d’auteurs africains : amadiora.net Il existe également des œuvres cinématographiques afro-américaines comme The Boondocks ou Afro-Samurai qui sont d’ors et déjà à votre disposition pour libérer votre imaginaire et celui de vos enfants !

Team Elimu

L’OJAL devient Elimu!

Pour beaucoup, si vous lisez ces lignes c’est parce que de près ou de loin vous connaissez l’OJAL. Que vous nous ayez connus depuis nos débuts en 2014 ou que vous venez de nous découvrir, que vous nous connaissiez à travers nos événements associatifs à Lyon ou à travers nos activités sur internet, vous êtes témoins d’une mutation : en effet comme la chenille devient papillon, nous tournons une page de vies de militants panafricanistes pour embrasser une nouvelle époque pleine d’aventures, l’Organisation de la Jeunesse de Lyon devient Elimu. Nous revenons dans cet article sur notre historique ainsi que les raisons de notre évolution.

 

Elimu est une plate-forme éducative numérique qui propose un nouveau regard sur l’éducation des personnes afrodescendantes. En effet, « elimu » est un mot swahili qui veut dire « éducation ». Le but est de promouvoir une éducation spécialisée pour personne d’ascendance africaine.

Cette plate-forme lancée en 2019 est le résultat de plusieurs années d’activités militantes et de réflexions personnelles et collectives.

Nous sommes deux frères, d’origine africaine qui depuis l’adolescence se posent des questions quant à leur place dans ce monde dominé par la suprématie blanche et l’hyper-capitalisme mondialisé. Très vite, la question de l’identité s’est fait ressentir car, comme la plupart des jeunes noirs évoluant dans un pays de Blancs, on nous renvoyait continuellement à nos origines et notre apparence. Vous connaissez sûrement tous les questions gênantes que les non-racisés peuvent poser au sujet de nos cheveux, notre peau, notre pays d’origine ou notre culture…

 

Le choix a été rapidement celui d’approfondir nos connaissances sur qui nous sommes en tant que garçons noirs et africains. Cette décision nous a conduites à la création d’une organisation panafricaniste dès 2014 qui se fit connaître dans la sphère afro-francophone sous le nom d’Organisation de la Jeunesse Afrodescendante de Lyon (OJAL).

L’organisation fonctionnait autour de trois pôles : Education, Black Business et Media et avec pour ligne directrice un programme politique que nous avons appelé « Initiative Communautaire » :

 

Les 5 principes fondamentaux :

UNITÉ :

Nous pensons que l’unité des populations afrodescendantes, où qu’elles se trouvent, ainsi que l’émergence d’une conscience communautaire sont des conditions sine qua non à l’élévation politique, économique, sociale et culturelle du continent et de la diaspora.

AUTODÉTERMINATION :

L’OJAL se positionne de manière ferme contre l’impérialisme et le paternalisme de toutes sortes. Nous promouvons de manière inconditionnelle l’indépendance réelle de notre peuple. Nous estimons que notre communauté a assez mendié, et qu’il est grand temps que nous comprenions qu’il est inadmissible que nous attendions que d’autres fassent pour nous ce que nous sommes amplement capable de faire pour nous-même et par nous-même.

SOLIDARITÉ ET RESPONSABILITÉ COMMUNAUTAIRE :

Il est impératif que notre communauté s’organise afin de créer de vrais réseaux de solidarité. Indéniablement les destins des populations afrodescendantes sont liés, il est donc dans notre intérêt de nous entraider et de collectiviser ressources et connaissances.

COOPÉRATION ÉCONOMIQUE :

L’OJAL est consciente que l’amélioration de nos destinés, ne passera que par la maîtrise de notre économie (promotion de l’auto-entrepreneuriat, soutien aux entreprises et institutions afro-descendantes) et la coopération productive. Notre communauté doit comprendre qu’elle s’appauvrit à chaque fois qu’elle dépense chez les autres. 

RAPATRIEMENT:

L’OJAL appel au rapatriement des forces vives de la diaspora vers notre continent (ou des territoires majoritairement noir). L’histoire des Afrodescendants prouve que l’offre d’intégration est hypocrite et mensongère, et affaiblit notre communauté au profit des autres.

 

Le but de l’OJAL était de créer une conscience communautaire dans la ville de Lyon, à travers un certains nombres d’activités de sensibilisation et de conscientisation à l’éducation politique afro diasporique (conférences, projection-débat, promotion du black business, micro-trottoir, programme de soutien scolaire …etc).

La team OJAL lors d’un événement de la promotion du Black Business en 2015

Cette organisation nous a permis de mettre en pratique nos idéaux et de les confronter à la réalité du terrain. Assez rapidement, nous étions connu dans la ville et les acteurs de la communauté (entrepreneurs, élus, présidents d’associations, étudiants …etc) nous sollicitaient régulièrement sur le thème du panafricanisme et de la revalorisation de soi. Nous étions la référence du « radicalisme noir » à Lyon, mais en France plus largement aussi.

L’OJAL faisant la promotion de l’Initative Communautaire à Lyon auprès des étudiants

C’est cependant sur internet que nous avons connu une plus grande exposition grâce à notre page Facebook qui regroupe 30 000 abonnés et notre site internet sur lequel nous publions régulièrement des articles sur l’histoire et l’actualité des Afrodescendants. Nous étions devenu une des organisations panafricanistes les plus influentes en France des 5 dernières années.

Notre réseau de partenaires et notre impact sur les membres actifs dans la communauté afro francophone venait consolider l’idée que nous étions sur la bonne voie.

Les cadres de l’OJAL avec le Dr. Umar Johnson

5 ans plus tard, forts de nos succès (le but de créer un eco-sytème afro communautaire à Lyon ayant été  globalement atteint) mais fatigués de cette vie ingrate de militants (sans salaire, reconnaissance pas à la hauteur des efforts …etc), l’un de nos co-créateur étant partis poursuivre ses activités de journaliste à Paris au sein de la rédaction du média NOFI, ce fût une opportunité pour nous de changer de format.

Nous visons maintenant bien plus large qu’une seule ville, nous visons les communautés afro de toute la planète, et nous nous concentrons sur la base du problème des Afrodescendants: l’éducation. C’est ainsi qu’est né Elimu qui se veut être l’ed-tech afro de référence, l’accélérateur de consciences noires dont le 21ème siècle à tant besoin.

Un an après sa création, Elimu devient internationale puisqu’elle est maintenant présente sur le continent africain, dans la ville de Kigali, au Rwanda précisement. Elle est une Organisation Non-Gouvernementale spécialisée dans l’éducation et la formation des personnes d’ascendance africaine où qu’elles soient. A Kigali par exemple, nous avons ouvert un ciné-club qui propose du contenu audio-visuel sur le thème de l’histoire et la culture des peuples d’Afrique dans un cadre de réflexion et de discussions.

Le logo du ciné club d’Elimu à Kigali

En attendant de nouveaux formats que nous mettrons en place pour diffuser les connaissances présentes dans le monde panafricain (Web TV, radio, maison d’édition …etc), restez connecté sur notre site, et nos réseaux sociaux !!

Pour être sûr de ne rien rater sur nos actualité abonnez-vous à notre newsletter

 

Un garçon de 10 ans invente un dispositif pour empêcher les enfants de mourir seuls dans les voitures

 

L’idée qu’un parent puisse quitter (parfois en oubliant) son enfant seul dans une voiture est inimaginable, mais la réalité est que cela se produit! En moyenne, 40 à 50 enfants meurent chaque année aux États-Unis après avoir été laissés ou oubliés dans un véhicule. En France c’est un peu moins, mais déjà beaucoup trop! La cause de la mort?

La température à l’intérieur d’une voiture les jours d’été, même avec les vitres rabaissées d’un pouce, peut rapidement dépasser 49 à 60 °C. Même par temps relativement doux, la température à l’intérieur d’une voiture peut dépasser les 38 °C. , les enfants courent un risque élevé de coup de chaleur, ce qui peut entraîner une forte fièvre, une déshydratation, des convulsions, un accident vasculaire cérébral et, éventuellement, la mort.

 

Le dispositif oasis

Il y a deux ans, Bishop Curry, résident de McKinney au Texas, a eu l’idée d’inventer un dispositif appelé Oasis. Vous pouvez le fixer à un repose-tête ou à un siège d’auto. Son objectif est de détecter si un enfant est laissé seul tout en surveillant simultanément la température à l’intérieur du véhicule. Une fois que la température a atteint un certain niveau, l’appareil souffle de l’air froid tout en alertant les parents et les autorités.

Il a eu l’idée après que la petite fille de son voisin, âgée de 6 mois, soit décédée après avoir été laissée dans une voiture surchauffée. Au départ, il avait fabriqué un modèle en argile à trois dimensions du dispositif Oasis dans l’espoir d’avoir assez d’argent pour fabriquer le véritable produit un jour.

Depuis lors, son père et lui ont réussi à amasser 50 292 $ de leur objectif de 20 000 $ sur gofundme.com. Cet argent est actuellement utilisé pour la fabrication du produit final et la protection du brevet. Selon nbcnews.com, l’idée de Bishop a tellement impressionnée  Toyota, qu’ils l’ont envoyé avec son père dans le Michigan pour une conférence sur la sécurité.

Son père dit fièrement à la NBC qu’il travaille pour Bishop, remplissant ses courriels, répondant à ses appels téléphoniques et conduisant Bishop à ses entretiens avec l’avocat. «Les gens font un don fondé sur une croyance, une conviction que le monde peut changer grâce à un seul enfant», a déclaré le père de Bishop.

Alors, alors que les parents attendent le jour où ils pourront enfin posséder cet appareil de sauvetage, que peut-on faire dans l’intervalle pour éviter qu’une tragédie aussi inutile se produise?

•Regardez avant de verrouiller: Prenez l’habitude de vérifier la banquette arrière chaque fois que vous sortez de la voiture avant de verrouiller la porte, même si vous ne transportez pas votre enfant. Faire cela à chaque fois vous donnera une bonne habitude.

• Faites sortir vos enfants de la voiture en premier,

• Lorsque vous faites des courses, ne laissez pas votre enfant dans une voiture. Même si cela ne prend que quelques minutes, une voiture peut chauffer rapidement, surtout par une journée chaude et ensoleillée.

• Gardez votre voiture verrouillée et vos clés hors de portée afin que les enfants ne puissent pas monter seuls dans la voiture.

• Si un enfant est porté disparu, en plus de vérifier le jardin et toutes les autres zones, assurez-vous de vérifier l’intérieur du véhicule et le coffre de toutes les voitures à proximité.

Laisser la voiture en marche et la climatisation ne rend pas votre enfant plus sûr. L’enfant pourrait être enlevé ou mettre la voiture en marche. Tout peut arriver!

 

Source : naturalsolution.me

Traduit par la Team Elimu

 

Fat Joe : « Tous les Latinos sont des Noirs »

 

Fat Joe est un ancien de le « game« . Figure montante depuis les années 80, et emblème pour les Latino-américains pendant des décennies. Utilisant lui-même un canal entre le Merengue et le boom-bap de la scène émergente du hip-hop. Ce n’était donc pas une surprise quand il s’arrêta à Hot 97 (une chaîne de radio américaine) et balança de sérieuses connaissance au sujet de l’expérience et du patrimoine uniques de l’Afrique, partagés par les Noirs et métis.

« Toute la musique est africaine: musique brésilienne, musique dominicaine, tambours espagnols. Toute la musique c’est la musique africaine. Et ous découvrez l’Afrobeat maintenant… J’ai été en Afrique. Ce sont eux qui font ça. »

« Même à Porto Rico quand vous allez dans les Caraïbes … parlons des Latinos qui ne se disent pas Noirs », a déclaré Joe.

“Les Latinos sont Noirs. À Cuba, il y avait à une époque huit millions de Cubains. Cinq millions, malheureusement, étaient des esclaves. Trois millions de personnes étaient de véritables Cubains. Ils se sont mélangés et ont eu des bébés. Même chose avec Porto Rico quand vous allez à Loíza. Et quand vous parlez de Santeria, cela vient de l’Afrique, la Terre-Mère. Parfois, les Latinos peuvent même s’identifier à la culture africaine et noire plus que les Noirs américains. Ce n’est pas étonnant. Fat Joe n’est pas fou, il sait de quoi il parle. »

Source : TheSource

Traduit par la Team Elimu

La rue «Marcus Garvey» vient d’être inaugurée en Namibie

La Namibie a renommé l’une de ses rues après le premier héros national de la Jamaïque, l’Honorable Marcus Garvey.

L’événement a eu lieu lors de la visite du Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, qui était en Namibie pour discuter des relations bilatérales entre les deux pays.

« Nommer une rue de cette ville, Windhoek, en l’honneur de Marcus Garvey, représente une démonstration de la valeur de la contribution de celui qui a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre les appellations négatives imposées aux Noirs en Afrique et dans la diaspora », Holness déclare.

Marcus Garvey est connu comme étant le pionnier du panafricanisme. C’est à lui que l’on doit le drapeau panafricain, la déclaration des droits des peuples nègres du monde (1920) et l’indépendance de nombreux pays d’Afrique.

La Namibie avait voté en janvier 2018 pour renommer Babs Street après Garvey.

« Le changement de nom d’une rue de Windhoek en l’honneur de feu Garvey devrait donner un formidable élan aux relations entre la Namibie et la Jamaïque et servir de rappel permanent aux citoyens des deux pays d’où sont venus nos ancêtres et où la prochaine génération doit aller de manière à fusionner les deux nations alors qu’elles se disputent la place qui leur revient dans le nouvel ordre mondial », lit-on dans une déclaration du gouvernement.

La rue a été choisie parce qu’elle abrite le bureau du consulat de la Jamaïque et se connecte à la rue qui porte le nom de la première femme Premier ministre de la Jamaïque, Portia Simpson Miller.

Holness a salué cette décision, affirmant que c’était une façon de rétablir les liens des Noirs à travers le monde.

« C’est un symbole de notre unification géo-culturelle et spirituelle. De plus, il est important que ceux d’entre nous, peuples africains dispersés dans des pays tels que les Caraïbes et les Amériques, aient l’occasion de s’associer à un geste qui rétablit les liens originels de la famille et des destins partagés. C’est vraiment un bon sentiment qui augure bien pour la collaboration en cours et future. »

Les deux pays ont également convenu d’un programme de dispense de visa et se sont engagés à améliorer le commerce, les investissements, le sport et la culture.

 

Source : Face2FaceAfrica.com

La méditation plutôt que la punition pour enfants turbulents

Dans une école du West Baltimore aux États-Unis, une nouvelle pédagogie est adoptée pour calmer les enfants.

 

Dans une salle d’oreillers et de lavande, une élève du primaire se promène enragée. Un autre élève se moquait d’elle, puis une altercation : ils se poussent et se donnent des noms d’oiseaux. Mais plutôt que d’être puni ou envoyé chez le directeur, son professeur l’a envoyé ici, dans la salle de méditation de la Robert W. Coleman Elementary School.

Lunii, Fabrique à Histoires

« J’ai respiré profondément, pris une petite collation et je me suis rapproché de moi-même », se souvient le garçon. « Puis je me suis excusé pour ma classe. »
Il est l’un des nombreux enfants qui méditent dans ce que cette école élémentaire de West Baltimore appelle sa « Mindful Moment Room » (Salle des moments de concentration) , un espace chaleureux et très éclairé parsemé de coussins de sol pourpres, de tapis de yoga et de senteurs d’huiles essentielles.

Les enfants ici s’étirent, font du yoga et pratiquent la respiration profonde. Plus important encore, disent les employés, ils acquièrent la capacité d’être attentif et calme. Et face à tant d’adversité, certains de ces enfants arrivent à passer outre :
« Quand je suis en colère contre quelque chose ou quelqu’un, je respire profondément, je continue à faire mon travail et à mettre tout le monde à l’écart », a déclaré Dacari Crawford, 9 ans. « Cela vous donne une bonne confiance en soi lorsque vous devez faire quelque chose d’important. »

 

I. Stressé et en difficulté

Selon le recensement américain, près du quart des habitants de Baltimore vivent sous le seuil de pauvreté. Et à Coleman – à seulement quelques pâtés de maisons des gens qui sont descendus dans la rue après le décès de Freddie Grey l’année dernière – plus de 80% des étudiants sont bénéficiaires des déjeuners gratuits ou à tarif réduit.

« Certains de nos enfants sont sans abri. Certains d’entre eux viennent à l’école après avoir été privés de lumière ou de nourriture. Ils voient des crimes se dérouler dans leur quartier », a déclaré la directrice, Carlillian Thompson. « Nous essayons donc très fort ici de faire de ce lieu un lieu où les enfants se sentent en sécurité et où leurs besoins sont satisfaits. »

Les membres du personnel de la Holistic Life Foundation, l’organisation à but non lucratif derrière la Mindful Moment Room de Coleman, affirment qu’ils travaillent occasionnellement avec des étudiants dont les parents sont incarcérés. Parfois, les étudiants vivent entre des maisons en rangée encombrées – il en existe beaucoup à Baltimore.
« Un enfant est venu me regarder droit dans les yeux, sans émotions et a dit: « Mon grand-père s’est fait tirer dessus hier » », a déclaré le cofondateur de la fondation, Andres Gonzalez. « Vous pouvez donc imaginer ce que ces enfants affrontent quotidiennement »

II. Un oasis de calme

Les élèves qui perturbent les cours sont envoyés dans la salle Mindful Moment par leurs professeurs. Les membres du personnel de la fondation les encouragent à parler de ce qui les a conduits à leur renvoi de la classe, puis s’assoient pour des exercices de respiration. Ils ont pour instruction de fermer les yeux, d’inspirer et d’expirer profondément.

Un garçon de cinquième année vient d’être envoyé pour tapage pendant son cours de mathématiques. Michelle Lee, membre du personnel de la Fondation, lui demande de fermer les yeux et de prendre plusieurs respirations lentes et profondes.

« Vous sentez-vous plus calme? » demande Lee après quelques minutes. « Oui », répond le garçon en hochant la tête.
Il retourne ensuite en classe. Le lendemain, il revient pour d’autres exercices de respiration.
« Nous avons quelques voyageurs fréquents ici » a déclaré Lee.

III. Moins de renvois, aucune suspension

 

Bien qu’une salle de méditation ne soit pas un remède miracle au conflit des étudiants, ceux de l’école disent qu’elle a fait des merveilles pour leur environnement d’apprentissage et leur productivité.

« Lorsque les enfants arrivent ici, ils sont tous tapageurs et gaffeurs », a déclaré Dacari, un élève de troisième année qui utilise la salle Mindful Moment Room depuis sa création à l’école il y a trois ans. « Quand ils quittent la pièce, ils sont calmes et tranquilles et prêts à faire leur travail. »

Avant la salle Mindful Moment, les étudiants en difficulté étaient envoyés en détention ou au bureau du directeur. Mais depuis qu’elle a rendu la salle de méditation disponible, elle a rarement vu des enfants pour des problèmes de discipline.
« Cela a eu un impact énorme », dit-elle. Et pour ce que ça vaut, Thompson dit qu’elle n’a eu aucune suspension depuis la création de la salle. L’année précédente, il y avait quatre suspensions.

 

IV. Eloignement et prise de conscience

L’accent mis par l’école sur la pleine conscience va au-delà d’une salle de méditation. Tous les enfants de Coleman commencent et finissent leur journée d’école avec une méditation guidée de 15 minutes sur l’interphone. Ils ont également la possibilité de pratiquer le yoga pendant et après les cours.

Prenant note du succès de Coleman, la Patterson High School, à East Baltimore, a créé sa propre salle Mindful Moment, où les étudiants peuvent faire du yoga ou simplement décompresser après une journée d’école.
Gonzalez dit que lui et les autres co-fondateurs veulent aller plus loin dans leur programme. Ils prévoient d’ouvrir des salles Mindful Moment dans d’autres écoles au cours des prochaines années. Et ils aimeraient éventuellement adopter leur programme à l’échelle nationale.

 

 

V. Est-ce que cela aide vraiment ?

 

Les chercheurs ont documenté les effets bénéfiques de la méditation sur le cerveau des adultes, explique Tamar Mendelson, professeure agrégée à la faculté de santé publique Johns Hopkins Bloomberg, spécialisée en santé mentale.

Une étude publiée dans JAMA Internal Medicine en 2014 suggère que la méditation en pleine conscience peut aider à atténuer les facteurs de stress psychologiques tels que l’anxiété, la dépression et la douleur.
La recherche sur les enfants, cependant, en est encore à ses débuts, a déclaré Mendelson. « Nous ne sommes pas encore au point où nous pouvons dire que nous savons que cela fonctionne systématiquement », a-t-elle déclaré.
Cependant, depuis qu’elle a travaillé avec la fondation et étudié dans les salles Mindful Moment à Baltimore, elle a constaté l’impact de la méditation sur les enfants.

« Ces enfants qui font souvent face à des situations de stress élevé entrent à l’école en état d’alerte. Le système d’alarme de leur corps est activé, de sorte qu’ils peuvent être prêts à se battre ou à fuir et ne pas être en mesure de s’asseoir calmement et d’avoir de l’attention », a expliqué Mendelson.

Mais donner à ces enfants la chance de respirer profondément, de concentrer leur attention sur eux-mêmes plutôt que sur ce qui se passe à l’extérieur, peut être un moyen efficace de lutter contre le stress, d’améliorer l’attention et d’introduire le calme. Elle ajoute :  « Lorsque nous sommes assis avec douleur ou inconfort plutôt que d’agir, nous apprenons que les sentiments et les sensations vont et viennent. Nous n’avons pas nécessairement besoin d’agir sur eux tous. Nous avons une chance de faire une pause et de faire un choix réfléchi sur la façon de répondre.»

 

Sources :

www.enlightened-consciousness.com/

www.cnn.com

L’architecture de nos Ancêtres : l’exemple des royaumes des Grands Lacs

Pour toujours mieux illustrer le génie africain et permettre ainsi à notre jeunesse d’avoir une nouvelle image de leurs origines, nous vous proposons une série d’articles qui s’intéressent à la façon dont nos glorieux Ancêtres construisaient les maisons. Soyez éblouis, émerveillez-vous des styles architecturaux, des couleurs, on se croirait au Wakanda, non ?? Après l’architecture dite « soudanaise », et celle des Mosgoum, découvrez celle de la région des Grands Lacs!

I. Des royaumes, une entité culturelle

Ce qu’on appelle aujourd’hui Afrique des Grands Lacs comprend les pays actuels suivants : le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, une partie de l’est de la République Démocratique du Congo et la partie ouest de la Tanzanie. Avant la colonisation, la région était constituée de plusieurs royaumes centralisés mais ayant tous entre eux de forts liens culturels et historiques. Si bien que certains s’accordent pour dire qu’il s’agissait d’un seul et même État, l’antique empire du Kitara qui s’est, au fur et à mesure du temps disloqué en plusieurs petites entités. On peut citer les royaumes du Bunyoro et du Buganda aujourd’hui en Ouganda, du Karagwe, du Buha en Tanzanie actuelle, et les royaumes du Rwanda et du Burundi qui ont gardé leurs noms même si leurs frontières ont été modifiées. D’autres royaumes ont vu le jour et ont disparu au fil des siècles qu’ont duré l’histoire de cette région clé en Afrique.

II. Une architecture circulaire

Mises à part les similitudes linguistiques, artistiques, sociologiques …etc qui existent entre ces royaumes, nous soulignerons ici la grande ressemblance de leur architecture.

Le palais royal du roi Yuhi V Musinga du Rwanda
Le même type d’architecture chez les rois du Buganda dans l’actuel Ouganda

Les maisons sont construites avec des bases circulaires et avec un toit assez pointu ou en arrondi, ce qui leur donne une forme de pyramides. Les fondations sont faîtes de terre recouvert de nombreuses couches de feuillages. L’intérieur et les entrées sont ornés de feuilles de bananiers soutenues par des pilliers.

Entrée du tombeau du roi Wamala en Ouganda

             

 

Comme beaucoup de peuples d’Afrique, les peuples de la région des Grands Lacs recherchent dans tous les aspects de leur vie un lien avec le Cosmos, et pour cela répètent les formes qu’il observent sur terre ou dans les cieux. Il y a la répétition de formes et de signes dans un ordre bien précis et notamment les cercles, qui sont le symbole de la vie éternelle et du temps infini dans leur philosophie. Les maisons sont construites sur le modèle des fractales.

L’art Imigongo est un art décoratif traditionnel du Rwanda, constitué de panneaux peints de motifs géométriques colorés ou en noir et blanc. Les motifs peuvent être abstraits ou des symboles ésotériques de la métaphysique rwandaise. Originaire du Sud-Est du pays, c’est traditionnellement les femmes qui ont la maîtrise de cet art.

III. Une architecture source d’inspiration

Comment ne pas être éblouis par tant d’harmonie dans le design et les décorations. De quoi nous inspirer! C’est d’ailleurs déjà le cas, au Rwanda certains hôtels proposent des suites inspirées de l’architecture traditionnelle.

Bisate Lodge, Wilderness Safari, Rwanda

 

Le concept Ubuntu comme socle éducatif

Qu’est-ce qu’un être humain? Qu’est-ce qu’être humain? Voici les deux questions qui façonnent depuis la nuit des temps les civilisations du monde. Des réponses à ces questions découlent le rapport que l’on entretient avec la société et le monde. L’éducation est à la base de tout ça. Après avoir lu cet article, la conviction que la philosophie africaine Ubuntu est un socle civilisationnel incomparable ne vous quittera plus!

Ubuntu, la philosophie humaniste

Ubuntu dans la plupart des langues d’Afrique subsaharienne traduit l’essence  même de l’existence en tant qu’humain. C’est la faculté d’être et ainsi, en tant que umuntu (le singulier de abantu = les humains), d’être humain. Généralement, on le traduit par : « Je suis parce que les autres existent. » C’est donc la capacité de reconnaître en l’autre la même nature que la sienne propre. « Tu es un être humain comme moi. Ensemble, nous formons l’humanité. »

Découvrez comment Nelson Mandela l’a utilisée pour son combat de libération dans son livre: Un long chemin vers la liberté

Le refus de l’humanité, la base du système d’oppression

Or, justement c’est exactement cela, le refus de reconnaître en l’autre la même humanité que la sienne qui est à l’origine de toutes les formes de discriminations et d’inégalités. Lorsque l’on discrimine quelqu’un, c’est qu’on lui a nié des droits fondamentaux comme ceux définis par la plus ancienne déclaration universelle du droit à l’humanité qui est africaine. Il a fallu que les Occidentaux nient l’humanité des peuples sombres du monde pour les réduire en esclavage et/ou les exterminer. D’ailleurs il y a eut des débats sur la question de l’humanité des Amérindiens ( à Valladolid en 1550/1551 par exemple) et des Noirs d’Afrique pendant la période des razzias et traites négrières, par ceux-là même qui prétendaient représenter les « Lumières » et le progrès.

 

 

Exemple plus proche du quotidien : le cas des handicapés. Il est généralement convenu qu’un humain a deux jambes, deux bras, deux oreilles, deux yeux, un nez de deux narines, une bouche de deux lèvres …etc Si quelqu’un venait à ne pas correspondre à ces critères, on le considérerait comme « handicapé » ou « anormal ». De même pour les capacités intellectuelles. Ainsi, certaines sociétés et certaines personnes peuvent ne pas les considérer comme pleinement humains et donc se permettre de leur priver de leur droits élémentaires (santé, éducation, intégrité physique et morales …etc).

 

La communauté, facteur d’Ubuntu

En déclarant, « je suis parce nous sommes », la philosophie d’Ubuntu reconnaît non seulement la diversité mais surtout la complémentarité de l’humanité. C’est une base solide pour construire une société d’équité, de solidarité, de fraternité et de promotion de l’excellence collective.

En Afrique, on a l’habitude de dire qu’il faut tout un village pour éduquer un enfant. L’individu n’appartient pas seulement à ses parents, mais à la communauté. Ce qui permet de désindividualiser son identité. L’enfant existe littéralement parce qu’il appartient à un groupe plus large. Les décisions se font en collectif, les responsabilités sont collectives et la destiné commune. Cela permet à l’individualité de s’épanouir dans la collectivité, et la collectivité d’investir dans les individualités. C’est un cercle vertueux.

La vie communautaire est l’expression sociale du concept Ubuntu

Si nous éduquons nos enfants dans ce paradigme, comme l’ont été des générations des nos Aïeuls, nous pourrions retrouver notre essence d’humain, et quitter le paradigme qui nie notre humanité.

 

Team ELIMU

L’assimilation, le racisme à la française

“ Quel est le pays le plus raciste du monde?” C’est une question que tout Afrodescendant s’est déjà posé, seul ou en groupe. La réponse qui est souvent avancée est celle des Etats-Unis d’Amérique, avec tout son passé (et son présent aussi d’ailleurs) de negrophobie frontale : violences policières, segrégations, incarcération de masse, ghettoisation etc. Il est vrai que les Etats-Unis sont un très bon candidat pour la place de plus grand raciste du monde. Cependant, bien que la violence du système américain soit plus flagrante, il existe un autre système tout aussi raciste qui conditionne les Afrodescendants, l’assimilation.  

Des colons blancs
Le doux temps de la colonie

 

I. Des racines coloniales

 

Ces differences sont issues de deux systèmes d’administration coloniale développés par l’empire colonial britannique et l’empire colonial français.

Le premier développa un système qu’il nomma ”Indirect rule”, qui eut pour principe d’administrer les territoires indirectement par le biais des chefs traditionnels qui sont maintenus à leur rôle de dirigeants et de premiers administrateurs des “indigènes”. Ici, les Britanniques se “contentent” de piller économiquement le pays, sans chercher à lui imposer sa vision du monde (religion, langues). Quand ils établissent une colonie de peuplement, ils vivent à l’écart des autochtones. C’est une colonisation avant tout économique. Ce système fut repris dans les ex-colonies britanniques (ex : Etats-Unis), mais aussi par les autres puissances coloniales anglo-saxonnes ou nordique (Danemark, Pays-Bas, Allemagne …etc). Dans ce système, il n’est pas question d’égalité, ou de devenir anglais, cela pourrait se résumer en une phrase :  » tu es un nègre, je ne veux pas te changer, mais je veux prendre ce que tu possèdes. « 

Dans le deuxième cas, les Français ont développé un système de colonisation direct qu’ils ont appelé “assimilation”. Dans ce cas, l’administration dirige tout et impose aux autochtones un modèle français qu’ils doivent adopter. Le but étant de faire d’eux des Français. Les peuples asservis sont convertis (quand c’est possible) au catholicisme, la langue française est imposée, le modèle républicain à la française est la norme. Certains autres pays d’influence latine ont opéré de la même manière comme le Portugal ou l’Espagne. Dans ce système, on nous fait rêver la liberté, l’égalité, et la fraternité, à condition de devenir Français :  » tu es un nègre, mais si tu me donnes tout ce que tu as, et que tu changes, tu pourrais essayer de devenir comme moi « 

 

II. L’application contemporaine de l’assimilation

 

Aujourd’hui encore, ces manières d’appréhender les questions de la présence d’Afrodescendants et autres ex-colonisés sur les territoires nationaux divergent : Alors qu’en Angleterre, il n’est pas choquant de voir des banquiers d’origine indienne  avec leurs turbans sur la tête, ce serait une vision d’horreur en France! Le déconvenue de l’eurodéputé anglais Majid Majid à strasbourg en a été un exemple saisissant!

Dans le système anglo-saxon, pour être un bon immigré, il suffit de payer ses impôts! C’est ainsi que dans ces pays, les non-Blancs s’organisent en communautés séparées, investissent des quartiers ou des villes, mais aussi sont intégrés dans les statistiques nationales. Comprenez nous: il ne s’agit pas de défendre ce modèle, mais de le comprendre.

En France, pour être un bon immigré, il faut faire comme les Français, et donc abandonner sa culture d’origine! C’est ce qui explique les propos de Monsieur Zemmour à l’encontre de Madame Sy que beaucoup ont considéré comme étant « racistes ». Sans parler des affaire ridicules de Burkini et de foulards sportifs à Décathlon tellement spécifiques à la France …  Il a été évidemment beaucoup plus facile pour les immigrés européens de faire d’eux des Français : ils sont Blancs et catholiques (Belges, Portugais, Espagnol, Italiens, Polonais …etc). Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas de racisme simplement mais d’un système réfléchi d’assimilation! De la même manière, les statistiques ethniques sont interdites, donc il est théoriquement impossible de savoir le rapport entre présence de non-Blancs en France et leur taux de chômage, de mal-logement …etc.

 

III. Le problème des Afrodescendants de France

 

Au nom « qu’il n’existe que des citoyens aux yeux de la République », la France ferme les yeux devant les différences et inégalités qui existent entre les communautés qui la compose aujourd’hui. Elle nie complètement l’expérience des « Noirs », des « Beurs », des « Jaunes et des « Marrons » puisque pour elle ce ne sont que des Français, comme d’autres certains diraient. Le pire c’est que ces non-Blancs ont fini par y croire!!! Surtout les Afrodescendants … Alors qu’ailleurs il est normal et sain de s’organiser en communauté, les Afro-français ou Afropéens (comme ils se font appeler maintenant) refuse de voir l’évidence : ils ne seront jamais Français! Comme en 1789 quand ils déclaraient à Paris les « Droits de l’Homme et du Citoyen » tout en continuant à fouetter ces mêmes Afro-français dans les plantations de Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue, Guyane, Réunion ..etc aujourd’hui encore la France ne compte sur eux uniquement que lorsque cela les arrange (sports, ramassage des poubelles et autres travaux qu’ils ne peuvent ou ne veulent faire eux-mêmes).

Découvrez le livre de Pap Ndiaye sur la Condition Noire pour mieux comprendre les enjeux

Les Américains l’ont compris de force : nous ne serons jamais comme eux, l’assimilation est un leurre! Il est vain de tenter quelconque intégration prétendument égalitaire. Cela leur a permis de construire leurs propres écoles, leurs propres industries, leurs leurs propres centres financiers, leurs propres communautés. Peut-être que les Afro-français pourraient sortir de leurs rêves et essayer de prendre exemple sur eux…